L’idée de cet édito est née d’une constatation faite ces dernières semaines : les choses bougent sur la scène euro-méditerranéenne. Force est donc de constater que l’Union pour la Méditerranée de M. Sarkozy, bien qu’encore à l’état de projet, a réveillé un enthousiasme endormi depuis quelques années.

Colloques, rencontres, dialogues en tous genres se succèdent à un rythme de plus en plus effréné, comme si tous voulaient faire entendre leurs idées avant la fondation de la nouvelle « Union » le 13 juillet prochain à Paris. Faisons le tour de quelques initiatives du genre.

Ayant pour l’instant lieu à Tanger du 24 au 26 avril, les Rencontres Euromed organisées conjointement par le Centre Nord-Sud du Conseil de l’Europe et l’Association Espace Alternatifse focalisent sur les migrations et le dialogue interculturel.

Avec le même focus, du 23 au 25 avril, la Fondation Boghossian organise à Bruxelles des rencontres sur le thème « Temps long / Temps court, L’Orient et l’Occident parlent d’un monde moderne ». Alliant conférences-débats, projections et concerts, la Fondation invite le public à un dialogue avec l’Orient au sens large, de la Méditerranée au Japon.

La Fondation Anna Lindh organise quant à elle, le 22 mai prochain, une Nuit du Dialogue Euro-méditerranéen durant laquelle « des groupes et individus dans les trente-sept pays vont s’unir tous ensemble dans un événement unique et commun pour la promotion du dialogue et de la coexistence entre les peuples ». Cela aura lieu une semaine avant la réunion des Ministres Euro-méditerranéens de la Culture, à Athènes où les résultats de l’événement seront présentés.

Enfin, du 26 au 29 juin se tiendra à Monaco le Forum Crans Montana sur le thème du « Nouveau rôle de la Méditerranée ». Des acteurs clés y aborderont des thèmes aussi divers que le dialogue des civilisations, la place de la femme dans la vie publique, la sécurité et le transport maritime ou encore les fonds souverains. S’y déroulera également la 4e réunion des Parlementaires Nationaux et Européens.

Cette succession de rencontres, locales ou internationales, dénote donc bien un « nouveau printemps de l’Euromed ». Néanmoins, les événements sont si nombreux que dès le départ l’impression est celle d’une dispersion de l’énergie. Certes il est bénéfique que les idées viennent de toutes part, mais seront-elles prises en compte, auront-elles une réelle influence ? Espérons donc que cette relance sur la scène euro-méditerranéenne ira de paire avec une rationalisation de l’action.

N.J.O.

 

 

The idea of this editorial is born of an observation made these recent weeks: things are moving on the Euro-Mediterranean scene. It is therefore clear that the Union for the Mediterranean M. Sarkozy, although still in draft form, has awakened an enthusiasm  that wasd sleeping in recent years.

Conferences, meetings, dialogues of all kinds succeed at a quick pace, as if everyone wanted to express his ideas before the founding of the new « Union » on July 13 in Paris. Let’s have a look at some of these initiatives.

Now happening in Tangier, from 24 to 26 April, the Euromed meetings are organized jointly by the North-South Centre of the Council of Europe and the Association Espace Alternatif with a focus on migration and intercultural dialogue.

With the same focus, from 23 to 25 April, the Boghossian Foundation organizes meetings in Brussels on the theme « Long time / short time, East and West are speaking speak about a modern world. » Combining panel discussions, screenings and concerts, the Foundation invites the public to a dialogue with the wider East, between the Mediterranean and Japan.

As for the Anna Lindh Foundation, it organizes next May 22, the Euro-Mediterranean Dialogue Night during which « groups and individuals within thirty-seven countries will join together in a single common event for the promotion of dialogue and coexistence between peoples.  » This will be a week before the meeting of Euro-Mediterranean Ministers of Culture in Athens where the results of the event will be presented.

Finally, from 26 to 29 June the Crans Montana Forum will take place in Monaco on the theme of the « New role of the Mediterranean ». Some key players will discuss topics as diverse as the dialogue of civilizations, the place of women in public life, security and maritime transport or sovereign funds. They also held the 4th meeting of the National and Europeans Members of Parliament.

