A la lumière du raid américain mené dimanche passé en Syrie et des réactions qu’il a suscité aux Etats-Unis et en Europe, il est possible de tirer quelques conclusions et éventuellement quelques pronostics sur le futur des relations entre les deux puissances et sur leurs influences respectives au Moyen-Orient.

Peut-on tout d’abord parler d’Union Européenne comme d’un tout dans ce contexte ? On connaît la difficulté des Européens d’adopter des positions communes en matière de politique étrangère commune. Face au raid américain, une fois de plus, les réactions n’ont pas été unanimes. Bien que l’Angleterre se dirige tout comme la France vers un réchauffement de ses relations avec la Syrie, elle ne parvient pas encore à se distancer clairement de la stratégie américaine dans la région.

Le Moyen-Orient est la région du monde dans laquelle les pays européens semblent avoir le plus difficile à parler d’une seule voix. Souffrant d’un manque d’unité, il est à ce stade peu probable d’y pronostiquer un rôle prépondérant de l’Europe dans la région. Il y a un an, les donateurs pour la Palestine se rassemblaient à Paris. Une constatation pouvaient alors être faite : l’Europe est bel et bien le banquier du Moyen-Orient mais ne parvient pas à peser sur le plan politique.

L’idéal serait donc une action conjointe et concertée de l’Europe et des Etats-Unis au Moyen-Orient. L’administration Bush ne le permettait pas. De la guerre préventive en Irak au nouveau « droit de poursuite » conçu comme légitime défense, l’Europe n’a jamais unanimement soutenu les choix politiques de la précédente administration américaine au Moyen-Orient.

Les Etats-Unis élisent la semaine prochaine leur nouveau président. Les sondages laissent à espérer une victoire de Barack Obama, ce qui permet d’envisager une meilleure concertation entre les Etats-Unis et l’Union Européenne. A l’inverse, une victoire de John McCain et la poursuite de l’actuelle politique américaine au Moyen-Orient pourrait désolidariser un peu plus les deux puissances.

 

 

N.J.O.

 

 

In the light of the American raid carried out past Sunday in Syria and the reactions it has generated in the United States and Europe, it is possible to draw some conclusions and a few predictions on the future of relations between the two powers and their respective influences in the Middle East.

Can we first speak about the European Union as a whole in this context? We know the difficulty of Europeans to adopt common positions considering foreign policy. Facing the American raid, once again, the reactions were not unanimous. While England is going like France to a warming of relations with Syria, it still fails to distance itself clearly from the U.S. strategy in the region.

The Middle East is the region in which European countries seem to have the most difficult to speak with one voice. Suffering from a lack of unity, we cannot is at this stage prognosticate a leading role of Europe in the region. A year ago, donors for Palestine gathered in Paris. A finding could be made that Europe is indeed the banker of Middle East but fails to weigh on the political level.

The ideal would be a joint and concerted action of Europe and the United States in the Middle East. The Bush administration did not permit it. From the preemptive war in Iraq to the new « right of pursuit » considered as self-defense, Europe has never unanimously supported the policies of the previous U.S. administration in the Middle East.

Next week, the United States will elect their new president. Polls let hope a victory of Barack Obama, which suggests a better future cooperation between the United States and the European Union. In contrast, a victory for John McCain and the continuation of the current U.S. policy in the Middle East could create a larger gap between the two powers.

 

N.J.O.

 

 

Revue de presse – semaine du 27 au 31 octobre 2008

Dimanche 26 octobre dernier, l’armée américaine a mené un raid héliporté dans le village syrien d’al-Soukkariya, proche de la frontière irakienne. Le gouvernement syrien a immédiatement dénoncé l’incursion, la qualifiant d’ « acte terroriste » et accusant les Etats-Unis d’avoir tué huit civils innocents. L’armée américaine n’a pas tout de suite réagi, évitant tout commentaire. Ce n’est que lundi que les Etats-Unis ont reconnu avoir mené un raid destiné à éliminer une cellule d’Al Qaeda qui envoyait des combattants étrangers en Irak sous le commandement d’un certain Abu Ghadiya. Selon les forces américaines, les victimes étaient toutes des militants (Le Soir).

Mardi le site de RFI (Radio France Internationale) expliquait que cette intervention américaine était une mise en pratique du « droit de poursuite » comme moyen de légitime défense récemment théorisé par l’administration Bush et déjà appliqué quelques fois à la frontière pakistano-afghane.

Les réactions en Syrie furent nombreuses. D’une part l’Ecole américaine et le Centre Culturel Américain de Damas ont été fermés et un appel a également été adressé au Conseil de Sécurité et au Secrétaire Général des Nations-Unies afin que des mesures soient prises contre les Etats-Unis (Syria Today). D’autre part, une manifestation contre l’incursion américaine a envahi jeudi le square Youssef El Azmi à Damas. A son propos, le New York Times rappelle le peu de liberté d’expression laissé aux citoyens syriens et souligne donc le rôle du gouvernement syrien derrière la manifestation.

