Le troisième Midi de la Méditerranée a eu pour invité Hugues Mingarelli, Directeur Général Adjoint, DG Relex, Commission Européenne.
Souligné à deux reprises dans la Déclaration de Paris du 13 juillet dernier sur l’Union pour la Méditerranée, le rôle de la société civile est appelé à s’accroître.

Hugues Mingarelli a abordé les nouveautés apportées par l’UPM pour la société civile ainsi que les défis et difficultés à relever pour améliorer le dialogue entre des institutions européennes ou Euromed parfois trop hermétiques et une société civile hétérogène et souvent peu organisée.

Voir notes.

 

LES MIDIS DE LA MEDITERRANEE  (3)

Analyse du sommet du 13 juillet :Processus de Barcelone, Union pour la Méditerranée et Dialogue Sud-Nord sur la Méditerranée

Par

Hugues Mingarelli

Directeur général adjoint à la Direction générale des relations extérieures de la Commission européenne

Vendredi 30 septembre 2008 de 12h30 à 14h

au Mouvement Europeéen Belgique
63 avenue d’Auderghem, 1040 Bruxelles

Compte-rendu : Nathalie Janne d’Othée

Introduction par Charles Kleinermann

Hugues Mingarelli est Directeur général adjoint à la Direction générale des relations extérieures de la Commission européenne. A ce titre il vient aujourd’hui nous parler de l’Union pour la Méditerranée du point de vue de la Commission et abordera de manière plus spécifique le rôle de la société civile dans ce nouveau processus lancé le 13 juillet dernier à Paris.

Charles-Ferdinand Nothomb parlera ensuite du point de vue du Mouvement Européen dans la région Méditerranéenne et du Dialogue Nord-Sud Méditerranée initié il y a 4 ans avec des partenaires du Sud Méditerranéen.

Il s’agit aujourd’hui de la troisième occurrence des Midis de la Méditerranée, des conférences-débats organisés conjointement par le Mouvement Européen Belgique et l’Institut MEDEA. Le prochain rendez-vous est pris le 17 octobre prochain et l’invitée sera Madame Wassyla Tamzali qui viendra nous présenter son livre « Une éducation algérienne, de la Révolution à la décennie noire ».

 

Analyse du sommet du 13 juillet : Processus de Barcelone, Union pour la Méditerranée et Dialogue Sud-Nord sur la Méditerranée

par Hugues Mingarelli

Lorsqu’on est bureaucrate, on évidemment beaucoup à apprendre de la société civile. C’est elle qui indiquera les points forts et les points faibles des politiques mises en place. Le Sommet de Paris a été un point de départ et un nouvel influx pour l’Euromed après les échecs relatifs de Barcelone. Aujourd’hui il ne s’agit pas de faire table rase du passé, mais de bâtir sur les acquis de Barcelone. Avec Barcelone, on n’a pas été à la hauteur des enjeux. Le fossé existant entre les deux rives ne s’est en rien amoindri, il s’est même agrandi. On doit donc remédier à ces différences, à cette distance qui s’est installée entre les deux rives.

Les objectifs généraux restent les mêmes que ceux du Processus de Barcelone, c’est-à-dire :

  • Définition d’une aire commune de paix et de stabilité grâce au renforcement du dialogue politique et de sécurité
  • Construction d’une zone de prospérité partagée grâce à un partenariat économique et financier et l’établissement d’une zone de libre-échange
  • Rapprochement des peuples grâce au partenariat social, culturel et humain, destiné à encourager la compréhension des cultures et les échanges entre sociétés civiles.

Quelles sont donc les nouveautés apportées par l’Union pour la Méditerranée ?

  • Favoriser l’appropriation du processus Euromed par les pays du Sud. Pour atteindre cet objectif, l’Union pour la Méditerranée a imaginé la co-présidence, assurée aujourd’hui par la France au Nord et par l’Egypte. La France a été choisie parce qu’elle assure jusque fin décembre 2008, la présidence de l’Union Européenne, quant à l’Egypte, elle a été choisie par consensus par les partenaires du Sud pour une période de deux ans. Outre la co-présidence, un sommet euro-méditerranéen sera organisé tous les deux ans. Il y a eu le premier sommet à Paris le 13 juillet, le prochain devrait donc se dérouler dans un pays de la rive Sud durant l’été 2010.
  • Mettre l’accent sur des projets concrets pour que le processus soit plus visible et tangible par les populations concernées. Un certain nombre de projets a déjà été mis en place :
    • Dépollution de la Mer Méditerranéeo Autoroutes de la Mer : décongestionner les Autoroutes de terre
    • Autoroutes de terre : améliorer le réseauo Plan solaire : profiter de la belle exposition des pays du Sud pour capter de l’énergie solaire, et l’exporter vers le Nord
    • Université Euro-méditerranéenne : elle vu le jour il y a quelques mois en Slovénieo Initiative de développement pour les PME

Les projets seront à géométrie variable, ce qui veut dire que ceux qui sont intéressés par le projet s’y investissent. En ce qui concerne le financement, les institutions européennes ne pourront pas tout financer, il faudra donc faire appel à des financements privés.

  • Des nouveaux membres ont enfin rejoints le processus Euromed : les pays des Balkans ayant une façade sur la Baltique (Bosnie, Croatie, Montenegro), et un Etat méditerranéen, Monaco.

