25/07/2008

Obama : perspective d’une politique ambigüe au Moyen-Orient

Ces quelques derniers jours la presse européenne a eu les yeux rivés sur la tournée du candidat démocrate à la Maison Blanche au Moyen-Orient. Ses visites successives en Irak, Afghanistan, Jordanie, Israël et Palestine ont fait couler beaucoup d’encre.

Le positionnement de Barak Obama sur la scène internationale soulève de nombreuses interrogations. Pressenti pour être le candidat de l’ouverture par certains, il donne à d’autres une image de conservateur. Son discours il y a quelques semaines devant l’AIPAC – le plus important lobby pro-israélien présent sur le sol américain – avait déjà donné le ton d’un parti pris affirmé pour Israël. La tournée moyen-orientale du sénateur de l’Illinois n’a fait que confirmer cette tendance.

Néanmoins de nombreuses questions demeurent en suspens. Cette soudaine ferveur pro-israélienne peut en effet paraître factice aux yeux de certains, Barak Obama se battant depuis le début de sa campagne contre une image que ses détracteurs tentent de lui coller : celle d’un partisan de la cause islamiste, tout du moins de la condition des peuples musulmans. Né d’un père kenyan et musulman, Obama a des racines peu communes pour un personnage de la classe politique américaine. Les efforts du candidat à la Maison Blanche pour effacer cette étiquette sont donc pris avec circonspection, certains y voyant une simple manœuvre électorale.

Obama, candidat du changement et Obama, soutien inconditionnel d’Israël : les deux propositions semblent difficilement conciliables. Les populations et les décideurs arabes attendent de Washington un investissement supplémentaire en tant que médiateur dans le conflit israélo-palestinien. Barak Obama peut-il endosser ce rôle ayant affirmé un tel soutien à Israël ? Le sénateur de l’Illinois a d’ores et déjà déclaré qu’il ne pourrait y arriver seul.

 

Nathalie Janne d’Othée