Les réactions n’ont pas tardé à se faire entendre au sein de la communauté internationale. Parmi elles, l’Egypte a considéré l’incursion comme une grave violation de la souveraineté de la Syrie. Ce n’est par contre que mardi que le gouvernement irakien a dénoncé le raid, l’ayant auparavant applaudi. France 24 rapporte les commentaires de M. Dabbagh, porte parole du gouvernement irakien, qui déclare que l’Irak condamne cette action car elle est « contraire à la Constitution irakienne ». D’autre part, le gouvernement irakien « continue d’insister auprès de la Syrie pour qu’elle fasse cesser les activités des groupes qui utilisent son sol pour entraîner et envoyer des terroristes afin de mener des attaques contre l’Irak et sa population ».

Parmi les réactions internationales, la plus marquée est sans aucun doute la France. Le Monde du 29 octobre rapporte la « vive préoccupation » de la France par rapport aux faits. Il souligne les récents efforts de la Syrie pour contrôler sa frontière avec l’Irak, d’autant plus que l’attentat ayant fait 17 morts à Damas en fin septembre a été imputé à des réseaux islamistes venant d’Irak. L’article rappelle aussi le choix de la présidence française de renouer des liens diplomatiques avec la Syrie. Certains diplomates à Paris soulignent le peu de bon sens de cette intervention en Syrie alors même que la communauté internationale exige de cette dernière qu’elle respecte la souveraineté du Liban. Par contre si Nicolas Sarkozy a condamné le raid, il ne l’a fait qu’au nom de la France et non de la Présidence de l’Union Européenne.

L’autre réaction observée en Europe est celle du Royaume-Uni. Le Financial Times explique que le Ministre des Affaires étrangères syriennes, M. Walid al-Moualem, était de visite au début de la semaine à Londres. La position de Londres se révèle des plus compliquée puisque tentant un rapprochement de la Syrie dans le sillage de la France, elle est amenée à prendre position entre ces efforts diplomatiques et le soutien historique aux Etats-Unis. David Miliband a donc laissé son homologue syrien s’exprimer de Londres contre le raid. Ayant ensuite fait la constatation que le raid et ses conséquences ne remettaient pas les relations anglo-syriennes en question, l’Angleterre s’est néanmoins dite préoccupée de la possibilité pour des combattants étrangers agissant en Irak de vivre impunément en Syrie.

 

 

Press review – week from October 27 to 31, 2008

Sunday October 26, the U.S. military conducted a helicopter raid in the Syrian village of al-Soukkariya, near the Iraqi border. The Syrian government immediately denounced the incursion, calling it a « terrorist act » and accusing the United States to have killed eight innocent civilians. The U.S. military did not immediately react, avoiding any comment. It was only Monday that the United States have acknowledged having carried out a raid to remove a cell of Al Qaeda that was sending foreign fighters in Iraq under the command of a certain Abu Ghadiya. According to U.S. forces, the victims were all militants (Le Soir).

Tuesday the website of RFI (Radio France Internationale) explained that this was an American practice of « right of pursuit » considered as self defense recently theorized by the Bush administration and already a few times applied at the Pakistan-Afghan border.

There were plenty of reactions in Syria. On the one hand the American School and the American Cultural Center in Damascus have been closed. An appeal was also sent to the Security Council and Secretary General of the United Nations in order to ask measures to be taken against the USA (Syria Today). On the other hand, a demonstration against the U.S incursion invaded the square Youssef El Azmi in Damascus on Thursday. In his remarks, theNew York Times recalls the limited freedom of expression left to Syrian citizens and emphasizes the role of the Syrian government behind the event.

The reactions were quick to be heard within the international community. Among them, Egypt considered the incursion as a “serious violation of the sovereignty” of Syria. The Iraqi government denounced the raid only on Tuesday, having applauded it at first. France 24reported comments of Mr. Dabbagh, spokesman of the Iraqi government, who declared that Iraq condemns this action because it is « contrary to the Iraqi constitution. » On the other hand, the Iraqi government « continues to insist that Syria should stop the activities of groups that use its soil to train and to send terrorists in order to conduct attacks against Iraq and its people » .

Among the international reactions, the more pronounced is undoubtedly the French one. Le Monde reported on October 29 the « strong concern » of France about the facts. It highlights recent efforts by Syria to control its border with Iraq, especially since the attack in which 17 people died in Damascus in late September and which was attributed to Islamist networks from Iraq. The article also recalls the choice of the French presidency to resume diplomatic ties with Syria. Some diplomats in Paris underline the nonsense of this intervention in Syria while the international community requires this State to respect the sovereignty of Lebanon. But if Nicolas Sarkozy condemned the raid, it did so in the name of France, not as President of the European Union.