Le rôle de la société civile avait déjà été souligné par le processus de Barcelone. La déclaration du 13 juillet à Paris a de son côté accordé une place importante à la société civile en la citant deux fois (voir extraits de la déclaration ci-dessous).

(art. 3) Les chefs d’État ou de gouvernement soulignent qu’il est important que la société civile, les autorités locales et régionales et le secteur privé participent activement à la mise en œuvre du processus de Barcelone: une Union pour la Méditerranée.

(art.32) Les participants soulignent que le processus de Barcelone: une Union pour la Méditerranée est une occasion historique de revitaliser le processus de partenariat euro-méditerranéen et de lui conférer une dimension renforcée. Le succès de cette initiative dépendra aussi, en dernière analyse, des citoyens, de la société civile et de la participation active du secteur privé.

Revenons sur les acquis de Barcelone concernant l’action de la société civile :

  • Des comités économiques et sociaux, et des groupements similaires se rassemblent régulièrement et émettent des avis et des recommandations (ex. sur l’esprit entrepreneurial des femmes). Ils sont ensuite invités à participer aux réunions Euromed à pied d’égalité avec les autres acteurs de l’Euromed. Euromed finance en outre un programme de renforcement des structures civiles au Sud de la Méditerranée.
  • Deux grands réseaux de recherche au niveau euro-méditerranéen :
    • FEMISE (Forum Euro-méditerranéen des Instituts Economiques) : réseau de centres de recherche et d’universités qui permettent à des chercheurs en Sciences Economiques d’étudier des thèmes d’intérêts communs au Nord et au Sud Méditerranéen. Ce réseau fonctionne très bien.
    • EUROMESCO : même genre de réseau mais pour les Sciences Politiques.- Fondation Anna Lindh pour le Dialogue des cultures. Elle se situe à Alexandrie en Egypte. Bien qu’ayant un peu cherché sa place au départ, la Fondation Anna Lindh est aujourd’hui dirigée par un Président et un Directeur exécutif de poids et est donc appelée jouer un rôle important dans les années à venir.
  • Réseau de sociétés civiles : il existe un forum permanent des universités méditerranéennes qui permet la rencontre et l’échange, et des plates-formes gouvernementales qui rassemblent des ONG et d’autres acteurs de la société civile de chaque pays avant chaque rassemblement des Ministres Affaires étrangères pour faire rapport aux Ministre de ce qu’ils voudraient voir figurer à l’ordre du jour de la réunion ministérielle.

La participation de la société civile est donc essentielle pour le développement de l’Union pour la Méditerranée et cela pour diverses raisons :

  • Si on veut que les pays du Sud participent, il faut associer les sociétés civiles car les Etats ne représentent pas l’entièreté des points de vues de la société, le processus démocratique étant parfois moins avancé chez les partenaires du Sud Méditerranéen.
  • Pour une question de visibilité.
  • Pour augmenter l’impact réel du processus sur la vie quotidienne des citoyens de la zone Euromed.

Quelques difficultés seront à surmonter et des défis à relever pour accroître la participation de la société civile :

  • Difficultés venant des Etats : les Etats mettent souvent des freins à la participation de la société civile, au Nord comme au Sud de la Méditerranée, bien que davantage dans certains pays du Sud Méditerranéen.
  • Difficultés venant de la société civile elle-même :
    • Problème de timing : il faut aller vite et travailler au même rythme que les instances gouvernementales. La réactivité des sociétés civiles est donc indispensable pour que leurs points de vue soit davantage pris en compte. Les débats sont effet souvent riches mais trop longs et les délais sont dès lors dépassés.
    • Problème de représentation : au Nord, et encore plus au Sud c’est parfois compliqué d’avoir une représentation organisée de la société civile.
    • Problème de multiplicité des points de vue : il est souvent difficile de créer à un consensus, un point de vue uniforme pour ne pas dire unique parmi les acteurs de la société civile.

Il faut donc associer la société civile pour relever les défis de demain et celui de la relance du Processus de Barcelone. Pour plus d’impact et de visibilité, il faut la société civile.

Questions/débat

Marine Imberechts, Centre de Culture Européenne : On a déjà demandé au Président Barroso d’être plus à l’écoute de la société civile. Les institutions européennes constituent souvent un bloc aux yeux de la société civile. Parfois elles prennent aussi la parole pour dire ce qu’on sait déjà. Pourrait-on imaginer un accès plus fluide aux institutions européennes ?

Réponse (H. Mingarelli) : Je ne le dis pas par démagogie mais vous avez raison, il faut s’ouvrir. La participation de la société est nécessaire. Quand on bâtit des projets comme l’Union pour la Méditerranée, il faut se baser sur l’avis des citoyens pour voir ce qui a été fait, ce qui fonctionne, ce qu’il ne faut pas faire. Mais cela ne se fait pas assez pour deux raisons principales. Premièrement, il y a la pression du temps. Quand un homme politique a une idée, l’exprime, il doit la mettre en œuvre très rapidement. Deuxièmement, malgré la multiplicité des instruments de communication, parfois ils sont mal utilisés. Il y a eu des efforts comme le Livre Blanc (ndlr : sur la gouvernance européenne) ou le Livre Vert (ndlr : sur l’efficacité de la Commission Européenne en matière d’énergie). La Commission prend le point de vue de la société civile, mais il est vrai qu’il n’est pas toujours facile de savoir où se faire entendre. D’un autre côté, il existe aussi une part de responsabilité de la part de la société civile de ne pas percer le « bloc » des institutions européennes. Ca fait 20 ans que je travaille à la Commission européenne est à mon sens, j’ai toujours été attentif à écouter ceux qui avaient quelque chose à dire.

