10/01/2008

La paix d’en haut et la paix d’en bas

Cette semaine a été marquée par le début de la tournée de G.W. Bush au Moyen-Orient, et en particulier par sa visite à Jérusalem et dans les Territoires Palestiniens. Le Président américain a rappelé qu’il croyait au processus d’Annapolis et qu’il espérait encore parvenir à une paix israélo-palestinienne avant la fin de l’année. Et pourtant rien n’a l’air moins sûr.

En effet, les engouements de décembre suite à la conférence des donateurs pour l’Etat palestinien ont laissé place à un certain scepticisme face à la lenteur avec laquelle se mettent en place les négociations bilatérales, les plus importantes, sur les points sensibles (Jérusalem, réfugiés, colonies, frontières).

Face à cette tournure des choses, beaucoup commencent à perdre une nouvelle fois l’espoir. Et pourtant, à regarder à la loupe la situation là-bas, les choses avancent, des pas sont faits d’une communauté vers l’autre, même s’ils sont petits et limités.

Ainsi cette semaine, l’Alliance des Démocrates et des Libéraux pour l’Europe (ADLE) présentait lors d’une conférence mercredi au Parlement européen une de ces initiatives de micro-paix qu’elle soutient : le projet « Un cœur pour la paix ». Ce projet a été mis en place dans le service de cardiologie pédiatrique l’hôpital Hadassah, géré par le Dr Azaria Rein. Il consiste en la prise en charge complète d’enfants palestiniens atteints de malformations cardiaques génitales.

Outre l’objectif de soigner ces enfants, « Un cœur pour la paix » permet également d’œuvrer pour la paix en rassemblant des petits patients palestiniens et israéliens, ainsi que leur parents dans le même service. Unis par une même situation difficile, ces gens apprennent à se connaître et deviennent à leur tour des messagers de la paix. De plus, le projet profite à des médecins palestiniens qui viennent se spécialiser dans ce service, comme le fait pour l’instant le Dr Salim Ibrahim.

Ce projet redonne l’espoir qui souvent est déçu lorsqu’on ne regarde que les tentatives de paix intentées à Oslo, à Camp David, ou encore au sein de l’actuel processus d’Annapolis. Lors de la conférence, la députée européenne Frédérique Ries a bien qualifié la réalité en disant que si la « paix d’en haut » ne fonctionnait pas, il ne fallait pas cesser de croire en cette « paix d’en bas », celle que des citoyens Israéliens et Palestiniens construisent à leur niveau.

N.J.O.