The other reaction to notice in Europe is the one of United Kingdom. The Financial Timesexplained on Monday that the Syrian Foreign Minister, Walid al-Moualem, was visiting earlier this week in London. London’s position is quite complicated because of trying to resume ties with Syria in the wake of France, it has to take a position between these diplomatic efforts and its historical support to the United States. David Miliband let his Syrian counterpart speak on the topic in London. Having then observed that the raid and its consequences did not challenge the Anglo-Syrian relations, the Secretary of State for Foreign Affairs has nevertheless expressed concern about the possibility for foreign fighters in Iraq to live with impunity in Syria.

 

 

Past weekend, the Euro-Mediterranean Parliamentary Assembly (EMPA) held its annual plenary Assembly in Jordan. In addition to the future of the institution, the Israeli-Palestinian conflict was the theme of the parliamentary debates. The statement issued by the Assembly touches on many sensitive issues such as settlements, the Palestinian economic situation, and so on. Upon reading it, we can nevertheless feel a sense of déjà vu, already read, already heard. Very nice words, but when will actions follow?

The Euro-Mediterranean Parliamentary still speak about Annapolis, highlighting the efforts and encouraging their continuity. Is it intended as a diplomatic compromise or as policy of the ostrich? The leaders of the two countries continue their dialogue, but they are no longer supported by their people. The situation becomes schizophrenic between what is said and the reality. So, support to the development plans of Palestine is surely a good thing, but before that the international community must push each side to respect its commitments. It also needed to make contact with the real actors of peace, those who make the effort to move beyond the prejudices to build peace with, and not against the Other.

A simple example happened last weekend in the outskirts of Ramallah. Some Israelis and Palestinians gathered to harvest olives, hand in hand (Yad beYad) because this is the name of their group. Such actions exist and are quite numerous, but are not often in the media.

No real peace can be gained without an understanding and mutual respect. If the EMPA, or Europe wants to help build peace, it must act beyond the constraints and political calculations, with those among Israelis and Palestinians that really want it.

 

N.J.O.

 

 

Le weekend passé, l’Assemblée Parlementaire Euro-Méditerranéenne (APEM) a tenu son assemblée plénière annuelle en Jordanie. Outre l’avenir de l’institution, c’est le conflit israélo-palestinien qui a occupé les débats des parlementaires. La déclaration qui en est issue met le doigt sur de nombreux points sensible comme les colonies, la situation économique palestinienne, etc. A la lecture de celle-ci, on ne peut néanmoins ressentir qu’une impression de déjà vu, déjà lu, déjà entendu. De très belles paroles, certes, mais quand les actes suivront-ils ?

Les Parlementaires euro-méditerranéens parlent encore d’Annapolis, en soulignant les efforts et encourageant leur continuité. Est-ce un compromis diplomatique ou une politique de l’autruche ? Certes les dirigeants des deux pays poursuivent leur dialogue, mais ils ne sont plus soutenus par leur population. La situation devient schizophrénique entre ce qui est dit et la réalité. Alors, soutenir les plans de développement de la Palestine est sûrement une bonne chose, mais il faut avant cela pousser chaque camp à respecter ses engagements. Il en outre nécessaire de prendre contact avec les vrais acteurs de la paix, ceux qui font l’effort d’aller au-delà des préjugés pour construire la paix avec, et non contre l’Autre.

Un exemple tout simple et qui a eu lieu le weekend passé dans les environs de Ramallah. Des Israéliens et des Palestiniens se sont rassemblés pour la récolte des olives, main dans la main (Yad beYad), car tel est le nom du groupe. De telles actions existent et sont relativement nombreuses, mais ne sont pas souvent véhiculées par les médias.

Aucune paix réelle ne pourra être acquise sans une connaissance et un respect mutuels. Si l’APEM, ou l’Europe désire aider à la construction de cette paix, elle doit agir loin des contraintes et des calculs politiques, avec ceux qui parmi les Israéliens et les Palestiniens la désirent vraiment.

 

N.J.O.

 

 

Press review : week from October 13 to 17, 2008

Very few commented by the press, the Plenary Assembly of the Parliamentary Association for Euro-Mediterranean took place on the shores of the Dead Sea last weekend. As announced, the theme this year was the aftermath of the summit on July 13 last and the current situation of the Israeli-Palestinian conflict.

The EMPA has expressed the desire to be part of the Barcelona Process: Union for the Mediterranean as its parliamentary institution, and proposed the draft of a legal text in this direction. « Our Assembly should play a monitoring and proposals role within the framework of the UPM, » said Tokia Saïfi (European People’s Party), chairman of the Committee on Political Affairs of the EMPA. These recommendations were made in anticipation of the next Euromed Foreign Affairs Council scheduled for November 3 and 4 in Marseilles. (Press release of the European Parliament; Recommendations of the EMPA).