Olaf Deussen (Forum Euro-Arabe) : Ayant fait le tour de la Méditerranée en voiture, j’ai pu constater que le problème des Autoroutes terrestres n’était pas leur encombrement, mais bien les frontières qui entrecoupent le réseau. Comment voyez-vous le rôle de la société civile dans ce projet ?

R (H. Mingarelli) : Quand on construit une autoroute, il est normal de consulter la population avant. On fera donc de même pour le développement du réseau autour de la Méditerranée. Dans chaque projet de l’Union pour la Méditerranée, il y a un rôle à jouer pour la société civile. Il faudra toujours écouter ce qu’elle a à dire sur le domaine concerné.

Olaf Deussen (Forum Euro-Arabe) : Question plus théorique maintenant : on parlait de processus de Barcelone, on parle aujourd’hui d’une « Union de projet ». La logique du projet est beaucoup plus précise et courte que celle du processus. Quelles conséquences croyez-vous que ça aura sur la coopération Euromed ?

R (H. Mingarelli) : On reste dans la logique de processus car partant d’une certaine situation, on ambitionne d’atteindre tel ou tel objectif, ce qui implique un processus.

Ariane Meunier : Au départ il s’agissait d’une « Union de projets », aujourd’hui il s’agit d’une union politique car on y a associé le Processus de Barcelone. Mais il y a un problème démocratique dans ce processus, un problème décisionnel en définitive. Quelles réponses sont-elles prévues aux dysfonctionnements de Barcelone ? Le deuxième problème réside dans l’adjonction des Balkans alors qu’ils sont faibles et de culture et de mode de fonctionnement différents.

R (H. Mingarelli) : Il y a un réel « plus » avec l’Union pour la Méditerranée. Les raisons pour lesquelles le processus de Barcelone a déçu sont multiples et l’UPM tente d’y répondre :

  • manque d’appropriation du processus par les pays de la rive Sud Méditerranéenne. Réponse : création d’une co-présidence, d’un secrétariat conjoint comprenant autant de représentant du Nord que du Sud. On a donc renforcé l’ « ownership ».
  • Absence d’implication politique : sommet des Chefs d’Etats tous les deux ans
  • Manque de visibilité du partenariat pour les populations : l’UPM développe des projets concrets, plus visibles et tangibles.

Et puis il y a les difficultés auxquelles aucune réponse toute faite ne peut être apportée : le problème des frontières maroco-algérienne, le conflit israélo-palestinien. En ce qui concerne les Balkans, ce sont des pays riverains de la mer Baltique (mêmes eaux qu’en Méditerranée). Il vaut mieux les inclure pour de nombreuses raisons. Entre autres, si on dépollue la mer Baltique du côté italien sans inclure les Balkans cela n’a pas de sens.

Mohammed Raja’i Barakat : Je suis satisfait de voir qu’il existe la même difficulté d’accès aux institutions au Nord qu’au Sud. Mais parlant d’appropriation, la co-présidence et le secrétariat sont-ils vraiment la réponse ? A quoi bon consulter la société civile si finalement ce sont les gouvernements qui décident en dernière instance. Parler du manque de démocratie comme frein au processus de Barcelone n’est pas relevant.

R. (H. Mingarelli) : Tout le monde a apprendre de tout le monde, mais on ne peut pas nier que certains pays sont moins ouverts au rôle de la société civile que d’autres. Il existe des différences entre la France et la Suède à ce niveau-là, tout comme il existe des différences entre certains pays du Sud et la France, par exemple. En ce qui concerne le rôle de la co-présidence, elle servira a préparer les réunions (sommets, réunions ministérielles ou entre fonctionnaires) ce qui inclut donc une codécision de l’ordre du jour, une co-préparation des projets de conclusions et un contrôle commun du follow-up. Idem pour le secrétariat, ce qui signifie tout de même une meilleure appropriation de la par des pays du Sud (bien que les coquilles des institutions peuvent parfois rester vides).

Emilie Dromzée (Réseau Euro-méditerranéen des Droits de l’Homme) : Qu’y a-t-il de prévu par l’Union pour la Méditerranée pour promouvoir la démocratie et les Droits de l’Homme ?

R (H. Mingarelli) : On en parle beaucoup bien que ce soit problématique. On revient de toute façon aux principes de Barcelone qui comprennent les Droits de l’Homme dans leurs objectifs. Mais il y a débat : le Nord peut-il donner des leçons au Sud ? Il faut parfois faire abstraction de certains défauts pour avancer au Sud, certains pays sont moins avancés dans leur processus démocratique.

Marine Imberechts, Centre de Culture Européenne : De par ma propre expérience, je peux dire que les personnes qui travaillent à la Commission sont très ouvertes, mais ces personnes sont alors souvent mutées dans un autre service et il faut alors se réadapter, réapprendre à connaître quelqu’un de nouveau qui lui-même de connait rien du dossier. Quelle est l’explication de cette mouvance difficile à gérer ? Il est vrai qu’une Agence de communication a été mise en place pour ouvrir les institutions à la société civile, mais ne sont-ils pas écrasé par la tâche ?

