05/09/2008

Ramadan, 1429

Revue de presse – semaine du 1er au 5 septembre 2008

Depuis le début de la semaine, le mois de Ramadan a commencé pour les musulmans. Ne représentant pour les non-initiés qu’une période de jeûne, voire le jeune lui-même, le Ramadan est méconnu dans nos sociétés occidentales. En réalité, le Ramadan représente le 9e mois du calendrier musulman et rappelle le début de la révélation du Coran à Mahomet. Il s’agit aujourd’hui du mois de Ramadan de l’an 1429 de l’Hégire (calendrier basé sur le cycle de la lune, et non celui du soleil, comme le calendrier grégorien). Dans la vie des musulmans contemporains, cette période revêt à la fois des airs de privation et de recueillement, mais aussi de fêtes. Partons à la découverte des facettes du Ramadan à travers ses représentations dans les médias internationaux.

Le site Internet d’information marocain Bladi.net souligne la floraison de petits métiers occasionnels pendant la période de Ramadan. Beaucoup de gens tentent de grossir leur revenu ou d’échapper pour un temps au chômage en vendant ingrédients, plats ou pâtisseries. Chaque famille doit en effet préparer l’iftar, mais par ailleurs, comme le souligne la sociologue Samira Kassimi, les femmes participent de plus en plus au marché de l’emploi et n’ont plus le temps de préparer plats et pâtisseries pour le soir. Une telle conjoncture est donc favorable à ces petits commerces occasionnels.

Un peu plus à l’Est, l’hebdomadaire égyptien Al Ahram Hebdo consacre une rubrique entière à l’événement du Ramadan. Des thèmes des plus variés y sont abordés : la charité à l’honneur en Egypte durant cette période, les difficultés financières des familles devant simultanément affronter rentrée des classes et Ramadan mais aussi le thème beaucoup frivole des feuilletons du Ramadan. Frivole oui, mais néanmoins important. Les soirées de Ramadan se passent en effet en famille, et nombreux sont les friands de la petite lucarne. Les chaînes de télévision connaissent bien ce phénomène et rivalisent donc en proposant des programmes des plus variés à leur public.

Le Site Turkish Daily News rapportait la semaine passée les préparatifs en cours à Sultanahmet en prévision du Ramadan. Des programmes culturels sont mis en place, avec non seulement des prières, mais aussi de la musique soufie ou encore des contes du célèbre Nasreddine Hoca (prononcé Hodja). L’entièreté des frais sera supportée par les licences de ventes accordées aux vendeurs désireux d’exercer leur commerce sur la place durant le mois.

Au Sénégal enfin, le quotidien Le Soleil évoque une approche très pieuse du Ramadan, insistant sur l’importance du recueillement de la prière pendant ce mois. Les fêtes et galas laissent la place à des conférences et des rencontres religieuses, tandis que certains Sénégalais portent une attention particulière à la décence de leur habillement. La montée des prix due à l’approvisionnement massif et les difficultés qu’elle engendre dans les ménages en ce début de Ramadan est aussi mentionnée.

Dans nos presses occidentales, le Ramadan également fait couler de l’encre. Ainsi La Libre Belgique aborde la décision d’instaurer le début du Ramadan ce lundi, tout en mentionnant que la Lybie a commencé dimanche et que l’Iran a quant à lui décidé de débuter le mois le mardi. Ces départs en différés peuvent porter à confusion. Elles sont dues au degré de précision des moyens utilisés pour observer la lune. En effet, si certains utilisent des outils d’astronomie, d’autres l’observe à l’œil nu, ce qui peut causer un à deux jours de différence entre les pays.

Le Monde laisse pour sa part la parole à quelques musulmans qui expriment leur conception du Ramadan. Fred, 36 ans et jeune converti à l’Islam entame son premier Ramadan. Pour lui, il s’agit de « la domination de l’esprit sur le corps, (du) dépouillement de soi pour s’ouvrir aux autres, (d’) un espace où les liens sociaux se resserrent ». Pour Karim, le Ramadan est une « véritable source spirituelle qui nourrit l’âme, accentue la foi et la piété ». D’autres enfin, comme Mahdi ou Laila, n’accordent pas de valeurs intrinsèques à cette période, mais apprécient les moments en famille qu’elle offre.

Le Ramadan est donc aussi bien une période de jeûne, de privations, de recueillement, qu’une période de partage, d’effervescence culturelle et de resserrement familial. Autant de caractéristiques qui en font une période certes difficile, mais si particulière, attendue et célébrée par les musulmans du monde entier.