revue de presse de la semaine du 25-29 aout 2008

Une opération s’intitulant Free Gaza a été mise en place pour forcer le blocus de la Bande de Gaza par Israël. Une équipe de militants internationaux, parmi lesquels des Palestiniens et d’un Israélien, a tenté et réussi à rallier la Bande de Gaza par voie maritime samedi 23 août. Selon les propres dires d’Israël, toute occupation a cessé à Gaza, et le blocus n’est destiné qu’à sécuriser Israël. Dans une telle configuration, Israël n’avait donc pas le droit d’arraisonner des embarcations dans les eaux territoriales de Gaza. Malgré des rumeurs rapportant que le gouvernement israélien avait pour intention d’arrêter l’opération, les bateaux gagnèrent la Bande de Gaza sans encombre.

Un tour de la presse internationale aide à mieux cerner les tenants et aboutissants de l’opération.

Le site officiel de Free Gaza ainsi que le site d’information palestinien Maan newsmentionnent une réussite de l’opération. Celle-ci a en effet permis de réellement rompre une situation de blocus imposée par Israël aux Gazaouis en dépit du droit international. L’équipe de Free Gaza se divise maintenant en trois groupes visant à faire perdurer l’ouverture de ce territoire. Certains sont tout d’abord revenus vers Chypre à bord des deux bateaux, Free Gaza et USS Liberty, en ramenant avec eux sept Gazaouis qui s’étaient précédemment fait refuser le visa de sortie par Israël. D’autres resteront sur place à des fins d’accompagnement et d’observation de la situation dans le territoire palestinien. Tandis que le militant israélien Jeff Halper a été arrêté alors qu’il tentait de rejoindre Israël via le poste frontière d’Erez. Il a depuis été libéré sous caution nous révèle le Herald Tribune.

Les deux quotidiens israéliens, le Jerusalem Post et Haaretz mettent l’accent sur l’attitude observée par le gouvernement israélien vis-à-vis de l’opération. Ce dernier a en effet décidé de laisser passer les deux bateaux à l’aller comme au retour afin d’éviter toute provocation.

Haaretz va plus loin en précisant qu’aucune opération musclée n’a été planifiée. Prévenu depuis longtemps de l’arrivée des deux bateaux, Israël aurait tout d’abord tenté de contrecarrer les plans des militants de Free Gaza par différents moyens : pressions diplomatiques sur Chypre et la Grèce, proposition d’amener le matériel humanitaire par des moyens israéliens à Gaza ou encore arrestation des bateaux afin de les amener au port israélien de Ashdod une fouille et un interrogatoire des équipages. Un rapport des services secrets aurait ensuite souligné qu’aucune des personnes présentes sur le bateau n’avait un quelconque lien avec une organisation terroriste. Ce constat a contribué à mettre de côté toute démonstration de force, qui aurait finalement fait le jeu des penseurs de l’opération.

L’hebdomadaire égyptien Al-Ahram Weekly rapporte quelques témoignages de Gazaouis ayant pris part à l’événement dont celui de Khalil Barini, un pêcheur de 72 ans, qui souligne que lorsque certains internationaux luttent contre le blocus, certains de ses frères arabes et musulmans font tout pour le renforcer, critique en grande partie tournée vers l’Egypte. Depuis la prise de pouvoir par le Hamas dans la Bande de Gaza en 2007, l’Egypte a en effet fermé le poste frontière de Rafah qui la sépare du territoire palestinien, bouchant ainsi la seule issue pour de nombreux Gazaouis nécessitant une aide médicale extérieure. Interrogé par Al-Ahram Weekly, l’écrivain et chercheur palestinien Nehad Al-Sheikh Khalil dit espérer une prise de conscience de la part des gouvernements arabes suite à cette opération, la plupart des pays arabes fermant aujourd’hui les yeux sur la situation humanitaire de Gaza.

L’hebdomadaire égyptien détaille également le cas du seul militant israélien ayant pris part à l’expédition, Jeff Halper. Une question est posée : pourquoi n’y avait-il pas plus de militants israéliens prenant part à l’expédition ? Jeff Halper répond lui-même à cette interrogation légitime en expliquant que tous les membres de l’expédition devaient signer préalablement une déclaration reconnaissant entre autre le droit au retour pour tous les réfugiés palestiniens. Or tout Israélien signant un tel texte serait sans aucun doute accusé de traitrise envers sa nation.