R (H. Mingarelli) : Je suis tout à fait d’accord avec vous. J’ai toujours été davantage pour une professionnalisation des fonctionnaires européens. Mais le mot d’ordre à la Commission c’est la mobilité. Elle est considérée comme un atout, malheureusement.

Action du Mouvement Européen dans la région

par Charles-Ferdinand Nothomb

Il y a des conflits qui sortent de notre capacité de résolution et en même temps le Mouvement Européen a un très bon dialogue avec les pays du Sud Méditerranéen, les acceptant non comme elle voudrait qu’ils soient mais comme ils sont. Mais d’autre part, le Miuvement Européen est mal placé pour voir ce qui se passe à Ljubljana ou à Talin.

Le Mouvement Européen a constaté :

L’ « ownership » vis-à-vis du partenariat n’existe pas au Sud.

  • L’adaptation successive à divers plans européens et américains est difficile.
  • Le conflit israélo-palestinien ressort à chaque réunion Euromed et bloque les discussions.
  • La société civile n’est pas toujours facile à atteindre au Sud

Le Mouvement Européen a 60 ans. Il s’agit d’un mouvement politique et global, pas strictement européen puisqu’il existe 46 conseils nationaux et certains au-delà des frontières de l’Union Européenne. Ce qui évidemment le rend très peu flexible mais également riche. Son avantage : il est libre et pluraliste. Il comprend donc des membres de la majorité et de l’opposition de chaque Parlement nationaux.

Le Mouvement Européen propose :

1) Travailler uniquement avec le Sud Méditerranéen. Pour bâtir sur le long terme, bâtissons avec le Sud, mais pas avec l’Est de la Méditerranée. Nous évitons ainsi le conflit israélo-palestinien qui bloque souvent la coopération. Cela donne un avantage sur les fonctionnaires européens qui ont eux un mandat sur l’ensemble du pourtour méditerranéen, ce qui entrave parfois leur action.

2) Parler avec les représentants de la société civile du Sud, au Sud, pas avec ses représentants présents à Bruxelles ou à Paris, et qui ont bien souvent perdu le sens des réalités de leur pays. Autre chose : nous cherchons le contact dans la majorité et l’opposition.

Le Mouvement Européen a ainsi cherché des partenaires. Une première réunion a été organisée à Malte en 2004 avec les partenaires qui ont bien voulu venir. Une difficulté s’est néanmoins posée pour trouver des partenaires provenant de la société civile au Sud, et cela sans passer par la Ligue Arabe ou par les Etats. Deux partenaires de la société civile étaient présents à Malte : la Bibliothèque d’Alexandrie et l’Association des femmes chefs d’entreprise. Ces dernières nous ont ensuite invités à Alger pour une conférence qu’on a organisée en 2006. 400 partenaires étaient présents : 200 du Sud, 200 du Nord et de nombreux thèmes ont été abordés. Depuis 3 ans maintenant, les choses se mettent petit à petit en place et l’année prochaine, en 2009, aura lieu un troisième rassemblement, à Valence, et qui sera centré sur les thèmes de l’éducation et des migrations.

Questions/débat (suite)

Adi Shebli, Délégation Générale de Palestine auprès de l’UE, de la Belgique et du Luxembourg : Comment ne pas réagir à votre première proposition, à savoir de bâtir une union en excluant la zone du Mashreq. Vous fermez les yeux sur le conflit et pensez qu’il ne vous rattrapera pas. Tout le pourtour méditerranée, même le Sud, est concerné par ce qui se passe en Palestine. De plus de nombreuses stratégies ont déjà été envisagées pour bâtir un partenariat et la vôtre n’a jamais été retenue. Ces stratégies sont les suivantes :

1) Quand il y a un conflit, il n’y a pas de partenariat possible. Il faut donc résoudre ce conflit avant de bâtir quoi que ce soit.

2) On peut deuxièmement faire des projets politique et économique outre le conflit. On a essayé cette option avec Barcelone, cela n’a pas fonctionné. En effet, que faire lorsqu’un des pays partenaires en occupe un autre ? La France a quant à elle attendu la fin de la guerre pour bâtir un partenariat avec l’Allemagne.

3) On peut enfin éviter la zone de conflit, mais cette option fâchera de nombreux partenaires outre la Palestine, le premier étant Israël. Le Vice-Premier Ministre belge, Didier Reynders avait proposé un partenariat du Maric à l’Egypte. Cette idée a vite été mise de côté et oubliée. La meilleure solution est donc de s’atteler à résoudre le conflit et après 60 ans, de faire preuve d’un peu de courage politique.

Mohammed-Lamine Habchi, Ambassade d’Algérie à Bruxelles : D’un point de vue politique, il est dans l’intérêts de tous de participer au partenariat, au processus Euromed. Cet objectif était déjà présent avant Barcelone. Quand on évoque les blocages au processus, il est néanmoins erroné de mettre le différence entre l’Algérie et le Maroc sur le même pied que le conflit israélo-palestinien. D’un point de vue économique, Barcelone a apporté beaucoup de progrès, couronnés de succès notamment en matière de coopération régionale. L’Algérie, le Maroc et la Tunisie ont des projets régionaux communs en matière énergétique et de réseaux. On sent en outre déjà les effets des nouvelles institutions communes mises en place en juillet à Paris. Ma question à Monsieur Mingarelli est donc la suivante : qu’en est-il du mandat et de l’emplacement du futur secrétariat conjoint ?