In addition to these recommendations, the EMPA also discussed the situation in the Middle East highlighting some issues. First the President of the European Parliament and President of the EMPA accentuated the importance of donors of the EMPA, which represent 60% of aid to the Palestinians. Hans-Gert Poettering encouraged countries not to cut their generosity, not to be discouraged. He highlighted the difficulties of the Palestinians to restart their economies, pointing two demoralizing factors: the settlements on the one hand, many obstacles to their mobility on the other. The attention of parliamentarians was also asked to development projects implemented in pilot areas in the West Bank and Gaza to revive the Palestinian economy (EMPA Declaration).

Parallel to these declarations, the international press highlights the deteriorating situation in the Palestinian territories and Israel. In the West Bank, the Palestine News Networkinformed yesterday that the IDF had killed three young Palestinians in three days. TheHerald Tribune underlines that these events take place in a climate of rising tensions between settlers, army and Palestinians. According to the Israeli army, these three young people were all about to use firebombs. Saeb Erekat, personality close to the government in Ramallah, qualified the reaction of the Israeli army « unacceptable » and putting in harm the peace efforts of the PA.

More unusual, the violence seems now also to spread into Israel. In the city of Acre (Akko) where Jewish and Arab communities seem to live side by side in a climate of mutual understanding, an incident showed the past weekend the deterioration of the situation. On the night of October 8 to 9, an Arab motorist transgressed the prohibition of movement linked to the Jewish holiday of Yom Kippur. Considering that act as a provocation, young Jews attacked the driver. And the cycle of retaliation began, causing anti-Jewish riots and then anti-Arab. Le Monde says that the situation is coming from the arrival in recent years of religious Jewish settlers from the West Bank and even Gaza. The Arabs in the city of Acre consider repression and expropriations taking place in the wake of riots as an attempt of ethnical cleansing trying to reject all Arabs outside the city, reported Haaretz.

If the spiral of revenge takes over on the negotiations, the political situation particularly weak in both countries will not succeed to stop it. The Euro-Mediterranean Parliamentary Assembly stressed the importance and urgency of the situation, but its message does not seem sufficiently heard and listened.

 

 

Revue de presse : semaine du 13 au 17 octobre 2008

Très peu commentée par la presse, l’Assemblée plénière de l’Association parlementaire Euro-Méditerranéenne a eu lieu sur les bords de la Mer Morte le weekend dernier. Comme annoncé, le thème fut cette année les suites du sommet du 13 juillet dernier ainsi que la situation actuelle du conflit israélo-palestinien.

L’APEM a exprimé le souhait de faire partie intégrante du Processus de Barcelone : Union pour la Méditerranée en tant qu’institution parlementaire du partenariat, et a proposé un projet de texte juridique en ce sens. « Notre Assemblée doit jouer un rôle de contrôle et de proposition dans le cadre de l’UPM », a déclaré Tokia Saïfi (Parti Populaire Européen), présidente de la commission des affaires politiques de l’APEM. Ces recommandations sont faites en prévision du prochain Conseil des Affaires étrangères Euromed prévue les 3 et 4 novembre prochains à Marseille. (Communiqué de presse du Parlement européen ; Recommandations de l’APEM).

Outre ces recommandations, l’APEM a également abordé la situation au Proche-Orient soulignant l’importance de certaines problématiques. Tout d’abord le Président du Parlement européen et président en exercice de l’APEM a accentué l’importance des donateurs de l’APEM, qui représentent 60% de l’aide aux Palestiniens. Hans-Gert Pöttering a encouragé ces pays à ne pas tarir leur générosité, à ne pas se décourager. Il a souligné les difficultés que traversaient les Palestiniens pour redémarrer leur économie, pointant en particulier deux facteurs démoralisants : les colonies de peuplement d’une part, les nombreux obstacles à leur mobilité d’autres part. L’attention des parlementaires a aussi été attirée vers les projets de développement mis en place dans zones pilotes en Cisjordanie et Gaza pour relancer l’économie palestinienne (Déclaration de l’APEM).

Parallèlement à ces déclarations, la presse internationale souligne la dégradation de la situation dans les territoires palestiniens et en Israël. En Cisjordanie, le Palestine News Network informait hier que Tsahal avait tué trois jeunes Palestiniens en trois jours. Le Herald Tribune souligne que ces événements prennent place dans un climat général de montée des tensions entre colons, armée et Palestiniens. Selon l’armée israélienne, ces trois jeunes étaient tous sur le point d’utiliser des bombes incendiaires. Saeb Erekat, personnalité proche du pouvoir à Ramallah, a déclaré la réaction de l’armée israélienne « inacceptable » et mettant en mal les efforts de paix de l’AP.

