01/07/2008

L’Europe et la Méditerranée : le cheminement sinueux du projet français

LES MIDIS DE LA MEDITERRANEE (1)

L’Europe et la Méditerranée : le cheminement sinueux du projet français

par

Bichara Khader

Mardi 1er juillet 2008 à 12h30

au Mouvement Européen Belgique
63 avenue d’Auderghem à 1040 Bruxelles

Compte-rendu : Nathalie Janne d’Othée

Introduction

par Charles-Ferdinand Nothomb

Bichara Khader est professeur a l’Université Catholique de Louvain, et est le directeur du Centre d’Etude et de Recherche sur le Monde Arabe Contemporain.

Le professeur B. Khader est venu parler d’un sujet plus que lié à l’actualité ces jours-ci : le projet d’Union pour la Méditerranée. Nous sommes le 1er juillet et la France vient de prendre la Présidence de l’Union Européenne. Le projet d’Union pour la Méditerranée est un des gros défis que Nicolas Sarkozy entend relever à la tête de l’Union.

Le professeur Khader entame avec ce thème, une série qu’on espère longue, de rencontres baptisées les « Midis de la Méditerranée ». Il restera associé à nos futurs rendez-vous en tant que conseiller.

L’Europe et la Méditerranée : le cheminement sinueux du projet français

par Bichara Khader

L’Union pour la Méditerranée consistera le thème du sommet du 13 juillet prochain à Paris. Bichara Khader a lui-même écrit un rapport assez détaillé sur ce sujet ainsi que son cheminement depuis février 2007 jusqu’à aujourd’hui.

En février dernier le projet d’Union Méditerranéenne (à noter le changement de dénomination depuis) est pour le première fois évoqué par Nicolas Sarkozy lors d’un discours électoral à Toulon. Immédiatement il a provoqué des réactions mitigées des experts Euromed.

Selon B. Khader, Nicolas Sarkozy a le mérite d’avoir réveillé l’Europe, d’avoir souligner l’inadéquation de la politique méditerranéenne de l’UE, ainsi que l’importance du Sud de l’Europe par l’UE.

Le projet a provoqué une levée de bouclier. Mais celle-ci est moins dûe au contenu du projet qu’à sa mauvaise présentation. Nicolas Sarkozy a en effet essuyé de nombreuses réactions négatives par rapport à son projet.

  • la Turquie : a interprété le projet comme une volonté de la France de remplacer le processus d’adhésion par le projet d’Union Méditerranéenne ;
  • les pays Arabes : lorsque le président français a annoncé que l’Union pour la Méditerranée consistait un « nouveau cadre » pour la politique arabe de la France. Pour les pays arabes, la France annonçait ainsi la fin d’un partenariat privilégié et un certain rapprochement avec Israël ;
  • L’Allemagne (et l’Europe du Nord): ils ont été vexés que l’UE se retrouve sur la touche. Surtout l’Allemagne qui se considère comme aussi méditerranéenne que la France. Premier pays européen investisseur dans la région, l’Allemagne comporte aussi une « Méditerranée intérieure » avec plus de deux millions de turcs d’origine au sein de leur population et s’est toujours beaucoup investie dans la coopération euro-méditerranéenne. Le projet français a donc provoqué de sérieuses tensions avec son voisin allemand qui n’ont pu être résolues que par une rencontre au sommet à Hanovre au début du mois de mars 2008.
  • Les milieux européens : la France a présenté le Processus de Barcelone comme un échec, ce qui a vexé les milieux européens travaillant dans le secteur depuis plus de dix ans.

Ces crispations pouvaient donc être résolues par une amélioration de la présentation du projet. Le projet doit alors subir quelques modifications d’apparence. Il fallut :

  • un projet plus cohérent,
  • un rétablissement de l’entente et de la confiance franco-allemande,
  • déconnecter le projet d’Union Méditerranéenne de l’adhésion turque à l’UE,
  • convaincre les Arabes de la pertinence du projet,
  • en faire un complément et non un substitut aux politiques européennes.