R (H. MIngarelli) : On n’a jamais mis le conflit israélo-palestinien sur le même pied que le différend entre l’Algérie et le Maroc. Il y a un grand nombre de raisons d’échec qui nous incombent. Mais il y a aussi une responsabilité du Sud, comme pour l’échec de la Zone de Libre-Echange (ZLE) par manque d’intégration et d’ouverture économique de la part du Sud. C’est vrai qu’il existe une coopération régionale, mais elle n’est pas à la hauteur de ce qu’elle devrait être. En ce qui concerne le Secretariat conjoint, il sera constitué d’experts du Nord comme du Sud à nombre égal et ils s’occuperont des 6 projets déjà en court. Tunis a fait acte de candidature pour recevoir le siège du Secrétariat, ainsi que Barcelone : il faudra un accord consensuel. Quant à la co-Présidence, elle est prévue au Sud pour deux ans, tandis que le changement pose plus de questions au Nord où la France veut rester impliquée malgré la fin de son mandat à la tête de l’Union Européenne. Et en ce qui concerne le financement, s’il n’est pas communautaire, il faudra le trouver dans le secteur privé, voire dans des investissements venant du Golfe Persique.

Représentant de l’association des ingénieurs : Y a-t-il un projet de training des ingénieurs du Sud pour attirer les investisseurs ? Il y en effet Europe un manque d’ingénieurs et il serait donc difficile de les envoyer au Sud pour former des ingénieurs.

R (H. Mingarelli) : Il faut en effet favoriser la création d’emploi et l’amélioration de la formation au Sud comme au Nord.

Ariane Meunier : Qu’en est-il du critère environnemental ? Restera-t-il de mise pour les futurs projets de l’UPM ?

R (H. Mingarelli) : Il restera bien évidemment comme conditionnement du financement, mais uniquement évidemment s’il s’agit de financement communautaire. En dehors, ce n’est plus de nos compétences.

 

LES MIDIS DE LA MÉDITERRANÉE SONT ORGANISÉS CONJOINTEMENT PAR L’INSTITUT MEDEA ET LE MOUVEMENT EUROPÉEN BELGIQUE.

INSTITUT MEDEA

Contact : Nathalie Janne d’Othée

Tel : +32 2 231 13 00

Email : Medea@medea.be

Site web : www.medea.be

 

MOUVEMENT EUROPEEN-BELGIQUE

Contacts: Laetitia de Fauconval et Lin Vanwayenbergh

Tel +32 2 231 06 22

Email : info@mouvement-europeen.be

Site web :www.mouvement-europeen.be / www.europese-beweging.be

 

 

The third Midi de la Méditerranée welcomed Hugues Mingarelli, Deputy Director General, DG Relex, European Commission.Underlined twice in the Declaration of Paris of 13 July on the Union for the Mediterranean, the role of civil society will increase.

Hugues Mingarelli discussed the novelties introduced by the UPM for civil society and the challenges and difficulties to face to improve the dialogue between European or Euromed institutions sometimes too tight and a civil society often heterogeneous and poorly organized.

See notes.

 

Un pacifiste attaqué pour ses idées de compromis avec les Palestiniens, un raid en force sur un village palestinien en réaction à une agression… le niveau de violence venant de l’extrême droite israélienne augmente de plus en plus. Opposés dans un premier temps qu’aux Palestiniens, dans un second aux Forces de Défenses israéliennes, c’est désormais au camp de la non-violence et de la paix que s’attaquent les colons et leurs supporters ultra-orthodoxes et ultra-nationalistes.

En 1995, c’est une logique similaire qui avait abouti à l’attentat du Premier Ministre Yithzak Rabin. Et pourtant, malgré le choc qu’avait causé cet assassinat et malgré l’estime que la plupart des Israéliens portent encore à Rabin, les ultra-orthodoxes continuent à agir impunément.

Il est intéressant d’analyser le poids de ces petites formations sur la vie politique israélienne. Pour obtenir la majorité, les grands partis doivent s’allier à ces petits partis ultra-orthodoxes qui petit à petit parviennent à ancrer la religion dans la société israélienne. Et à côté de ces petites réformes, ils parviennent également à protéger leurs colonies installées en Cisjordanie. Voilà pourquoi la réalité se dessine loin des promesses d’Israël de geler les colonies, voire de les démanteler, et en grande partie pourquoi le processus de paix est bloqué.

La relation d’Israël à ces formations ultra-orthodoxes dont sont issus les colons les plus récalcitrants est comparable à celles de parents laxistes face à des enfants arrogants et capricieux. Ainsi, bien que jouissant d’un régime spécial, les ultra-orthodoxe ne sont même pas reconnaissants envers l’Etat et accusent ce dernier de protéger les Palestiniens, et d’abandonner Eretz Israël (le « Grand Israël »).

Des réactions indignées issues de l’ensemble de la société ont suivi l’attentat perpétré contre l’historien Zeev Sternhell et les menaces de mort lancées contre le mouvement La Paix Maintenant. La société israélienne se décide-t-elle enfin à éduquer ces enfants récalcitrants ?

L’ennemi de la paix n’est pas toujours à chercher dans le camp de l’adversaire. La violence n’a jamais rien résolu, même l’esprit le plus froid pourrait faire ce calcul. Le dialogue, le compromis, la négociation sont les seules issues possibles du conflit israélo-palestinien.

