15/02/2008

Le Liban à deux doigt du chaos

Suite à l’assassinat à Damas d’un des hommes forts de la branche armée du Hezbollah, Imad Moughnieh, Hassan Nasrallah a publiquement déclaré une « guerre ouverte » à Israël qu’il accuse d’avoir perpétrer l’attentat. Les partisans du Hezbollah se sont rassemblés à Beyrouth pour exprimer leur colère. Néanmoins malgré cette montée des tensions entre Israël et le Hezbollah, il est aujourd’hui davantage question de l’équilibre interne du Liban.

En effet, trois ans après l’assassinat de Rafik Hariri, les partisans de la majorité sont toujours aussi nombreux à descendre dans la rue pour réclamer la vérité sur la mort de l’ex-Premier Ministre et pour dénoncer la main mise syrienne sur le Liban. Ils veulent une poursuite et un aboutissement de la Révolution du Cèdre.

Jeudi 14 février, deux manifestations de masse se juxtaposaient donc dans Beyrouth : les partisans de la majorité s’étaient rassemblés sur la place des Martyrs, tandis que leHezbollah avait organisé une marche dans le sud de la ville. D’importants dispositifs militaires avaient été mis en place pour éviter un dérapage de la situation.

Depuis l’assassinat de Rafik Hariri et davantage encore depuis le conflit de juillet-août 2006 contre Israël l’équilibre politique est rompu au Liban. La situation s’enlise, les parties ne s’accordent plus. Ainsi majorité et opposition négocient depuis trois mois sans succès pour parvenir à la nomination d’un Président. Bien que Michel Sleimane soit reconnu comme le candidat du consensus, l’opposition est encore réticente malgré de nombreuses tentatives de médiation de la part de la Ligue arabe. Selon certains, cette paralysie politique est condamnée à durer, peut-être même jusqu’au prochain rendez-vous avec les urnes pour les législatives du printemps 2009.

Un tel scénario de statut quo semble toutefois préférable à celui du pire, à savoir une nouvelle guerre civile au Liban. Walid Joumblatt, un des leaders les plus radicaux du Mouvement du 14 mars s’est dit prêt à une guerre. Espérons que tous les responsables politiques ne réagissent pas comme lui et s’emploient davantage à calmer les volontés belliqueuses qu’à les encourager.

N.J.O.