This series of meetings, local or international, is really indicating a « new springtime of the Euromed ». Nevertheless, the events are so numerous that from the initial impression is that of a dispersion of energy. While it is beneficial that all ideas come from, but will they be taken into account, will they have a real influence? Let us hope that this revival on the scene Euro-Mediterranean will go hand in hand with a rationalization of the action.

N.J.O.

 

 

This week the European press has shown another face of Egypt. Accustomed to hear about this country when an archaeological discovery happens, or on the occasion of an official visit, very few Europeans perceive the true situation of this country: population growth, poverty, authoritarian and irresponsible government.

Tuesday April 8th municipal elections were held. On this occasion, the anti-government opposition movements organized a general demonstration on April 6 throughout Egypt. Feeling the danger, the government has déployed the security forces to discourage the demonstrators, as it has done for the last twenty seven years, what means since Hosni Mubarak is President and since the state of emergency is applied. Violent clashes have nevertheless occurred in the industrial city of Mahalla el-Koubra located in the Nile Delta.

First movement of the opposition, the Muslim Brotherhood had decided to boycott the elections on April 8th declaring that participation was useless given the anticipated outcome of the ruling party, the National Democratic Party. The movement has also suffered mass arrests in their ranks in recent weeks as well as the disqualification of almost all of its candidates in the municipal elections.

This screed lead imposed by the regime becomes less and less bearable for the Egyptians. Especially since the cost of living increases at alarming rates, subject to the combined effects of inflation and the rising price of wheat and oil. With nearly 40% of the population living below or near the poverty line, these fluctuations have vital consequences.

It is high time for another development assistance to be provided by industrialized countries. By encouraging the intensive cultivation of raw materials for export, they are increasing food dependency of the South towards them. The sharp rise in the price of wheat will cause and is already causing other crises similar to that of Egypt. If we do not immediately make from food and nutrition a priority, it will quickly emerge as such through its consequences.

N.J.O.

 

 

Cette semaine la presse européenne a montré un autre visage de l’Egypte. Habitués à entendre parlé de ce pays soit à l’occasion d’une découverte archéologique, soit à l’occasion d’une visite officielle, les Européens ne perçoivent que très peu la véritable situation du pays : démographie galopante, pauvreté, régime autoritaire et irresponsable.

Mardi passé le 8 avril avaient lieu les élections municipales. A cette occasion, les mouvements de l’opposition anti-gouvernementale ont organisé une manifestation générale le 6 avril dans toute l’Egypte. Mis en danger, le gouvernement a donc sorti les grands moyens pour décourager les manifestants, comme il le fait depuis vingt sept ans, c’est-à-dire depuis qu’Hosni Moubarak est Président et qu’est appliqué l’état d’urgence. Des heurts violents ont malgré tout eu lieu dans la ville industrielle de Mahalla el-Koubra située dans le Delta du Nil.

Première force de l’opposition, les Frères Musulmans ont décidé de boycotter les élections du 8 avril décrétant qu’une participation de servait à rien vu le résultat prévu du parti au pouvoir, le Parti National Démocratique. Le mouvement a de plus subi ces dernières semaines des arrestations massives ainsi que la disqualification de la quasi-totalité de ses candidats aux élections municipales.

Cette chape de plomb imposée par le régime devient de moins en moins supportable pour les Egyptiens. D’autant plus que les coûts de la vie augmentent de façon alarmante sous le coup des effets conjugués de l’inflation et de la montée du prix du blé et du pétrole. Avec près de 40% de la population vivant en dessous ou près du seuil de pauvreté, ces fluctuations ont des conséquences vitales.

Il est grand temps que l’aide au développement soit dispensée autrement par les pays industrialisés. En encourageant la culture intensive de matières premières destinées à l’exportation, ces derniers ne font qu’augmenter la dépendance alimentaire du Sud à leur égard. L’augmentation fulgurante du prix du blé provoquera et provoque déjà d’autres crises similaires à celle de l’Egypte. Si on ne fait pas tout de suite de la nourriture, de l’alimentation une priorité, elle s’imposera vite à nous comme telle par le biais de ses conséquences.

N.J.O.