 

 

Press review : week August 25-29, 2008

An operation known as Free Gaza has been established to force the blockade imposed on the Gaza Strip by Israel. A team of international activists, including Palestinians and one Israeli, tried and succeeded in rallying the Gaza Strip by sea Saturday, August 23. According to Israel’s own admission, the occupation has ceased in Gaza, the blockade being intended only to secure Israel. In such a configuration, Israel had no right to board boats in the territorial waters of Gaza. Despite rumors reporting that the Israeli government had intended to stop the operation, the boats reached the Gaza Strip without incident.

A sight at the international press will help to better understand the ins and outs of the operation.

The official website of Free Gaza and the Palestinian information site Maan newsmention a success. It has really helped break a blockade imposed by Israel on the Gaza strip despite the international law. The Free Gaza team is now divided into three groups seeking to perpetuate the opening of this territory. First some came back to Cyprus on board of the two boats, Free Gaza and USS Liberty, bringing with them Gazans who had previously been refused exit visas by Israel. Others remained in the Gaza Strip for purposes of guidance and monitoring the situation in the Palestinian territory. While the Israeli activist Jeff Halper was arrested on his way back to Israel via the Erez border post. It has since been released on bail reveals the Herald Tribune.

Both Israeli daily’s, the Jerusalem Post and Haaretz emphasized the attitude observed by the Israeli government vis-à-vis the operation. The latter has decided to let the two boats to go an come back from the Gaza Strip to avoid any provocation.

Haaretz goes further by specifying that no demonstration of force was planned. Informed from a long time of the arrival of the two vessels, Israel first tried to thwart the plans of the Free Gaza militants by various means: diplomatic pressure on Cyprus and Greece, a proposal to bring humanitarian equipment through Israeli means to Gaza and arrest of ships to bring them to the Israeli port of Ashdod to search and interrogated the crews. A report of the secret services then stipulated that none of the people on the boat had any link with a terrorist organization. This has helped to put aside any show of force, which would have played into the hands of the thinkers of the operation.

The Egyptian Al-Ahram Weekly reported some declarations of Gazans having taken part in the event. Among them Khalil Barini, a fisherman of 72 years, stresses that when some internationals are struggling against the blockade, some of his Arab and Muslims brothers are doing everything to strengthen it, critic largely turned to Egypt. Since taking power by Hamas in the Gaza Strip in 2007, Egypt has indeed closed the Rafah border which separates the Palestinian territory, closing so the only issue for many Gazans requiring medical assistance abroad. Interviewed by Al-Ahram Weekly, the Palestinian writer and researcher Nehad Al-Sheikh Khalil said he hoped an awareness on the part of Arab governments following this operation, most Arab countries are today closing their eyes on the humanitarian situation in Gaza.

The Egyptian weekly also details the case of one Israeli activist who took part in the expedition, Jeff Halper. A question was arised: why did not other Israeli militants take part in the expedition? Jeff Halper itself responds to this legitimate question by explaining that all the expedition members should first sign a statement acknowledging among other things the right of return for all Palestinian refugees. But an Israeli signing such a text would undoubtedly be accused of treachery against his nation.

 

 

Depuis le début du boycott israélien de la Bande de Gaza, des hommes et des femmes ont cherché des solutions pour le rompre. Aux yeux de quelques uns d’entre eux, mails et manifestations ne suffisaient plus. C’est ainsi qu’est née l’idée de Free Gaza, une opération maritime pour contourner le blocus israélien du territoire.

De manière intelligente et non-violente, les militants de l’opération ont réussi à trouver la faille du blocus. Bien que géographique, cette faille était avant tout juridique. Se prévalant d’un retrait total de la Bande de Gaza, Israël n’avait aucun droit d’intervenir dans ses eaux territoriales. D’autant plus que les deux bateaux avaient fait l’objet d’une fouille minutieuse à Nicosie afin d’éviter tout prétexte d’arrestation par les autorités israéliennes.

