17/10/2008

Assemblée plénière de l’APEM et la situation en Israël/Palestine

Revue de presse : semaine du 13 au 17 octobre 2008

Très peu commentée par la presse, l’Assemblée plénière de l’Association parlementaire Euro-Méditerranéenne a eu lieu sur les bords de la Mer Morte le weekend dernier. Comme annoncé, le thème fut cette année les suites du sommet du 13 juillet dernier ainsi que la situation actuelle du conflit israélo-palestinien.

L’APEM a exprimé le souhait de faire partie intégrante du Processus de Barcelone : Union pour la Méditerranée en tant qu’institution parlementaire du partenariat, et a proposé un projet de texte juridique en ce sens. « Notre Assemblée doit jouer un rôle de contrôle et de proposition dans le cadre de l’UPM », a déclaré Tokia Saïfi (Parti Populaire Européen), présidente de la commission des affaires politiques de l’APEM. Ces recommandations sont faites en prévision du prochain Conseil des Affaires étrangères Euromed prévue les 3 et 4 novembre prochains à Marseille. (Communiqué de presse du Parlement européen ; Recommandations de l’APEM).

Outre ces recommandations, l’APEM a également abordé la situation au Proche-Orient soulignant l’importance de certaines problématiques. Tout d’abord le Président du Parlement européen et président en exercice de l’APEM a accentué l’importance des donateurs de l’APEM, qui représentent 60% de l’aide aux Palestiniens. Hans-Gert Pöttering a encouragé ces pays à ne pas tarir leur générosité, à ne pas se décourager. Il a souligné les difficultés que traversaient les Palestiniens pour redémarrer leur économie, pointant en particulier deux facteurs démoralisants : les colonies de peuplement d’une part, les nombreux obstacles à leur mobilité d’autres part. L’attention des parlementaires a aussi été attirée vers les projets de développement mis en place dans zones pilotes en Cisjordanie et Gaza pour relancer l’économie palestinienne (Déclaration de l’APEM).

Parallèlement à ces déclarations, la presse internationale souligne la dégradation de la situation dans les territoires palestiniens et en Israël. En Cisjordanie, le Palestine News Network informait hier que Tsahal avait tué trois jeunes Palestiniens en trois jours. Le Herald Tribune souligne que ces événements prennent place dans un climat général de montée des tensions entre colons, armée et Palestiniens. Selon l’armée israélienne, ces trois jeunes étaient tous sur le point d’utiliser des bombes incendiaires. Saeb Erekat, personnalité proche du pouvoir à Ramallah, a déclaré la réaction de l’armée israélienne « inacceptable » et mettant en mal les efforts de paix de l’AP.

Plus inhabituel, le climat de violence semble maintenant aussi s’étendre à Israël. Dans la ville d’Acre (Akko) où les communautés juives et arabes semblent vivre depuis longtemps côte à côte dans un climat d’entente cordiale, un incident survenu le weekend passé, a démontré la détérioration de la situation. Dans la nuit du 8 au 9 octobre, un automobiliste arabe a transgressé l’interdiction de circulation liée à la fête juive de Yom Kippour. Considérant cet acte comme une provocation, des jeunes juifs s’en sont pris au conducteur. Et le cycle des représailles s’est enclenché, provoquant émeutes anti-juives, et puis anti-arabes. Le Mondeexplique cette situation du fait de l’arrivée ces dernières années de colons juifs religieux venant de Cisjordanie ou de Gaza. Les Arabes de la ville d’Acre voient dans la répression et les expropriations qui ont lieu dans la foulée des émeutes, une tentative de nettoyer ethniquement la ville en en rejetant tous les Arabes, nous rapporte Haaretz.

Si la spirale de la vengeance prend le dessus sur les négociations, la situation politique particulièrement faible dans les deux pays ne pourra plus l’arrêter. L’Assemblée parlementaire Euro-Méditerranéenne a souligné l’importance et l’urgence de la situation, mais son message ne semble pas suffisamment entendu et écouté.