Plus inhabituel, le climat de violence semble maintenant aussi s’étendre à Israël. Dans la ville d’Acre (Akko) où les communautés juives et arabes semblent vivre depuis longtemps côte à côte dans un climat d’entente cordiale, un incident survenu le weekend passé, a démontré la détérioration de la situation. Dans la nuit du 8 au 9 octobre, un automobiliste arabe a transgressé l’interdiction de circulation liée à la fête juive de Yom Kippour. Considérant cet acte comme une provocation, des jeunes juifs s’en sont pris au conducteur. Et le cycle des représailles s’est enclenché, provoquant émeutes anti-juives, et puis anti-arabes. Le Mondeexplique cette situation du fait de l’arrivée ces dernières années de colons juifs religieux venant de Cisjordanie ou de Gaza. Les Arabes de la ville d’Acre voient dans la répression et les expropriations qui ont lieu dans la foulée des émeutes, une tentative de nettoyer ethniquement la ville en en rejetant tous les Arabes, nous rapporte Haaretz.

Si la spirale de la vengeance prend le dessus sur les négociations, la situation politique particulièrement faible dans les deux pays ne pourra plus l’arrêter. L’Assemblée parlementaire Euro-Méditerranéenne a souligné l’importance et l’urgence de la situation, mais son message ne semble pas suffisamment entendu et écouté.

 

 

Le quatrième Midi de la Méditerranée fut littéraire avec la rencontre avec Wassyla Tamzali, Présidente du Forum algérien des Femmes Méditerranéennes, membre du Bureau du Collectif Maghreb-Égalité et ex directrice du Programme UNESCO pour la promotion de la Condition des Femmes méditerranéennes.

Wassyla Tamzali avait 20 ans lorsque l’Algérie a obtenu son indépendance. Elle est venue parler de son livre « Une éducation algérienne : de la révolution à la décennie noire » dans lequel elle se souvient des évolutions politiques de l’Algérie en y ajoutant ses réflexions. Elle attribue la situation actuelle en Algérie et les heures sombres des années quatre-vingt dix à l’assimilation que les Algériens ont fait entre colonisation et modernité. Universaliste, elle croit néanmoins dans le retour de la modernité dans son pays.

Voir notes.

 

LES MIDIS DE LA MÉDITERRANÉE (4)

Une éducation algérienne, de la Révolution à la décennie noire
par
WASSYLA TAMZALI

Présidente du Forum algérien des Femmes Méditerranéennes, membre du Bureau du Collectif Maghreb-Égalité et ex directrice du Programme UNESCO pour la promotion de la Condition des Femmes méditerranéennes.

Vendredi 17 octobre 2008 de 12h30 à 14h

au Mouvement Europeéen Belgique
63 avenue d’Auderghem, 1040 Bruxelles

Compte-rendu : Nathalie Janne d’Othée

 

INTRODUCTION

par Charles Kleinermann

Bienvenue à ce quatrième Midi de la Méditerranée qui pour la première fois s’éloigne de la politique pour se faire littéraire en accueillant Wassyla Tamzali, auteur du livre « Une éducation algérienne, de la Révolution à la décennie noire ».

La rencontre avec Wassyla a eu lieu à l’occasion du Congrès d’Alger organisé par le Mouvement Européen en 2006. Aujourd’hui, elle vient nous parler de son livre « Une éducation algérienne » paru chez Gallimard en 2008.

« UNE EDUCATION ALGERIENNE, DE LA REVOLUTION A LA DECENNIE NOIRE »

par Wassyla Tamzali

Je voulais tout d’abord souligner que cette rencontre est pour moi l’occasion de revoir d’anciennes connaissances comme Turkiya et Simone, ce qui me fait très plaisir.

Il faut comprendre mon livre comme le trajet d’une algérienne qui a 20 ans à l’indépendance. L’indépendance signifie la naissance de l’Algérie et la génération à laquelle j’appartenais était la première génération de citoyens. Cette génération avait une utopie, c’est-à-dire pour moi la capacité de bâtir un projet et d’en faire une réalité. Ce projet était ambitieux.

L’indépendance de l’Algérie ce fut le soulèvement de tout un peuple contre un occupant, la France. C’est également la certitude d’être vainqueur et l’impression d’avoir mené cette libération pour des idéaux de justice et d’égalité.

Ma jeunesse a été constituée par Sartres, Simone de Beauvoir, Gide et Camus. Ma génération était nourrie par de merveilleuses déclarations humanistes… et c’est cette Algérie là qu’elle attendait.

Les premières années de l’indépendance furent marquées par de nombreux meetings, journées thématiques… L’Algérie était devenue de point de rassemblement et de réflexion de tous les mouvements révolutionnaires (Black Panthers, Chili…), la révolution était universelle. Ils voulaient libérer le monde,  décoloniser le reste de la Terre.

