RAMADAN (Tariq) & GRESH (Alain), L’Islam en questions, Paris, Actes Sud, 2000, 231 p. (Bibliothèque arabe)

Ce livre tient à la fois du portrait, du récit et du débat. Portrait que les deux auteurs tracent d’eux-mêmes, en confrontant leurs idées et leur conception parfois antagoniste de l’histoire. Récit qui mêle intimement leur itinéraire aux bouleversements que connaissent l’Égypte et plus largement le Proche-Orient. Débat d’idées sur le monde tel qu’il est, mais aussi sur un autre monde possible dont chacun porte en lui la vision.
Comment s’explique la situation actuelle au Proche-Orient ? Qu’est-ce que l’islamisme ? Comment définir l’ordre international en ce début de IIIe millénaire ? D’où vient le sous-développement des pays musulmans ? Qu’en est-il de l’individu et des droits de l’homme en terres d’islam ? Peut-on parler d’un islam européen ?
Alain Gresh et Tariq Ramadan répondent aux questions que leur pose Françoise Germain-Robin et débattent, avec sérénité, de tout ce qui les sépare.

 

KHADER (Bichara), L’Europe et la Palestine, des Croisades à nos jours, Paris, L’Harmattan, 2000, 574 p.

Le rayonnement du Proche-Orient tout comme l’attraction qu’il continue à exercer en France et sur nombre d’Etats occidentaux de premier plan tient à son rôle de berceau, puis de carrefour des civilisations de l’humanité. C’est à partir du septième siècle et, surtout, de la première Croisade, que, devant la montée de l’Islam face à une chrétienté affaiblie, le Levant devient un théâtre d’affrontements qui ne cesseront plus jusqu’à nos jours. Charlemagne est le premier souverain à subir ouvertement la tentation de l’Orient. Tout au long des siècles suivants, la France va tenter, avec plus ou moins de succès, de maintenir des relations diplomatiques et commerciales avec les maîtres de l’Islam puis les conquérants ottomans, et plus particulièrement sur la terre du Liban.

C’est cette histoire étonnante et méconnue que nous raconte aujourd’hui Pierre Dufour. Les grandes heures abondent : les Croisades, depuis l’expédition de Godefroi de Bouillon qui aboutit à la prise de Jérusalem en 1099 jusqu’à la chute de Saint-Jean-d’Acre en 1291, les tractations de François Ier qui recherche en Méditerranée une alliance pour sortir son royaume de l’étau où l’enserre l’empire des Habsbourg, puis les conquêtes de Bonaparte, les interventions de Napoléon III, le mandat octroyé à la France en 1920 par le traité de Sèvres. Autant d’épisodes d’une histoire agitée où se mêlent guerres de religion, intérêts diplomatiques et commerciaux. Tout récemment, tentant de préserver ses acquis culturels au sein de cette région dévastée, la France s’est largement investie dans la tragédie libanaise à travers une impossible médiation au service de la paix, sur une terre qui reste aujourd’hui celle de tous les dangers.

Dans cette remarquable synthèse où résonnent les plus grands noms de l’Histoire de France et d’Europe, Pierre Dufour met en lumière les innombrables rivalités auxquelles la terre du Liban a constamment servi d’enjeu la chrétienté et l’Islam, la France et l’Espagne, la France et la Grande-Bretagne, le monde arabe et Israël.