Le 20 décembre 2007, l’Appel de Rome avalise réellement le projet. Depuis février, la France mène une diplomatie active dans le Sud Méditerranéen afin de trouver des adhésions à son projet. L’Italie et l’Espagne considèrent l’activité solitaire de la France d’un mauvais œil. Dans ce contexte, Sarkozy est appelé à Rome pour une rencontre au sommet avec Romano Prodi et José Luis Zapatero afin de parler du projet d’Union Méditerranéenne.

Suite à l’appel de Rome, de nombreux changements sont à noter dans le projet :

1) L’Union Méditerranéenne est devenue l’Union pour la Méditerranée. L’Union Méditerranéenne était par sa dénomination un projet un peu équivoque. Désormais, l’Union pour la Méditerranée n’est plus un projet d’Union mais une union de projets.
2) Il est dit officiellement à Rome que le projet d’Union pour la Méditerranée n’a aucun lien, n’est relié en aucunes façons à l’adhésion de la Turquie à l’Union Européenne.
3) D’initiative française, le projet devient celui d’une initiative tripartite, franco-italo-espagnole.

Ces démarches n’ont pourtant pas suffi à calmer les pays du Nord. Ceux-ci demandent encore de revoir la géométrie générale du projet. Ils veulent également un prolongement du Processus de Barcelone et non une substitution. Les pourparlers dans ce sens auront lieu jusqu’au 14 mars 2007, date du sommet européen.

A cette date, le projet est rebaptisé « Processus de Barcelone : une Union pour la Méditerranée », ce qui signifie que :

1) le cadre de Barcelone est toujours valide
2) l’Union pour la Méditerranée permettra de revitaliser ce processus.

La Commission est chargée de présenter une esquisse de projet. Elle s’exécute et présente le 20 mai dernier, un projet qui reçoit l’approbation de tous les pays de l’UE. Ceux donc qui ont espéré une structure plus légère que le Processus de Barcelone à 39 ou la Politique de Voisinage à 23, voient naître une Union pour la Méditerranée qui compte 43 membres (la principauté de Monaco incluse).

La diplomatie française avait proposé une idée novatrice. Cette dernière a été ensuite reprise par l’UE qui l’a édulcoré, l’a revu à la baisse. Au conseil européen du 14 mars, la France s’est vue dépossédée de son projet, et avoue aujourd’hui y avoir perdu.Si la popularité de Sarkozy avait été en hausse au lieu d’être en baisse, et si l’Allemagne avait été consultée préalablement, le projet français aurait eu des chance de passer tel quel.

Quelle est la situation aujourd’hui ?

Nous sommes aujourd’hui à la veille du sommet du 13 juillet à Paris. Nicolas Sarkozy justifiait son projet par plusieurs arguments.

1) La Méditerranée ne peut rester un espace marginalisé de l’économie mondiale. Les échanges interrégionaux sont de 12%, alors qu’en Asie, ils sont de 25%. Seulement 2% des investissements extérieurs de l’UE sont alloués à la région Méditerranée.

Le bilan du partenariat euro-méditerranéen (ou processus de Barcelone) est mitigé. La Zone de Libre Echange prévue pour 2010 est encore loin d’aboutir. De même pour la zone de paix prospérité partagée : les guerres continuent (la dernière en date est celle qui a opposé Israël au Hezbollah en juillet 2006). Aujourd’hui, le fosse se creuse plus que jamais entre les deux rives de la Méditerranée.

2) Les projets financés dans le cadre du Processus de Barcelone n’ont aucune visibilité dans les pays du Sud Méditerranéen. Il faut donc rendre les projets Euromed plus visible par les populations civiles du Sud.