Si je souligne ça c’est pour mieux marquer la dégringolade, car c’est bien ça le mot qui décrit la situation qui a suivi en Algérie. Aujourd’hui, lorsque je passe devant la cinémathèque d’Alger, je revois tous ces films qui avaient créé nos idéaux. C’est important de parler de ces idéaux, de cette époque pour redonner l’espoir et l’envie aux jeunes d’aujourd’hui.

En écrivant un livre, les mots attirent les mots et les souvenirs reviennent. Ils avaient été refoulés. La barbarie réapparait en effet dans les années quatre-vingt dix. Cette lutte fratricide m’avait plongée dans un silence profond dont je n’arrivais pas à sortir. Il fallait pourtant… Le travail d’écriture a permis de trouver des explications politiques de ce qui s’était passé. Elle veut contrer l’idée européenne d’une Algérie faite d’un vieux peuple, rétrograde.

Il y a eu une utilisation irresponsable du pouvoir en Algérie. Au lieu de conduire le peuple algérien vers la liberté, les dirigeants ont construit des écoles qui ont déconstruit un peuple,  ont véhiculé une interprétation limitée de la religion… Le fait de comprendre ça a permis de me libérer. Il faut comprendre les problèmes d’aujourd’hui sous un jour politique. L’approche politique est le propre de l’Homme. L’effondrement de l’Algérie et de la Méditerranée vient d’une incapacité à voir les choses de manière politique. Il faut construire une vision politique du monde et les peuples arabes sont aujourd’hui incapables de la faire.

Mon grand-père maternel était espagnol. Il est venu en 1923 en Algérie. Il était journalier. Pourtant, il a refusé de parler à mon père parce qu’il était « Maure » alors que mon père était un jeune homme riche et intelligent.

Ce qui a été déterminant dans ma vie, c’est l’assassinat de mon père par un enfant, une jeune recrue du FLN. Pourtant mon père était nationaliste. Quand on écrit les choses, on ne les écrit pas comme elles ont eu lieu.  Ca aurait été insoutenable ou sinon.

Mon père avait 49 ans quand il a été assassiné. Lorsque la famille posait des questions sur les causes, on répondait souvent que c’était une erreur, que ça n’aurait pas du arriver. Mais mon père faisait partie de l’élite colonisée, il portait les stigmates du colonialisme.

Mon père disait : « Avant l’indépendance, on m’apprenait « Liberté, Egalité, Fraternité » en me tapant sur les doigts avec une règle, maintenant on m’empêche de parler quand je veux prononcer ces mots ». Le colonialisme a apporté la modernité, mais celle-ci a été rejetée, en même temps que le colonialisme.

C’est une tragédie : les jeunes gens en colère qui ont créé le nationalisme en seront les dernières victimes. Aujourd’hui on entre dans la dernière phase de la décolonisation et on efface toutes les traces qui restent.

En écrivant une histoire personnelle, ces analyses me sont venues. Au contraire de mes amis à Alger, je n’ai pas de ressentiment vis-à-vis de la France, parce que ma famille avait acquis une indépendance personnelle avant l’indépendance. Je faisais partie d’une famille riche, on ne s’identifiait pas aux Français et on se considérait mieux qu’eux.

Bien qu’unis face à l’ennemi, l’indépendance fut menée par différents mouvements : une élite qui voulait une Algérie moderne et ceux qui voulaient réhabiliter ses racines. Les « modernes » ont échoué à cause de l’indépendance. Mais on ne peut pas empêcher les rivières d’aller à la mer. Je suis universaliste et je crois que l’Algérie reviendra vers la modernité.

 

QUESTIONS/DEBAT

Simone Susskind : J’ai lu ton livre il y a peu de temps et j’ai été touchée. (Lorsqu’on veut affirmer son identité, doit-on nécessairement rejeter les influences extérieures ? Pourquoi a-t-il fallu que l’on enferme les populations, au nom de l’indépendance, dans des régimes qui ne prennent pas en compte les gens ?

Réponse (W. Tamzali) : Tu inverses les choses. C’est une question de prise de pouvoir. La guerre d’Algérie a duré sept ans et ce fut un lieu de prise de pouvoir. On a vu dans la résistance française des histoires de prise de pouvoir (De Gaulle, les communistes…). En Algérie, il y a le FLN armé, mais à côté il n’y a rien.

Quand la guerre commence en 1954, l’Algérie était déjà développée point de vue politique. Il y a différents mouvements, parmi lesquels une élite religieuse moderniste, les oulémas. Leurs filles sont envoyées à l’école. Evidemment il y avait l’indigénat et une discrimination relative à la race et le travail des politiques algériens est de la dénoncer. Il y a déjà une élite ouvrière, des avocats, des femmes médecins… L’Algérie existe déjà malgré ce que veut faire croire l’élite d’aujourd’hui, c’est-à-dire que l’indépendance représentait l’an zéro. Avec le FLN, il y avait un consensus national pour l’indépendance, mais c’est resté comme ça.