 

N.J.O.

 

 

A pacifist attacked for his ideas of compromise with the Palestinians, a force raid on a Palestinian village in response to an aggression … the level of violence from the extreme Israeli right is increasing more and more. Opposites in a first time only to the Palestinians, in a second time to Israeli Defense Forces, the settlers and their ultra-orthodox and ultra-nationalists supporters are now attacking the camp of non-violence and peace.

In 1995, a similar logic led to the attack on Prime Minister Yithzak Rabin. And yet, despite the shock caused by the killing and despite the high esteem in which most Israelis still hold Rabin, the ultra-Orthodox continue to act with impunity.

It is interesting to analyze the weight of these small groups on Israeli politics. To obtain a majority, the big parties have to get allied with these small ultra-Orthodox parties which manage to anchor the religion more deeply in Israeli society. And apart from these minor reforms, they’re also managing to protect the settlements in the West Bank. That is why reality is taking shape far from the promises from Israel to freeze settlements or even to dismantle them, and largely why the peace process is blocked.

The relationship of Israel with these ultra-Orthodox formations from which the most recalcitrant settlers are coming from is similar with the relation of lax parents with their arrogant and capricious children. Thus, while enjoying a special status, ultra-Orthodox are not even grateful to the state and accuse it to protect the Palestinians, and to abandon Eretz Israel (the « Greater Israel »).

Indignant reactions came from the society following the attack against the historian Zeev Sternhell and death threats launched against the movement Peace Now. Does Israeli society finally decide to educate these recalcitrant children?

The enemy of peace is not always to be found in the camp of the opponent. Violence has never solved anything, even the coldest mind could make this calculation. Only dialogue, compromise and negotiation will make the outcome of the Israeli-Palestinian conflict possible.

N.J.O.

 

 

 

Revue de presse – semaine du 22 au 26 septembre 2008

Le Monde du 25 septembre commence ainsi son article relatif au faits : « L’historien israélien Zeev Sternhell, professeur de sciences politiques à l’université hébraïque de Jérusalem, connu pour sa vive opposition à la construction de colonies en Cisjordanie, a été légèrement blessé, jeudi 25 septembre, par un engin explosif devant chez lui. La police a dit soupçonner les milieux ultranationalistes israéliens d’être responsables de l’agression. Selon Radio Israël, des tracts ont été retrouvés sur les lieux, proposant une récompense d’un million de shekels (200 136 euros) à quiconque tuera un membre de l’organisation pacifiste israélienne La Paix maintenant, qui s’oppose à la colonisation par des juifs des territoires conquis au cours de la guerre des Six-Jours, en 1967 ».

Zeev Sternhell est connu pour ses prises de positions sans détours contre les colonies. Interviewé en mars passé par Haaretz, il a déclaré que les colons mettaient en danger le sionisme en le transformant en mouvement colonial. Selon lui, si l’Etat n’évacue pas les territoires au-delà de la Ligne Verte, Israël se trouvera bientôt dans l’impasse : « Un Etat colonial provoquera un soulèvement sanglant des Palestiniens et un Etat binational entrainera au final un bain de sang », affirmait Zeev Sternhell dans un entretien au quotidien Haaretz.

La nouvelle de l’attentat a choqué la classe politique israélienne qui a directement émis de vives critiques à l’encontre des auteurs de cet acte. La télévision francophone TV5 rapporte ainsi des déclarations condamnant cet acte de la part de tous les bords politiques: Shimon Peres, Ehoud Olmert, Benjamin Netanyahou et Tzipi Livni.

Le Mouvement La Paix maintenant a par ailleurs déclaré les autorités israéliennes responsables de l’attentat car ces dernières ne font rien pour arrêter les colonies, nous rapporte le Jerusalem Post.

Reprise par la presse israélienne, l’affaire n’a pas été beaucoup couverte par la presse internationale si ce n’est par quelques organes de presse français ou espagnols. El Païs y consacre un long article expliquant non seulement les faits et le passé de Sternhell, mais mettant aussi en parallèle ce fait avec d’autres événements violents dans lesquels des colons ultra-orthodoxes ont été impliqués.

Le quotidien espagnol revient ainsi sur ce qui s’est passé le 13 septembre dernier dans la colonie de Yithzar, non loin de Naplouse. Un Palestinien était entré dans la colonie à l’heure de la prière, le jour de Shabbat, et avait poignardé un garçon de neuf ans sans mettre ses jours en danger, avant de s’enfuir vers le village voisin de Asira al Qibliyah. Des dizaines de colons sont alors descendus sur ce village, tirant en l’air, brisant des vitres et renversant des voitures.

Le Jerusalem Post rapporta les commentaires du maire de la ville, Hosni Sharaf, qui explique que le raid des colons a duré trois heures et que six Palestiniens ont été blessés. Selon leurs dires, les forces israéliennes n’avaient pas assez d’effectifs pour empêcher l’action des colons, la plupart des hommes étant à la poursuite de l’agresseur palestinien.

Sorti de l’hôpital ou il était soigné pour de blessures légères, Zeev Sternhell s’est aujourd’hui exprimé devant la presse en disant qu’il ne cesserait pas son combat contre la colonisation. Il a déclaré ne pas blâmer les colons rapporte le Yediot Aharonot. L’enquête se poursuit pour trouver les responsables de l’attentat.

