03/01/2008

UE – Turquie: les conséquences d’un processus bloqué

Edito 28/12/2007

La recrudescence terroriste kurde, ainsi que les actuelles frappes aériennes turques dans le Kurdistan irakien pourraient-elle être vues comme un symptôme de l’état des négociations entre la Turquie et l’Union Européenne ? La carotte de l’adhésion ne semble en tous cas plus fonctionner pour entraîner de nouvelles réformes, notamment en ce qui concerne les Kurdes.

Le processus d’entrée de la Turquie dans l’Union Européenne est au point mort. Cette dernière semble peu à même d’envisager un nouvel élargissement dans un avenir proche. D’une part, bien que l’UE ait partiellement réglé son problème institutionnel et identitaire grâce au nouveau Traité de Lisbonne, le chemin est encore long avant de pouvoir parler d’une Europe réellement intégrée. D’autre part, la France de Nicolas Sarkozy ne laisse d’ici cinq ans aucun espoir à Ankara, lui laissant tout au plus la perspective d’une Union Méditerranéenne dans laquelle la Turquie aurait un grand rôle à jouer.

Ces atermoiements sont autant d’offenses vis-à-vis des Turcs qui retirent de plus en plus leur soutien au projet européen. Les chiffres le démontrent : si les partisans de l’adhésion de la Turquie à l’UE représentaient plus de 70% de la population en 2005, ils ne sont aujourd’hui plus que 50%, voire moins.

L’adhésion n’a plus de succès auprès des Turcs. Rien ne pousse donc plus le gouvernement turc à mettre en place des réformes. Sans grands espoirs dans un tel contexte, les Kurdes se tourneront davantage vers des solutions radicales. L’Europe se doit donc d’être plus claire envers son voisin, la question ne peut plus être mise de côté.

N.J.O.