Aujourd’hui nous avons deux partis uniques : le FLN et le RND (Rassemblement National Démocratique). Il n’y a plus de débats, ni discussions politiques.

En Kabylie, on a fait ressortir l’organisation par village, clanique, une organisation archaïque réhabilitée pour amoindrir cette région. Ce qui est juste est dicté par ceux qui gagnent.

Le GPRA (Gouvernement Provisoire de la République Algérienne) a été blackboulé. Le chef du GPRA a demandé la fermeture des frontières. Boumediene voulait l’ouverture, Bourguiba a obtempéré. Les femmes sont descendues dans la rue pour dire « sept ans ça suffit ».
Cette histoire est celle d’un peuple qui a vécu une guerre horrifiante. Un paysan Kabyle m’a un jour dit « pas un homme pourra dire qu’il est un homme après cette guerre ».

Les islamistes tuent des enfants du peuple, ils se tuent. Quand mon père est mort, les Français ont pris cet exemple pour montrer le meurtre d’un Algérien par un autre Algérien. A ma famille on a dit « Ne dites rien, on vous expliquera après ». Mon frère en souffre encore aujourd’hui mais lui peut s’exprimer. Tandis qu’un peuple qui souffre comme ça, ne peut l’exprimer que par la violence. Et la violence fratricide crée une haine et un silence entre les frères. Puis il y a la question de la difficulté de la transition politique car ceux qui sont au pouvoir ont peur de le quitter et d’être jugés. La violence ne s’attaque pas aux ennemis du présent, elle pourrit le futur.

Si je prends l’exemple du féminisme, toutes les femmes algériennes ne pensent pas comme moi. Je veux qu’on me donne des moyens de communiquer. Je ne veux pas imposer ce que je veux, mais pour moi le féminisme, c’est pouvoir communiquer. Les moyens ne sont pas assez grands et l’argent des fondations ne peut aller qu’au Maroc et pas en Algérie à cause de divergences avec le gouvernement.

La génération des modernes était l’alliée objective du pouvoir. Ils croyaient qu’on leur donnerait les moyens de partager leur savoir, mais non.

Ils furent l’interface avec le monde, mais dans leur pays, ils n’avaient pas de pouvoir.

Rafaële d’Yvoir : Je suis française et j’ai reçu une éducation républicaine française sur les faits de la guerre d’Algérie. Comment voyez-vous le futur des relations avec la France et les français ? Il y a un nœud à dénouer ? On dirait que tout est biaisé quand il s’agit de relations franco-algériennes.

Réponse (W. Tamzali) : Je vais recevoir une Légion d’Honneur de la France à Parus la semaine prochaine. Je vais parler de ce sujet. La relation franco-algérienne est une relation passionnée. L’Algérie attend que la France reconnaisse ses erreurs et les crimes du colonialisme. La Décolonisation est la dernière forme de l’humanisme. Se débarrasser de cette tare fut une chance extraordinaire pour l’Europe.

J’admire l’Europe parce que c’est la région du monde qui développe le plus l’humanisme (ex. tentatives en matière de migrations). Nous avons le tort d’avoir dû créer des pays racistes, xénophobes, violents… Mais la France, moins touchée que l’Algérie, doit reconnaître ses crimes pour enterrer le passé, pas pour le déterrer. Pour l’instant, nous sommes les otages d’un sentiment contre la France et l’Occident. Dès qu’on ouvre la bouche pour la démocratie, pour le féminisme, on nous taxe de traîtres vis-à-vis de l’Occident.

Pour tous les voyageurs turcs, arabes voyaient la civilisation comme plus de droits pour les femmes. Mais la décolonisation a coupé le monde en deux. Aujourd’hui, dans le « Dialogue des civilisations », l’Europe doit choisir si elle parle avec moi ou avec ma culture. Moi je lutte contre ma culture.

Le conflit israélo-palestinien ne fait qu’empirer cette ambiguïté et cette impossibilité d’avancer. De Gaulle a dit « L’Algérie restera française, comme la Gaule est restée romaine ». Il y a un rapport très fort à la France, présent encore aujourd’hui en Algérie.

Turkiya : Je suis algérienne d’origine et mauritanienne par mariage. Merci pour ces mots simples mis sur l’histoire tragique de l’Algérie. Je suis d’accord que le rapprochement doit venir des deux côtés mais plus des Français. J’ai perdu mon père, fusillé, mais n’ai jamais reçu de certificat de son décès.

Les Français et les Algériens étaient proches, mais les Français ignoraient l’identité algérienne. Il y a aussi la problématique de la religion et du pouvoir en place qui se rajoutent. Le pouvoir est utilisé de manière abusive par les dirigeants de ce pays. Comme ils veulent garder le pouvoir, ils ne veulent pas d’opinion publique. De plus, seule une interprétation de l’Islam est véhiculée.

