14/07/2008

« Processus de Barcelone : une Union pour la Méditerranée »

Le succès diplomatique cache le manque de consistance du projet

Beau coup médiatique que celui joué hier par Nicolas Sarkozy dans l’enceinte du Grand Palais à Paris. L’Union pour la Méditerranée est lancée de manière grandiose et dans un climat d’enthousiasme hors du commun. Mais ne cédons pas à la tentation d’un optimisme naïf et peu circonspect.

Si nul ne peut nier les succès diplomatiques de la réunion, le projet « Processus de Barcelone : une Union pour la Méditerranée » n’a pas connu en lui-même de grandes avancées. Les pas en avant diplomatiques se sont en effet succédés hier à un rythme effréné, le plus remarquable étant la promesse d’ouverture d’ambassades respectives entre la Syrie et le Liban. La presse internationale a beaucoup insisté sur le succès diplomatique de la réunion, mais n’a par contre que très peu évoqué les projets lancés par l’UPM. Certains s’interrogent dès lors sur la longévité de ce nouvel élan euro-méditerranéen, le sommet d’hier rappelant en certains points l’euphorie qu’a connu le lancement du Processus de Barcelone en 1995.

Il semble par ailleurs que les chefs d’Etats arabes, en particulier ceux du Moyen-Orient, envoient des signaux à l’Union Européenne afin que cette dernière s’investisse dans le processus de paix régional. Le raisonnement est logique. Il est effectivement difficile d’imaginer une Union pour la Méditerranée reposer sur des pays en conflit.

L’Union pour la Méditerranée a donc déjà quelques mérites à son actif, même s’il s’agit davantage de l’œuvre d’une bonne diplomatie française. Reste maintenant à voir ce qu’il restera de l’enthousiasme actuel lorsque se poseront les questions qui fâchent comme celle du financement ou celle de l’emplacement du futur secrétariat.

 

Nathalie Janne d’Othée