Les débats en Israël semblent dès lors vains face à la logique du droit international. Certains tentent en effet de ramener le bon déroulement de l’opération à eux. Mais que ce soit le gouvernement ou Tsahal, avaient-ils réellement le choix ? Comme beaucoup l’ont souligné, une intervention musclée aurait fait le jeu des militants de Free Gaza.

Autre question posée par l’opération : celle de la non reconnaissance du Hamas comme représentant du peuple palestinien. Les militants ont rencontré Ismaïl Haniyeh lors de leur court séjour dans la Bande de Gaza et le chef du gouvernement issu du Hamas leur a accordé un passeport palestinien pour leur acte. Le dirigeant palestinien a également profité de la présence de Lauren Booth, belle-sœur de Tony Blair, parmi les activistes, pour inviter le représentant du Quartet à visiter la Bande de Gaza.

Selon de nombreuses sources israéliennes, l’opération a été réduite à néant par la réaction mesurée d’Israël. Une telle assertion tend néanmoins à oublier que l’opération a effectué une réelle tranchée d’espoir dans le blocus imposé à Gaza. Acheminant tout d’abord du matériel humanitaire, symbolisant une reprise de contact de la communauté internationale avec le Hamas, et attirant les regards du monde entier sur le territoire bouclé et ses difficultés, l’opération Free Gaza peut se prévaloir d’une vraie réussite.

Aujourd’hui de régulières traversée vers Gaza sont prévues par les deux bateaux pour acheminer des aides essentielles à la population, formant ainsi une sorte de « pont maritime » pour contrer le blocus. Néanmoins Israël ne laissera pas des militants lui imposer une marche à suivre vis-à-vis de la Bande de Gaza. Un retour de Free Gaza et USS Liberty posera sans doute plus de problèmes que leur première expédition.
Bien qu’amoindri, le blocus de Gaza est en effet encore bien réel.

 

 

N.J.O.

 

 

Since the beginning of Israel’s boycott of the Gaza Strip, men and women have sought ways to break it. In the eyes of some of them, mails and demonstrations were no longer sufficient. The idea of Free Gaza was born : a maritime operation to circumvent the Israeli blockade of the territory.

In an intelligent and non-violent way, the thinkers of the operation were able to find the flaw in the blockade. Although it seems geographical, this vulnerability was primarily legal. Relying on a total withdrawal from the Gaza Strip, Israel had no right to intervene in its territorial waters. Furthermore the two boats had been carefully searched in Nicosia to avoid any pretext of arrest by Israeli authorities.

The debate in Israel seems futile when facing the logic of international law. Some people tried to reduce the effect of proper conduct of the operation to them. But whether the government or IDF, did they really had the choice? As many have pointed out, a demonstration of force would have made the game of the Free Gaza’s militants.

Another question was raised by the operation : the failure to recognize Hamas as representative of the Palestinian people. The activists met Ismail Haniyeh during their short stay in the Gaza Strip and the head of government from Hamas gave them a Palestinian passport for their act. The Palestinian leader also took advantage of the presence of Lauren Booth, sister-in-law of Tony Blair, among the activists, to invite the representative of the Quartet to visit the Gaza Strip.

According to many Israeli sources, the operation has been reduced to nil by the measured response of Israel. Such an assertion tends to forget that the operation has made a real trench of hope in the blockade imposed on Gaza. First bringing humanitarian equipment, then symbolizing a resumption of contact of the international community with Hamas, and finally attracting the attention of the world on the sealed off territory and its difficulties, the Free Gaza operation may rely on a real success.

Today regular crossing to Gaza are planned by the two boats to deliver essential aid to the population, and thus forming a kind of « sea bridge » to counter the blockade. But Israel will not allow militants to impose it a way of managing the Gaza Strip. A return of Gaza and Free USS Liberty would undoubtedly raise more problems than their first expedition. Although diminished, the blockade of Gaza is still real.

N.J.O.

 

 

Press review, August 11 to 15, 2008

While Palestinians are mourning for the champion of their national cause, the poet Mahmoud Darwish, the current Middle East is marked by another important fact: the establishment of diplomatic relations between Lebanon and Syria.

