02/01/2008

Les paradoxes d’Annapolis

Edito 21/12/2007

Les donateurs pour l’Etat palestinien se sont réunis lundi passé à Paris. Le résultat est inespéré : 7,4 milliards de dollars seront débloqués pour la construction du futur Etat palestinien au cours des trois années à venir. L’effort d’Annapolis continue donc et la communauté internationale semble y croire davantage que ce qu’en laissaient premièrement entendre les médias.

Et pourtant on pourrait rétorquer aux optimistes d’ouvrir les yeux sur la situation en Israël et dans les Territoires palestiniens. Celle-ci semble en effet évoluer à l’inverse du processus de paix et cela sous l’influence des éléments extrémistes des deux camps.

D’un côté, le gouvernement d’Ehoud Olmert ne parvient pas, ou ne veut pas, endiguer la construction de nouveaux logements israéliens dans Jérusalem Est. Or une des premières mesures prévues par Annapolis est le gel total des colonies comme ne le cessent de le rappeler les autorités palestiniennes.

De l’autre côté, les violences à la frontière entre Israël et la bande de Gaza se poursuivent. Israël reproche à Mahmoud Abbas le manque d’efforts du point de vue sécuritaire, mais ce dernier ne semble plus avoir d’emprise sur la situation. Quant aux attitudes vis-à-vis du Hamas, elles sont équivoques des deux côtés. Le Président de l’Autorité palestinienne pense amadouer le parti islamiste grâce aux aides promises lundi à Paris, tandis qu’Israël a déclaré cette semaine ne pas exclure un dialogue direct avec le Hamas. Mais quel dialogue est-il possible avec un mouvement qui lors de son 20e anniversaire – fêté samedi 15 décembre à Gaza – a encore réaffirmé son refus catégorique de reconnaître l’Etat hébreu ?

Deux prochaines échéances sont prévues dans le cadre d’Annapolis : la tournée moyen-orientale de G.W. Bush du 8 au 15 janvier durant laquelle il visitera Israël et les territoires palestiniens, ainsi qu’une réunion de la Présidence et co-Présidence des donateurs pour l’Etat palestinien le 22 janvier. Espérons qu’à ces occasions le diagnostic soit meilleur car la schizophrénie dont souffre aujourd’hui le processus de paix ne laisse rien présager de bon.

Nathalie Janne d’Othée