 

 

Press review – week from September 22th to 26th, 2008

 

Le Monde, Sept. 25 begins its article on the facts as such: « The Israeli historian Zeev Sternhell, a professor of political science at Hebrew University in Jerusalem, known for his strong opposition to the construction of settlements in the West Bank, was slightly injured, Thursday 25 September by an explosive device outside his house. The police said they were suspecting the Israeli ultranationalist circles of being responsible for the attack. According to Israel Radio, leaflets were found at the scene, offering a reward of one million shekels (200 136 euros) to anyone who kills a member of the Israeli peace organization Peace Now, which opposes the Jewish settlement in the territories conquered during the Six Days war in 1967”.

Zeev Sternhell is known for his positions unequivocally against the colonies. Interviewed in March 2008 by Haaretz, he said that the settlers put in danger Zionism and convert it into a colonial movement. He said that if the State doesn’t evacuate the territories beyond the Green Line, Israel will soon be at an impasse: « A colonial state will cause a bloody Palestinian uprising and a binational state will lead to final bath blood, « said Zeev Sternhell in an interview with the Israeli daily Haaretz.

The news of the attack has shocked the Israeli political class that has directly expressed strong criticism against the perpetrators of this act. The francophone TV5 television reports the statements condemning this act from all the political spectrum: Shimon Peres, Ehud Olmert, Benjamin Netanyahu and Tzipi Livni.

However Peace Now has declared the Israeli authorities responsible for the attack because they do nothing to stop the settlements, said the Jerusalem Post.

Reported by the Israeli press, the case has not been much covered by the international press except by some French or Spanish dailies. El País devoted a long article explaining not only the facts and past Sternhell, but also put this fact in parallel with other violent events in which ultra-Orthodox settlers were involved.

The Spanish daily returns on what happened on September 13 in the last Yithzar settlement, near Nablus. A Palestinian entered the settlement at the hour of prayer on the day of Shabbat, and stabbed a boy of nine years – without putting his life in danger, before fleeing to the nearby village of Asira al Qibliyah. Dozens of settlers descended on the village, shooting in the air, breaking windows and overturning cars.

The Jerusalem Post reported comments from the mayor of the city, Hosni Sharaf, who explained that the settler’s raid lasted three hours and that six Palestinians were wounded. According to their statements, Israeli forces did not had enough manpower to prevent the settlers, most men were then in pursuit of the Palestinian assailant.

Discharged from hospital where he was treated for minor injuries, Zeev Sternhell has now expressed himself in front of the press by saying that he will not cease his struggle against settlements. He said however not to blame the settlers, reported Yediot Aharonot. The investigation continues to find those responsible for the attack.

 

 

And what had to happen, happened: here comes Tzipi Livni at the head of Kadima, and perhaps soon at the head of the State of Israel. The one that from a long time was calling for the resignation of Ehud Olmert has managed to succeed despite having been neck and neck with her competitor, Shaul Mofaz.

Good thing, bad thing? The international press likes to be optimistic unlike the skepticism of the Israeli press. Actually the election of former Foreign Minister seems to provide no solution to the situation of political crisis in Israel. Shall Tzipi Livni really call into question a policy she contributed to put in place? Few are convinced and many see early elections as the only solution.

The government crisis in Israel illustrates well the fragility of its electoral system. Upholding a perfect proportionality, it created an extremely fragmented political landscape in the Jewish state. Forced to rely on heterogeneous coalitions, the government finds itself bound and gagged. So it is rare to see an Israeli government managing to last till the end of its term.

Democracy versus stability, which one do we have to privilege? On the one hand, the interest of Israel is a democracy as representative as possible. Sixty years after its creation, the Jewish state is still working to integrate all its citizens and thus ensures that everyone can participate and be politically represented. On the other hand, greater stability on both sides, Israeli and Palestinian, is essential to make the peace process going further.

It is not possible to wait until the end of the Jewish immigration to Israel and their complete assimilation in the Israeli society to achieve an Israeli-Palestinian agreement. It’s today that the peace process is requiring a government committed to peace, and in the long term.

The current political configuration doesn’t presage something good. On the one hand if Livni recreates a government with the previous three-party coalition, the government is likely to suffer the same instability. On the other hand, if the Likud comes to power, the basis of negotiations will change and have strong chance of being rejected by the Palestinian side.

The coming months will undoubtedly lay the foundations of a new political context in the Middle East: a new government in Israel, presidential elections in the United States and in a future a little more distant, change of leadership in the Palestinian Authority. Let us just hope that all these new actors will tend towards a single goal: peace.

N.J.O.

 

 

Ce que devait arriver, arriva : voici donc Tzipi Livni à la tête de Kadima, et peut-être bientôt à la tête de l’Etat d’Israël. Celle qui depuis longtemps réclamait la démission d’Ehud Olmertest parvenue à lui succéder malgré un coude à coude très serré avec son concurrent, Shaul Mofaz.

Bonne chose, mauvaise chose ? La presse internationale aime se montrer optimiste contrairement à une presse israélienne des plus sceptiques. En effet l’élection de l’ancienne Ministre des Affaires Etrangères ne semble apporter aucune solution à la situation de crise politique en Israël. Pourrait-elle en effet réellement remettre en question une politique qu’elle a elle-même contribué à mettre en place ? Peu en sont convaincus et beaucoup voient dans des élections anticipées la seule solution envisageable.