First, Le Figaro offers a retrospective of what was the relationship between the two countries since the end of the French mandate on the country of the Cedar in 1943. Since, Syria had never accepted the independence of Lebanon and had therefore pursued a policy of “colonization” caressing the dream to one day bring together the « Greater Syria » encompassing the Lebanese territory. The assassination of Rafik Hariri in 2005 marked the beginning of particularly contentious relations between the two countries. The Syrian forces present in Lebanon withdrew, Lebanese politicians divided themselves into two groups, pro and anti-Syrian. It is only recently that the two sides agreed on the appointment of Michel Sleimane at the Presidency. The latter had already met with his Syrian counterpart on the sidelines of the launch of the Union for the Mediterranean in July in Paris and announced then the resumption of diplomatic relations between the two countries. They concretely realized their announcement yesterday by announcing the opening of respective embassies.

Pushed by the anti-Syrian group in the Lebanese Parliament, the diplomatic rapprochement intended to make Lebanon equal to Syria explains the Herald Tribune. Having always refused to exchange ambassadors, Syria maintained Lebanon in a position of subordination. Nevertheless, the anti-Syrian Lebanese have had to make concessions by agreeing among other Hezbollah within the Government of National Unity formed last month; this measure has been imposed by the Syrian President as a condition for rapprochement.

Stressing that this is the first visit by a Lebanese President in Syria since the withdrawal of Syrian forces from Lebanon, Le Monde tempers the new building in Damascus careful not to fall through in the past. The French daily also mentions the doubts expressed in the Lebanese newspaper An-Nahar on the Syrian goodwill.

L’Orient le Jour gives a positive assessment yet of this bilateral announcement. The Lebanese daily put first emphasis on the fact that Michel Sleimane has reached Syria by air and not through the land way, and differs in that from its predecessors at the time of Lebanon as trust territory. L’Orient le Jour then gives a list of concrete actions that must follow this theoretical rapprochement reporting equal relations between the two countries, a clear delineation of borders and a treatment of touchy issues as that of Lebanese prisoners imprisoned in Syria. And it seems that the program is followed since the Jerusalem Postreported that Michel Sleimane and Bashar Al-Assad had agreed on Thursday on the principle of fixing the Lebanese-Syrian border.

But as for putting a damper on this beautiful enthusiasm, a deadly attack took place against a bus in Tripoli in northern Lebanon along which some 15 peoples murdered and 50 wounded.

 

 

revue de presse – semaine 11 au 15 août 2008

Pendant que les Palestiniens pleurent le chantre de leur cause nationale, le poète Mahmoud Darwish, l’actualité moyen-orientale est marquée par un autre fait important : l’établissement de relations diplomatiques entre le Liban et la Syrie.

Tout d’abord, le Figaro nous offre une rétrospective de ce qu’ont été les relations entre les deux pays depuis la fin du mandat français sur le pays du Cèdre en 1943. La Syrie n’avait depuis jamais accepté que le Liban s’indépendantise et a donc mené une politique de tutelle caressant le rêve d’un jour constituer la « Grande Syrie » englobant le territoire libanais. L’assassinat de Rafik Hariri en 2005 marque le début de relations particulièrement houleuses entre les deux pays. Les forces syriennes présentes au Liban se retirent, les politiciens libanais se regroupent en deux groupes, pro et anti-syriens. Ce n’est que récemment que les deux camps sont tombés d’accord sur la nomination de Michel Sleimane à la Présidence. Ce dernier avait déjà rencontré son homologue syrien en marge du lancement de l’Union pour la Méditerranée en juillet à Paris et avait annoncé la reprise des relations diplomatiques entre les deux pays. Ils ont concrétisé hier leur annonce par l’ouverture d’ambassades respectives.

Poussé par la branche anti-syrienne du Parlement libanais, le rapprochement diplomatique entre les deux pays a pour but de les mettre à pieds d’égalité nous explique le Herald Tribune. Ayant toujours refusé l’échange d’ambassadeurs, la Syrie maintenait en effet le Liban dans une position de subordination. Néanmoins, les Libanais anti-syriens ont dû faire des concessions en acceptant entre autre le Hezbollah au sein du gouvernement d’Union Nationale formé le mois passé, cette mesure ayant été imposée par le Président syrien comme condition du rapprochement.