3) La diplomatie française est statique, elle avait besoin d’une impulsion. La France est dépassée par d’autres acteurs dans son propre arrière-jardin. La Chine et les USA s’impliquent plus au Maghreb qu’elle. Revitalisation nécessaire donc, d’autant plus que la France détient des intérêts vitaux dans cette région :

– un investissement supérieur au programme MEDA au Maghreb ;
– le Maghreb constitue la région d’origine d’une part importante de population française.

Malgré toutes ces constatations qui rendaient le projet français de base pertinent, la participation à l’Union Européenne nécessite des compromis. Malgré un relatif échec pour la diplomatie française, le projet semble d’une part mis sur des rails au niveau européen et devrait prendre sa forme définitive le 13 juillet à Paris.

D’autre part, cette récupération du projet par l’Europe suscite peu d’enthousiasme au Sud.

  • Egypte : Moubarak sera a Paris le 13 juillet car il brigue la co-présidence de l’Union pour la Méditerranée ;
  • Tunisie : est consentante ;
  • Algérie : est récalcitrante ;
  • Syrie : participera au sommet du 13 juillet ;
  • Libye : Mouammar Khadafi sera absent. Preneur du projet initial, la récupération européenne du projet ne plait pas du tout à la Libye. Le Parlement Européen a en effet émis l’avis qu’aujourd’hui l’adhésion au projet d’Union pour la Méditerranée signifie accepter les acquis de Barcelone. Or, la Libye n’a jamais été partie de Barcelone.
  • Israël : lie son adhésion au projet à une élévation de son accord d’association avec l’UE.

Pour les pays du Sud, l’UE propose, impose et dispose. La position d’Israël pose aussi des problèmes aux pays arabes. Les populations civiles émettent quant à elles des réticences par rapport à un projet qui ne privilégie plus une évolution globale de partenariat, et donc a fortiori, un abandon dans certains cas d’une observance trop pointilleuse du respect des Droits de l’Homme.

On peut également constater que chaque Etat du Sud Méditerranéen tente de préserver ses propres intérêts, de jouer ses propres ambitions au travers du projet d’Union pour la Méditerranée.

La structure institutionnelle même de l’Union pour la Méditerranée pose des problèmes. En effet, au Nord, la co-Présidence sera assurée par le Président de l’Union Européenne, ce qui inclut une rotation bisannuelle. Les changements prévus par le Traité de Lisbonne posera des question au niveau du responsable des Relations Extérieures de l’Union Européenne. Au Sud par contre, le co-Président sera choisi.

Pour conclure…

1) L’idée est bonne dans son contenu mais pas dans sa présentation ;
2) Nicolas Sarkozy est une usine à penser mais il va trop vite, sans penser aux conséquences. Il doit apprendre à plus écouter ses pairs européens et méditerranéens ;
3) L’idée a été corrigée… mais aujourd’hui : les gens se demandent si l’Union pour la Méditerranée sera plus vigoureuse que ses ainés, la PEV et le Processus de Barcelone. Il s’agit aussi d’un défi visant à regarder le Sud à pied d’égalité dans un projet commun.

 

Questions /débat

Intervention de M. Villepin (Commission Européenne) : Le problème de la Commission Européenne est que la rive Nord cherche son identité tandis que la rive Sud connaît des tensions et des rivalités très fortes. La reprise du dialogue aujourd’hui est essentiellement due à des raisons énergétiques. Une reprise réelle du dialogue Euromed semble utopique.

R (B. Khader) : B. Khader a justement un livre sous presse qui traite des politiques méditerranéennes de l’Europe. Bien que le Nord ait ses responsabilités dans l’échec du Processus de Barcelone, les pays du Sud ont les leurs.

L’Union pour la Méditerranée risque d’encore poser des problèmes dans ce sens. Par exemple, chaque pays pourra envoyer des fonctionnaires au sein du secrétariat. Si celui-ci est localisé en Tunisie ou en Algérie, les fonctionnaires israéliens ne seront jamais admis. « Avant de partager les fruits de la paix, il faut la faire ». La coopération euro-méditerranéenne procède il est vrai à une inversion méthodologique : on a jamais essayé de faire coopérer des pays en guerre.

