19/09/2008

Israël : démocratie versus stabilité

Ce que devait arriver, arriva : voici donc Tzipi Livni à la tête de Kadima, et peut-être bientôt à la tête de l’Etat d’Israël. Celle qui depuis longtemps réclamait la démission d’Ehud Olmertest parvenue à lui succéder malgré un coude à coude très serré avec son concurrent, Shaul Mofaz.

Bonne chose, mauvaise chose ? La presse internationale aime se montrer optimiste contrairement à une presse israélienne des plus sceptiques. En effet l’élection de l’ancienne Ministre des Affaires Etrangères ne semble apporter aucune solution à la situation de crise politique en Israël. Pourrait-elle en effet réellement remettre en question une politique qu’elle a elle-même contribué à mettre en place ? Peu en sont convaincus et beaucoup voient dans des élections anticipées la seule solution envisageable.

La crise gouvernementale en Israël illustre bien la fragilité de son système électoral. Respectant une parfaite proportionnalité, il crée dans l’Etat juif un paysage politique extrêmement morcelé. Obligé de s’appuyer sur des coalitions des plus hétérogènes, le gouvernement se retrouve vite pieds et poings liés. Ainsi il est rare de voir un gouvernement parvenir à son terme.

Démocratie versus stabilité, laquelle faut-il privilégier ? D’un côté, l’intérêt d’Israël est celui d’une démocratie la plus représentative possible. Soixante ans après sa création, l’Etat juif travaille en effet encore à l’intégration de tous ses citoyens et veille donc à ce que tous puissent participer, et être représentés politiquement. D’un autre côté, une plus grande stabilité dans les deux camps est indispensable pour faire avancer le processus de paix.

Ce n’est cependant pas possible d’attendre la fin des immigrations juives en Israël et leur assimilation complète pour pouvoir atteindre un accord israélo-palestinien. C’est aujourd’hui que le processus de paix nécessite un gouvernement dédié à la paix et cela à long terme.

La configuration politique actuelle ne laisse pourtant rien présager de bon. D’une part si Livni recrée un gouvernement avec les trois précédents partis de la coalition, le gouvernement risque fort de souffrir de la même instabilité. D’autre part, si le Likoud arrive au pouvoir, les bases de négociations changeront et ont de forte de chance d’être rejetées par le côté palestinien.

Les mois à venir vont très certainement poser les bases d’un nouveau contexte politique au Moyen-Orient : nouveau gouvernement en Israël, élections présidentielles aux Etats-Unis et dans un futur un peu plus lointain, changement de leadership dans l’Autorité Palestinienne. Espérons simplement que tous ces nouveaux acteurs tendent vers un seul et même but : la paix.

 

N.J.O.