26/06/2008

Climat de paix au Moyen-Orient, sans Washington

Un climat de paix semble s’installer sur la scène moyen-orientale, et cela sans le concours des Etats-Unis. Certains en annoncent déjà l’échec tandis que les autres attribuent cette réussite partielle à l’absence de Washington dans les négociations.

Absente pour raison électorale, la puissance américaine a laissé sa place de médiateur vide. Dans ce rôle, elle a été remplacée par des puissances régionales comme la Turquie, l’Egypteou le Qatar.

La Turquie a entrepris une médiation entre Israël et la Syrie qui porte maintenant ses fruits, tandis que la médiation égyptienne a abouti à l’instauration d’une trêve de six mois entre l’Etat hébreu et le Hamas. Le Qatar est quant à lui intervenu entre les deux camps libanais permettant enfin l’élection de Michel Sleimane à la présidence du pays du cèdre.

Coïncidence ou conséquence, le climat moyen-oriental est désormais à la paix. Distinction entre les méthodes de ces acteurs régionaux et la méthode américaine : d’une part leur décision d’inclure certains acteurs régionaux systématiquement exclus par les Etats-Unis comme la Syrie et le Hamas, d’autre part ne pas démontrer un parti pris trop affirmé dans les négociations que ce soit entre Israël et la Palestine, mais aussi entre les deux camps libanais.

Croire que le temps de la Pax Americana est révolu est cependant naïf. Non seulement les Etats-Unis ne laisseront jamais tomber leurs intérêts dans cette région, mais leur puissance est également nécessaire pour faire pression sur les parties afin qu’elles tiennent leurs engagements. On peut néanmoins espérer certains changements dans la méthode opérée par les Etats-Unis au Moyen-Orient.

Sur le premier point, il est possible de prévoir une amélioration dans le cas d’une victoire d’Obama en novembre prochain. Le candidat démocrate a en effet annoncé sa volonté de toujours privilégier la diplomatie et le dialogue, quelle que soit la puissance interlocutrice. Par contre, le discours d’Obama devant l’AIPAC (American Israel Public Affairs Committee) efface tout espoir de neutralité américaine dans le conflit israélo-palestinien. L’actuel sénateur de l’Illinois a annoncé un soutien « inébranlable » à l’Etat hébreu tout en déclarant Jérusalem capitale indivisible d’Israël.

Six mois nous séparent de la prochaine élection américaine, six mois pour renforcer ce climat de paix sur la scène moyen-orientale. Prévoir à l’avance un échec des négociations pour cause d’absence des Etats-Unis serait oublier que la superpuissance n’est pas toujours un adjuvant de la paix et qu’il est parfois bon d’avancer sans elle.

N.J.O.