L’Union pour la Méditerranée est une union de projets. Un « partenariat régional privilégié » est aujourd’hui possible avec le Maghreb, Il faut donc concentrer son attention sur le Maghreb, y ajoutant l’Egypte. Pour renforcer cette coopération, l’Union pour la Méditerranée applique la méthode Schuman, c’est-à-dire de rassembler les partenaires autour de projets touchant à des intérêts communs.

D’un autre côté, l’Europe doit davantage s’appliquer afin de parvenir à une paix au Moyen-Orient en s’impliquant dans le processus d’Annapolis entre autres. Ce qu’elle ne fait pas pour l’instant.

Mme Meli (Trésorerie Affaires financières européennes et internationales) : Du point de vue financier, il est positif que ce projet soit repris par l’UE. Cela lui permettra de récupérer des lignes budgétaires européennes, ce qui n’aurait pas été le cas si le projet avait été français.

Questions : On parle d’une Union de projet, mais sa représentation sera de type politique. Quid ?

Autre remarque : les projets que propose Nicolas Sarkozy ont déjà été inventés, envisagés par l’Europe, et finalement les seuls gros projets de l’Union pour la Méditerranée concernent des infrastructures énergétiques.

R (B. Khader) : Quelle sera sa structure institutionelle ? Du côté européen, il sera intégré dans les structures européennes. Quels seront les rôles respectifs du Comité Permanent et de la Co-présidence ? On risque en effet d’entrer dans un enchevêtrement de procédures et d’institutions.
De leur côte, la BEI (Banque Européenne d’Investissement) et la FEMIP (Facilité Euro-Méditerranéenne d’Investissement et de Partenariat) ont dépensé plus que l’entièreté du programme MEDA durant ces cinq dernières années.

50 millions € seront seulement alloués par le Processus de Barcelone aux projets de l’Union pour la Méditerranée. Le reste du financement devra être chercher auprès d’autres structures :

– pays du Golfe ;
– Banque Mondiale ;
– aide bilatérale entre pays…

Mais une autre question se pose aussi : qui sera chargé de sélectionner les projets ? Qui en aura la responsabilité financière ? On imagine en effet mal la Cour des comptes européennes se porter garante d’un fond aussi disparate que le futur fonds pour l’UPM. Il faudrait donc une agence spécialisée pour jouer ce rôle.

Concernant les pays du Golfe, il ne faut croire que leurs financements en Méditerranée soient à visée philanthropique. Ils demanderont eux aussi leur voie au chapitre.

Mme Hawa Djabali (Centre Culturel Arabe Wallonie-Bruxelles) : Quid de la rivalité entre l’Europe et les Etats-Unis dont les pays arabes font souvent les frais ? Bouteflika serait d’accord de travailler avec Israël, mais il n’a pas toujours les mains libres dans son propre pays. Les dirigeants arabes en général ont une marge de manœuvre limitée.

R (B. Khader) : les questions de Droits de l’Homme, de l’ouverture des régimes posent à leur tour les questions de l’occupation et du positionnement de ses pays sur la scène internationale.

Les Etats-Unis ont aujourd’hui abandonné leur projet de « Grand Moyen-Orient ». On préfère ainsi « négocier avec le diable qu’on connaît (ndlr : autoritarisme) qu’avec celui qu’on ne connaît pas (ndlr : islamisme).

Quant à l’Union Européenne, elle devrait négocier avec le Hamas. C’est un mouvement qui a du poids. Mais cette question doit se poser de manière réfléchie et informée.