La crise gouvernementale en Israël illustre bien la fragilité de son système électoral. Respectant une parfaite proportionnalité, il crée dans l’Etat juif un paysage politique extrêmement morcelé. Obligé de s’appuyer sur des coalitions des plus hétérogènes, le gouvernement se retrouve vite pieds et poings liés. Ainsi il est rare de voir un gouvernement parvenir à son terme.

Démocratie versus stabilité, laquelle faut-il privilégier ? D’un côté, l’intérêt d’Israël est celui d’une démocratie la plus représentative possible. Soixante ans après sa création, l’Etat juif travaille en effet encore à l’intégration de tous ses citoyens et veille donc à ce que tous puissent participer, et être représentés politiquement. D’un autre côté, une plus grande stabilité dans les deux camps est indispensable pour faire avancer le processus de paix.

Ce n’est cependant pas possible d’attendre la fin des immigrations juives en Israël et leur assimilation complète pour pouvoir atteindre un accord israélo-palestinien. C’est aujourd’hui que le processus de paix nécessite un gouvernement dédié à la paix et cela à long terme.

La configuration politique actuelle ne laisse pourtant rien présager de bon. D’une part si Livni recrée un gouvernement avec les trois précédents partis de la coalition, le gouvernement risque fort de souffrir de la même instabilité. D’autre part, si le Likoud arrive au pouvoir, les bases de négociations changeront et ont de forte de chance d’être rejetées par le côté palestinien.

Les mois à venir vont très certainement poser les bases d’un nouveau contexte politique au Moyen-Orient : nouveau gouvernement en Israël, élections présidentielles aux Etats-Unis et dans un futur un peu plus lointain, changement de leadership dans l’Autorité Palestinienne. Espérons simplement que tous ces nouveaux acteurs tendent vers un seul et même but : la paix.

 

N.J.O.

 

 

Press review – week from September 15th to 19th, 2008

As expected, but with only a short advance, Tzipi Livni was elected Wednesday night to lead the Kadima party. The information was put in evidence in the international press the following day. This election is controversial in many aspects: the short victory of Livni on Mofaz, her future task of forming a government, her work as former Minister of Foreign Affairs and her commitment to peace. So many question surround Livni from her first day at the head of theKadima.

Le Monde gets back to the small difference obtained by Tzipi Livni on her competitor, Shaul Mofaz. The French daily stresses that the candidate requested an extension of half an hour of the voting, sensing the importance of some more votes. It is true that members of Kadima were not eager to go to the polls: only 53.7% of them got out to vote on Wednesday. Tzipi Livni did eventually prevail with 431 votes ahead of Mofaz, which represents only 1.1% of the vote, against the 10% announced. Many would have preferred Mofaz said the Herald Tribune thanks to his intransigence on the security of Israel. He has indeed served as chief of General Staff of the Israeli army and is more in the right wing of the party.

Tzipi Livni has made a quite spectacular political path as she entered the Knesset in 1999. She experienced then a take-off thanks to Ariel Sharon in the government of whose she became Minister of Regional cooperation. Le Figaro gets back on her life emphasizing her purely Israeli origins because both her parents were settlers before 1948 and members of the Irgun. Following a begin in politics in the Likud, she followed Ariel Sharon’s reversal of 2005 and joined Kadima. The road that led her to the center is pragmatic. She explains herself in these terms: « I believe, as my parents, the right of the Jewish people to the hole land of Israel … But if I have to choose between my dreams and my desire to live in a democracy, I prefer to give up some of this land to live in a sovereign, Jewish and democratic State ».

The Israeli press is skeptical about Livni’s tight victory and especially on her ability to form a new government. The Jerusalem Post emphasizes that Livni is undoubtedly the Prime Minister elected with the smallest number of seats in the history of Israel – she obtained 17 000 votes, representing only 0.24% of the Israeli population. According to the newspaperHaaretz, one of the first tasks Livni is to “de-Olmertize” the party, removing « any form of corruption or cronyism. » But despite these measures, Kadima will have difficulty to find enough legitimacy in the eyes of the citizens of Israel. The Yediot Aharonot recommends the holding of early elections to strengthen her legitimacy while recognizing however the danger for Kadima since the Likud holds now a good place in the polls.

On the Arab-Palestinian side, opinions are mixed. As reported by the pan-Arab daily Al Quds al Arabi, representatives of the Palestinian Authority have in general welcomed the choice of the Israeli people « , noting the qualities of the one already engaged in the peace process by her former position of Minister of Foreign Affairs. Relayed by Al Jazeera, however, some voices fear instability that could result from this election and from the attempts to form a new majority. Tzipi Livni would indeed first attempt to reform a government with the same coalition, ie the Labor Party, the Pensioners’ Party and Shas. The latter especially has requirements which could jeopardize the peace process with the Palestinians: it rejects any changes to the status of East Jerusalem. On the other hand, encouraging a high birth rate, it would also the system of family allowances to be reviewed, as Tzipi Livni is not ready to do it. Finally, the Palestinian news agency, Maan News reported the opinion of the spokesman of the Hamas Fawzi Bahroum which states that the Palestinians must not expect anything from the change of power in Israel.

Few newspapers or agencies are really positive about the election of Tzipi Livni. Many uncertainties emerge and only the political events of the next few months will answer all the questions it is raising.