Soulignant qu’il s’agit de la première visite d’un Président libanais en Syrie depuis le retrait des forces syriennes du Liban, Le Monde tempère la nouvelle en mettant Damas en garde de ne pas retomber dans les travers du passé. Le quotidien français mentionne également les doutes exprimés dans le journal libanais An-Nahar sur la bonne volonté syrienne.

L’Orient le Jour dresse pourtant un bilan positif de cette l’annonce bilatérale. Le quotidien libanais met d’abord l’accent sur le fait que Michel Sleimane est arrivé par l’aéroport et non pas voie de terre, et se distingue en cela de ses prédécesseurs de l’époque de la tutelle.L’Orient le Jour dresse ensuite une liste des mesures concrètes qui doivent suivre ce rapprochement théorique : établissement de rapports égaux entre les deux pays, un tracé clair des frontières ainsi qu’un traitement des dossiers épineux comme celui des prisonniers libanais enfermés en Syrie. Et il semble que le programme soit suivi puisque le Jerusalem Post rapporte que Michel Sleimane et Bachar Al-Assad se sont accordés ce jeudi sur le principe de la fixation de la frontière libano-syrienne.

Mais comme pour mettre un bémol sur ce bel enthousiasme, un attentat meurtrier a eu contre un bus lieu à Tripoli, dans le Nord du Liban parallèlement faisant quelques 15 morts et 50 blessés.

 

 

The good news aren’t frequent on the Middle Eastern scene, but this week the diplomatic rapprochement between Lebanon and Syria can be considered as such.

This is just the beginning, the road is still long and undoubtedly fraught with pitfalls before actually normalized relations to be established between the two countries, but the hope is there and the Middle East seems to have already disposed of a node. A relationship of equals between the two countries will in effect nullify the bipartition of the Lebanese political society between supporters of the Syrian stranglehold on Lebanon and those who rejected it. The hope is reborn to see the country of the Cedar rebuilding its national unity and to see Lebanese’s resolve differences through dialogue and not by force of arms.

But as said earlier this calm will not be achieved tomorrow. Yesterday yet a bomb made 15 dead and 30 wounded in the city of Tripoli in northern Lebanon. One concern appears however over the type of attack: it is indeed rare for the civilian population to be targeted in Lebanon. The perpetrators of this attack have not yet been identified, but it is probably people who have a vested interest in perpetuating instability in the country of Lebanon.

A challenge has therefore been thrown out today to the Lebanese population: believe in peace and stability despite and against those who endanger it. To the international community to encourage the today’s camp, neither pro nor anti-Syrian, but that of peace and prosperity of Lebanon.

N.J.O.

 

 

Les bonnes nouvelles n’affluent pas sur la scène moyen-orientale mais cette semaine, le rapprochement diplomatique entre le Liban et la Syrie peut être considéré comme  tel.

Ce n’est qu’un début, la route est certes encore longue et sans aucun doute semée d’embûches avant que des relations réellement normalisées soient établies entre les deux pays, mais l’espoir est là et le Moyen-Orient semble déjà se défaire d’un nœud. Une relation d’égal à égal entre les deux pays va en effet réduire à néant la bipartition de la société politique libanaise entre partisans de la mainmise syrienne sur le Liban et ceux qui la rejetaient. L’espoir renait dès lors de revoir le pays du Cèdre se reconstruire dans l’unité nationale et de voir les divergences s’y régler par le dialogue et non par les armes.

Mais comme dit précédemment cette quiétude ne sera pas atteinte dès demain. Hier encore une bombe faisait 15 morts et 30 blessés dans la ville de Tripoli au Nord du Liban. Une inquiétude point néanmoins par rapport au type d’attentat : il est en effet rare que la population civile soit ainsi visée au Liban. Les auteurs de cet attentat n’ont pas encore été identifiés, mais il s’agit vraisemblablement de personnes qui ont un intérêt à voir l’instabilité se perpétuer au pays du Cèdre.