Venant de rentrer de Jordanie, cet intervenant se pose des questions sur la pertinence de l’investissement étranger au Moyen-Orient. Ces derniers ne font qu’acheter ce qui fonctionne déjà bien. Pour la population arabe, le problème est plus basique, c’est celui de la faim. Hassan de Jordanie a un jour dit que les pays Occidentaux leur imposaient non seulement ce qu’il fallait faire, mais aussi ce qu’il fallait penser.

R (B. Khader) : Les pays arabes ont tendance à sans cesse voir l’Occident et l’UE comme des nuisances. Au lieu de n’y voir que du négatif, il faut plutôt essayer de voir ce qu’ils peuvent en tirer. La Jordanie doit jouer le jeu régional. Pour l’instant c’est elle, avec le Liban, qui échange le plus avec la région.

Souvent dans les pays arabes, on a transformé une économie de plan en économie de clan. Il ne faut pas accabler l’Europe de nos maux mais regarder nos propres responsabilités.

Représentant de l’ambassade d’Algérie : L’avis de l’Algérie n’est pas négatif par rapport à l’Union pour la Méditerranée. Elle ne revendique aucune des futures institutions et ne voit donc aucune rivalité. Elle exprime uniquement sa déception par rapport à la non prise en charge de la question de l’immigration par la nouvelle UPM.

La fuite des cerveaux est en effet encouragée par l’UE, même si l’Algérie est également responsable. Aujourd’hui les choses vont sensiblement mieux.

Qu’en est-il de la Turquie ? Partenariat ou adhésion, quelle est votre position ?

R (B. Khader) : La réponse a cette question est à séparer en deux parties :

En tant qu’intellectuel, l’adhésion de la Turquie à l’UE serait un magnifique exemple, un magnifique message pour les pays arabes et musulmans. La Turquie serait intégré à l’UE non pas en tant que pays musulmans, mais en tant que pays démocratique et laïque.
D’un point de vue politique, il faut tenir compte des opinions européennes recalcitrantes. Celles-ci soulignent différents points :

– point de vue économomique : la Turquie représenterait un gouffre financier pour l’UE ;
– point de vue géographique : on se demande où se termine les frontières de l’UE ;
– point de vue géopolitique : l’Europe est-elle prête à avoir des frontières avec l’Iran et le Caucase.

De plus les opinions publiques européennes sont obsédées par la question de l’Islam.

Mais attention, il ne faut pas craindre les utopies, ce sont les possibles du futur. La fabrication de l’image de l’ennemi musulman va s’effriter en Europe.

Comment les Frères Musulmans en Egypte et le Front Islamique du Salut en Algérie voient-ils le projet d’UPM ?

R (B. Khader) : La question de l’Union pour la Méditerranée n’est une préoccupation prioritaire de la population de ces pays. L’islamisme est un mouvement politique (avant d’être religieux) qui est réticent à tout ce qui vient de l’Occident, et donc à ses fondements.

Conclusion

par Charles-Ferdinand Nothomb

Tout comme le professeur Khader l’a souligné, il est souvent préférable de cibler l’action de l’UE vers un partenariat privilégié avec certains pays. Les positions du Mouvement Européen sont les suivantes :

– ne retenir que la Maghreb (et l’Egypte) pour un partenariat privilégié ;
– d’abord négocier avec le Sud avant de faire des Déclarations qui l’impliquent ;
– dialoguer avec les mouvances islamiques présentes dans les assemblées parlementaires. En Algérie, ils ont acceuilli l’initiative ;
– création d’un Observatoire de la société civile à Alger (qui sera peut-être repris par la Déclaration finale du 13 juillet prochain) ;
– Organisation d’un nouveau Congrès à Valence en septembre 2009 sur le Dialogue Sud-Nord Méditerranée, et en particulier sur les questions d’éducation et de migration.

LES MIDIS DE LA MÉDITERRANÉE SONT ORGANISÉS CONJOINTEMENT PAR L’INSTITUT MEDEA ET LE MOUVEMENT EUROPÉEN BELGIQUE.

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