Awad Chamas : Merci pour votre exposé. J’ai néanmoins quelques remarques. Il y a des élections et il faut respecter le résultat des élections. Bien sûr il y aura des changements, et le pouvoir veut qu’il n’y ait qu’une seule vision qui soit possible.

Réponse (W. Tamzali) : Oui, mais la France n’a rien à voir là-dedans. Sous la pression des émeutes de 88, le pouvoir en Algérie a été obligé de libérer la presse et les associations politiques. C’était une obligation. Il y avait eu cinq cent morts, des jeunes, dans les rues d’Alger. Et de l’autre main, le pouvoir créait une Ligue des Droits de l’Homme, que nous avons pris pour de la démocratie. Or c’était une mise en scène. En 1991, il n’y a eu aucun contrôle des bureaux de votes. Or en Algérie, personne ne croit dans les élections et donc les démocrates n’ont pas voté. Les résultats furent à 80% pour le FIS (Front Islamique du Salut), mais la participation n’était que de 23%.

Quand les résultats sont sortis, plusieurs millions d’Algériens sont sortis dans les rues d’Alger. Moi j’étais contre l’arrêt des élections parce que c’était le fait des militaires. Mais il vaut mieux ça que les islamistes.

C’est le pouvoir qui a créé cette situation. Aujourd’hui encore en Algérie, il s’agit d’un régime d’exception, nous n’avons pas le droit de faire des réunions politiques. En 88, ils étaient beaucoup plus avancés que maintenant. Je suis démocrate et quand j’ai appris le résultat des élections, j’ai dit, et même écrit, « c’est con, ils ont manipulé le pouvoir, les élections et ils n’ont pas été capables de le garder ».

Une éducation du peuple à la démocratie est aussi nécessaire. En Tunisie, si demain Ben Ali se présente, 60% des Tunisiens vont voter pour lui.

Bernard Ryelandt, MEDEA : Le Mouvement Européen a lancé un Dialogue Nord-Sud Méditerranée à Alger en 2006. Si on fait table rase : qui sera le meilleur représentant avec qui construire un partenariat en Algérie.

Réponse (W. Tamzali) : Il faut accepter de travailler avec des gens qui n’ont aucun pouvoir. Or pour travailler en Algérie, il faut se débrouiller pour s’organiser et cela passe souvent par le pouvoir.

Mon livre a été très bien reçu en Algérie et j’ai même reçu des félicitations du pouvoir. Cela parce que je ne représente pas un danger individuellement. Ce sont les individus organisés qui font peur au pouvoir. Mais attention, ce n’est pas un régime stalinien : la presse est libre (bien plus qu’en Tunisie qu’on rend jalouse) et les opinions se forment. Il faut pouvoir mettre son pied dans une porte entrebâillée. Il ne faut en tous cas pas nous abandonner. Et même si pour parvenir à nous, vous êtes passés par le pouvoir, il faut continuer à parler avec nous.

Le pouvoir est d’accord pour qu’on parle des Droits de l’Homme, de ceux de la Femme…. Mais ça reste rhétorique. Il n’y a par contre pas de

Dialogue de culture parce qu’il y a une usurpation du mot culture. Ce qu’on appelle la culture ce sont des mœurs. La culture est quant à elle la production de la pensée. Si l’Europe accepte la culture telle qu’on l’entend aujourd’hui, cela signifie qu’on accepte une situation contre laquelle certains se battent dans leur propre pays.

En Algérie, il y a trois tabous : les Droits des Femmes, les Droits de l’Homme et la Démocratie. Il n’y aura pas d’Union pour la Méditerranée tant qu’on ne s’occupe pas de ça.

La Méditerranée ne peut être assimilée à la CECA (Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier). Entre les Européens, il y avait une communauté de pensée. En Méditerranée, il faut d’abord se charger de régler le conflit israélo-palestinien, des Droits de l’Homme, les Droits de la Femme et la Démocratie.

Mais en même temps, je ne demande pas que vous rejetiez tout rapport avec le pouvoir algérien dans la situation actuelle. Si vous traitez avec eux, vous traitez aussi un peu avec moi. Après c’est à moi d’agir. Surtout ne nous abandonnez pas, c’est ça que veut le pouvoir : créer une endogamie. La mort de mon père était le premier signe pour moi du retour à l’endogamie.

La société algérienne est aujourd’hui désemparée et ne voit que deux solutions : tuer l’Autre ou se perdre dans l’Autre. Ceux qui ont réussi à créer leur algérianité existent quand ils sont en France. Aujourd’hui seules ces deux solutions semblent se présenter pour la plupart.

 

 

Les Midis de la Méditerranée sont organisés conjointement par l’Institut MEDEA et le Mouvement Européen Belgique.

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