03/10/2008

Au-delà de la violence

Très peu remarquée, la date du 2 octobre a pourtant été attribuée par l’ONU pour célébrer la non-violence. Bien que les exemples les plus connus de luttes non-violentes soient ceux de l’Inde, de l’Afrique du Sud et de celle pour l’obtention de droits civils aux Etats-Unis, la région méditerranéenne a été, et est encore, le cadre de nombreuses luttes non-violentes. Parmi celles-ci, la résistance du peuple palestinien retiendra aujourd’hui notre attention.

Bien trop souvent c’est en termes de bombes et d’attentats suicides que nous parviennent les nouvelles de Palestine. Et pourtant, à côté de ces événements tragiques, des millions d’hommes et de femmes luttent pour les droits de leur peuple de manière non-violente.

En février dernier, par exemple, des milliers de Gazaouis ont formé une chaîne humaine de quelques 40 km de long pour protester contre le blocus israélien de la Bande de Gaza. Malgré son envergure, l’événement n’a fait que quelques titres dans la presse, rapidement balayé par un tir de roquette.

Survenue en 1987, la Première Intifada fut la première forme accomplie de résistance non-violente du peuple palestinien. Elle fut composée à nonante pourcent d’actions non-violentes et à dix pourcent de violence. Toutefois ces dix pourcent sont encore dix pourcent de trop et ont considérablement amoindri l’impact des actions non-violentes.

En effet, la non-violence est d’une puissance supérieure à la violence, mais pour cela, elle doit être appliquée comme l’unique stratégie, de manière systématique et catégorique. Prenons l’exemple de Ghandi : qu’aurait été l’impact de sa lutte si tout le peuple indien ne l’avait pas suivi ? De même, lors de manifestations, une poignée de casseurs suffit souvent à décrédibiliser des milliers de manifestants non-violents.

La non-violence est une méthode de lutte efficace, mais elle doit être intolérante vis-à-vis de la violence. Le point faible de la résistance non-violente en Palestine se trouve là : elle est trop conciliante envers la violence et offre alors trop facilement une justification à la répression israélienne. Malgré le courage et la force mis dans les moyens non-violents de lutte, la violence reste trop souvent l’arbre qui cache la forêt.

 

N.J.O.