Un climat de paix semble s’installer sur la scène moyen-orientale, et cela sans le concours des Etats-Unis. Certains en annoncent déjà l’échec tandis que les autres attribuent cette réussite partielle à l’absence de Washington dans les négociations.

Absente pour raison électorale, la puissance américaine a laissé sa place de médiateur vide. Dans ce rôle, elle a été remplacée par des puissances régionales comme la Turquie, l’Egypteou le Qatar.

La Turquie a entrepris une médiation entre Israël et la Syrie qui porte maintenant ses fruits, tandis que la médiation égyptienne a abouti à l’instauration d’une trêve de six mois entre l’Etat hébreu et le Hamas. Le Qatar est quant à lui intervenu entre les deux camps libanais permettant enfin l’élection de Michel Sleimane à la présidence du pays du cèdre.

Coïncidence ou conséquence, le climat moyen-oriental est désormais à la paix. Distinction entre les méthodes de ces acteurs régionaux et la méthode américaine : d’une part leur décision d’inclure certains acteurs régionaux systématiquement exclus par les Etats-Unis comme la Syrie et le Hamas, d’autre part ne pas démontrer un parti pris trop affirmé dans les négociations que ce soit entre Israël et la Palestine, mais aussi entre les deux camps libanais.

Croire que le temps de la Pax Americana est révolu est cependant naïf. Non seulement les Etats-Unis ne laisseront jamais tomber leurs intérêts dans cette région, mais leur puissance est également nécessaire pour faire pression sur les parties afin qu’elles tiennent leurs engagements. On peut néanmoins espérer certains changements dans la méthode opérée par les Etats-Unis au Moyen-Orient.

Sur le premier point, il est possible de prévoir une amélioration dans le cas d’une victoire d’Obama en novembre prochain. Le candidat démocrate a en effet annoncé sa volonté de toujours privilégier la diplomatie et le dialogue, quelle que soit la puissance interlocutrice. Par contre, le discours d’Obama devant l’AIPAC (American Israel Public Affairs Committee) efface tout espoir de neutralité américaine dans le conflit israélo-palestinien. L’actuel sénateur de l’Illinois a annoncé un soutien « inébranlable » à l’Etat hébreu tout en déclarant Jérusalem capitale indivisible d’Israël.

Six mois nous séparent de la prochaine élection américaine, six mois pour renforcer ce climat de paix sur la scène moyen-orientale. Prévoir à l’avance un échec des négociations pour cause d’absence des Etats-Unis serait oublier que la superpuissance n’est pas toujours un adjuvant de la paix et qu’il est parfois bon d’avancer sans elle.

N.J.O.

 

 

A climate of peace seems to prevail on the Middle Eastern scene, without the assistance of the USA. Some have already announced a failure while others attribute this success partly to the absence of Washington in the negotiations.

Absent due to elections, American power has left empty his mediator’s position. In this role, she has been replaced for a time by regional powers like TurkeyEgypt or Qatar.

Turkey has undertaken mediation between Israel and Syria which now bears its fruits, while the Egyptian mediation led to the establishment of a six-month truce between the Hebrew state and Hamas. Qatar meanwhile intervened between the two Lebanese camps to finally elect Michel Sleimane to the presidency of the country.

Coincidence or consequence, climate in the Middle East is now at peace. Distinction between the methods of these regional actors and the American approach : on one hand their decision to include some regional players systematically excluded by the USA as Syria and Hamas, on the other hand not to show bias too affirmed in negotiations between Israel and Palestine, but also between the two camps in Lebanon.

Believing that the time of the Pax Americana is over, however, is naive. Not only that the USA would never let down their interests in this region, but their power is also necessary to put pressure on the parties to keep their commitments. Nevertheless, some changes are hoped in the method made by the USA in the Middle East.

On the first point, it is possible to foresee an improvement in the case of an Obama victory in November. The Democratic candidate has announced his willingness to always give priority to diplomacy and dialogue, whatever the power interlocutor. But in the second point the Obama speech to the AIPAC (American Israel Public Affairs Committee)’s members erases any hope of American neutrality in the Israeli-Palestinian conflict. The current senator from Illinois announced an « unshakable » support to the Hebrew state while declaring Jerusalem capital of Israel and undividable.

Six months separate us from the next U.S. election, six months to strengthen the climate of peace in the Middle Eastern scene. To announce a failure in negotiations due to the absence of the United States would make forget that the superpower is not always a peace’s auxiliary and that it’s sometimes good to progress without it.

N.J.O