05/09/2008

Ramadan Kareem !

Les Musulmans ont commencé lundi le mois de Ramadan (en Arabie Saoudite, dimanche, en Iran, mardi). Mois de jeûne, de privations, de réflexions intérieures, de profondeur spirituelle, de resserrement familial, il constitue une période très particulière pour la communauté des Musulmans. Mais parler de la communauté des Musulmans, c’est aborder des réalités très différentes. Pour illustrer ces propos, prenons deux contextes différents de Ramadan et comparons-les.

Rendons-nous premièrement le Caire. Malgré une grosse minorité copte, l’Egypte est musulmane et ça se sent. Le Ramadan au Caire s’impose à l’ensemble de la société. Durant la journée, les rues se vident, les cafés sont fermés, le rythme ralentit, l’attention à l’autre, la solidarité est plus palpable. Lorsqu’approche l’heure de l’iftar, la vie reprend : magasins, restaurant, cafés, rues se remplissent dans l’attente de l’appel du muezzin. Allah ou Akbar et c’est la rupture du jeûne ! Chacun le vit entre amis ou en famille, toute en ressentant une certaine communion avec l’ensemble du quartier, de la ville. Le soir, les Cairotes sortent tard dans la rue, participent à des événements culturels, fêtent ensemble la journée écoulée.

Décris comme ça, il est vrai qu’on aurait tendance à croire que cette période est facile. Mais ce serait oublié que l’Egypte subi ces temps-ci une crise économique sans précédents, et le Ramadan ne fait qu’accentuer la hausse des prix. De plus, lorsque le Ramadan se déroule en été, comme cette année, la journée et non seulement chaude, mais aussi très longue.

A Bruxelles, le contexte du Ramadan est presque à l’inverse. Même si les journées sont longues, elles ne sont pas souvent chaudes. Les conditions économiques sont meilleures qu’en Egypte. Et pourtant, ce sont d’autres difficultés que doivent surmonter les Musulmans de Bruxelles. Ces derniers sont minoritaires et doivent vivre le Ramadan dans une société dont ce n’est pas la préoccupation principale. Personne ne regardera de travers celui qui mange un sandwich en rue pendant cette période, et peu sont ceux qui se soucient de faire attention en présence d’un Musulman. Quant au rythme, il n’est pas ralenti et particulièrement cette année, le Ramadan correspond à la reprise des activités puisqu’il tombe en septembre.

En résumé, le Ramadan nous rappelle des valeurs oubliées de nos sociétés occidentales trop souvent guidées par l’individualisme et le matérialisme : l’introspection, la spiritualité, la famille, l’effort, le partage. Pour cela, merci et Ramadan Kareem !

N.J.O.