11/04/2008

Situation sous tension en Egypte

Cette semaine la presse européenne a montré un autre visage de l’Egypte. Habitués à entendre parlé de ce pays soit à l’occasion d’une découverte archéologique, soit à l’occasion d’une visite officielle, les Européens ne perçoivent que très peu la véritable situation du pays : démographie galopante, pauvreté, régime autoritaire et irresponsable.

Mardi passé le 8 avril avaient lieu les élections municipales. A cette occasion, les mouvements de l’opposition anti-gouvernementale ont organisé une manifestation générale le 6 avril dans toute l’Egypte. Mis en danger, le gouvernement a donc sorti les grands moyens pour décourager les manifestants, comme il le fait depuis vingt sept ans, c’est-à-dire depuis qu’Hosni Moubarak est Président et qu’est appliqué l’état d’urgence. Des heurts violents ont malgré tout eu lieu dans la ville industrielle de Mahalla el-Koubra située dans le Delta du Nil.

Première force de l’opposition, les Frères Musulmans ont décidé de boycotter les élections du 8 avril décrétant qu’une participation de servait à rien vu le résultat prévu du parti au pouvoir, le Parti National Démocratique. Le mouvement a de plus subi ces dernières semaines des arrestations massives ainsi que la disqualification de la quasi-totalité de ses candidats aux élections municipales.

Cette chape de plomb imposée par le régime devient de moins en moins supportable pour les Egyptiens. D’autant plus que les coûts de la vie augmentent de façon alarmante sous le coup des effets conjugués de l’inflation et de la montée du prix du blé et du pétrole. Avec près de 40% de la population vivant en dessous ou près du seuil de pauvreté, ces fluctuations ont des conséquences vitales.

Il est grand temps que l’aide au développement soit dispensée autrement par les pays industrialisés. En encourageant la culture intensive de matières premières destinées à l’exportation, ces derniers ne font qu’augmenter la dépendance alimentaire du Sud à leur égard. L’augmentation fulgurante du prix du blé provoquera et provoque déjà d’autres crises similaires à celle de l’Egypte. Si on ne fait pas tout de suite de la nourriture, de l’alimentation une priorité, elle s’imposera vite à nous comme telle par le biais de ses conséquences.

N.J.O.