28/03/2008

Un sommet arabe peu prometteur

Avant même de commencer, le sommet arabe qui se tient ce weekend à Damas montre déjà ses limites. Le signe le plus clair étant qu’il est destiné à régler le problème du Liban alors même que le pays du Cèdre a pris la décision de boycotter la rencontre.

Par ce geste, le gouvernement de Fouad Siniora entend protester contre le gouvernement syrien qui selon eux empêche une solution de la crise politique libanaise. Le Liban n’a en effet plus de président depuis novembre dernier. Un candidat du consensus a pourtant été trouvé en la personne du chef de l’armée, Michel Sleimane. La Ligue arabe avait proposé son élection immédiate pour régler la crise mais le camp pro-syrien retarde sans cesse l’échéance.

Solidaires du Liban et poussées par les Etats-Unis, l’Arabie Saoudite, la Jordanie et l’Egypte ont annoncé qu’elles ne seraient représentées qu’à un niveau inférieur. Ce qui est également le cas de l’Irak même si ses raisons sont d’ordre interne.

Le Secrétaire Général de la Ligue, Amr Moussa, a déploré cet absentéisme alors que des crises importantes doivent être réglées sur la scène moyen-orientale : outre la crise libanaise, la crise au Darfour, le processus de paix ou encore la situation palestinienne sont en effet au programme des discussions de Damas.

Durant le sommet, le Président yéménite, Ali Abdallah Saleh tentera quant à lui d’obtenir le soutien de la Ligue à propos de l’initiative de Sanaa destinée à rapprocher le Fatah et leHamas. Une semaine après la Déclaration de Sanaa, l’accord semble déjà fragilisé par des lectures différentes qu’en font les deux camps. De plus, le Président de l’AP, Mahmoud Abbas semble donner priorité au dialogue avec Israël, difficile compatible avec une réconciliation palestinienne.

Enfin, certains pays ont l’intention d’imposer une limite à la durée de validité de l’Initiative de paix arabe. Initiée à Beyrouth en 2002, elle avait été relancée en mars 2007 lors du sommet arabe de Ryad. Un an plus tard, Israël ne semble toujours pas vouloir y répondre. Certains déclarent vouloir limiter l’offre dans le temps, voire la retirer afin de pousser Israël à réagir. Mais tous ne sont pas partisans de la démarche. L’Autorité palestinienne a en effet déclaré que cela affaiblirait les positions arabes par rapport à Israël.

Le sommet arabe des 29 et 30 mars 2008 ne s’annonce donc pas sous les meilleurs auspices. La Syrie l’avait annoncé comme « le sommet de la solidarité arabe », il semble davantage être celui de la rupture. Il est difficile de croire que les décisions qui en sortiront auront un quelconque poids sur la situation régionale actuelle.

N.J.O.