Un défi est donc aujourd’hui lancé à la population libanaise : croire en la paix et la stabilité malgré et contre ceux qui la mettent en péril. A la communauté internationale d’encourager aujourd’hui le camp, non plus pro ou anti-syrien, mais celui de la paix et de la prospérité du Liban.

 

N.J.O.

 

 

Le Président mauritanien Sidi Ould Cheikh Abdallahi a été déposé mercredi par un coup d’état militaire. Le général Mohammed Ould Abdel Aziz, responsable du soulèvement, et trois autres membres de la garde présidentielle avaient été démis de leur fonction le matin même. Le Président les soupçonnait de mener une fronde parlementaire qui avait eu pour conséquence la sécession lundi d’une cinquantaine des parlementaires de son parti, le Pacte national pour la Démocratie et le Développement (PNDD). Quelques heures à peine après leur licenciement, les militaires sont revenus pour déposer le Président et son Premier Ministre, Yahia Ould Ahmed Waghf, tous deux encore enfermés aujourd’hui.

La communauté internationale toute entière a condamné ce putsch déplorant un retour aux pratiques passées. En mars 2007, le monde entier félicitait pourtant la Mauritanie pour ses premières élections présidentielles démocratiques. Un an et demi après seulement, les militaires, tout comme une partie de la population reprochaient à Sidi Ould Cheikh Abdallahi sa gestion de la crise de la faim, ainsi que du contrôle de la menace islamiste pesant sur le pays depuis janvier passé. N’ayant pu apaiser les insatisfactions, la démocratie mauritanienne a déjà montré ses limites.

La junte militaire a déclaré vouloir rétablir au plus vite les institutions démocratiques en promettant la tenue « d’élections libres et transparentes ». Situation paradoxale puisque les putschistes ont effacé en quelques heures les espoirs démocratiques d’une majorité de la population mauritanienne. Cette dernière se trouve aujourd’hui divisée entre pro-putschistes et partisans du retour présidentiel. Les militaires ont par ailleurs empêché la tenue d’une manifestation organisée par les partisans d’Abdallahi – c’est-à-dire la gauche, les islamistes et ses partisans restés fidèles. La situation semble par conséquent bien loin d’être réglée de manière « démocratique ».

Suite à cette actualité, il semble difficile à croire que l’intérêt général remplace un jour les intérêts particuliers et tribaux. Cet échec de la démocratie en Mauritanie pose la question de la pertinence du modèle démocratique européen et de son adaptation à des pays à racines tribales. Sur ce sujet, des réflexions s’imposent.

N.J.O.

 

 

Mauritanian President Sidi Ould Sheikh Abdallahi was overthrown Wednesday by a military coup. The General Mohamed Ould Abdel Aziz, head of the uprising, and three other members of the presidential guard had been dismissed that morning. The President suspected them to lead the parliamentary rebellion which had resulted Monday in the secession of fifty parliamentarians from his party, the National Pact for Democracy and Development (NPDD). Few hours after their dismissal, the soldiers came back to remove the President and his Prime Minister, Ahmed Ould Yahia Waghf, both still shut up today.

The entire international community has condemned the putsch deploring a return to past practices. However in March 2007, the world had welcomed the first democratic presidential elections in Mauritania. Only a year and a half later, the military, as a part of the population blamed Sidi Ould Sheikh Abdallahi for his handling of the hunger crisis and for the control of the Islamist threat weighing on the country since past January. Unable to allay the dissatisfaction, the Mauritanian democracy had already shown its limits.

The military junta said they would soon restore democratic institutions and promised the holding of « free and transparent elections ». Paradoxical situation since the coup had erased a few hours before the democratic hopes of a majority of the Mauritanian population. The latter is now divided between pro-putschists and supporters of presidential return. The soldiers also prevented the holding of a demonstration organized by supporters of Abdallahi – ie the Left, the Islamists and his supporters remained faithful. The situation is thus far from being solved through « democratic » means.

Following these news, it seems hard to believe that the general interest will someday replace particular and tribal interests. This failure of democracy in Mauritania raises the question of the relevance of the European democratic model and its adaptation to countries with tribal roots. On this subject, reflections are needed.

N.J.O