31/10/2008

Etats-Unis et Union Européenne au Moyen-Orient : perspectives futures

A la lumière du raid américain mené dimanche passé en Syrie et des réactions qu’il a suscité aux Etats-Unis et en Europe, il est possible de tirer quelques conclusions et éventuellement quelques pronostics sur le futur des relations entre les deux puissances et sur leurs influences respectives au Moyen-Orient.

Peut-on tout d’abord parler d’Union Européenne comme d’un tout dans ce contexte ? On connaît la difficulté des Européens d’adopter des positions communes en matière de politique étrangère commune. Face au raid américain, une fois de plus, les réactions n’ont pas été unanimes. Bien que l’Angleterre se dirige tout comme la France vers un réchauffement de ses relations avec la Syrie, elle ne parvient pas encore à se distancer clairement de la stratégie américaine dans la région.

Le Moyen-Orient est la région du monde dans laquelle les pays européens semblent avoir le plus difficile à parler d’une seule voix. Souffrant d’un manque d’unité, il est à ce stade peu probable d’y pronostiquer un rôle prépondérant de l’Europe dans la région. Il y a un an, les donateurs pour la Palestine se rassemblaient à Paris. Une constatation pouvaient alors être faite : l’Europe est bel et bien le banquier du Moyen-Orient mais ne parvient pas à peser sur le plan politique.

L’idéal serait donc une action conjointe et concertée de l’Europe et des Etats-Unis au Moyen-Orient. L’administration Bush ne le permettait pas. De la guerre préventive en Irak au nouveau « droit de poursuite » conçu comme légitime défense, l’Europe n’a jamais unanimement soutenu les choix politiques de la précédente administration américaine au Moyen-Orient.

Les Etats-Unis élisent la semaine prochaine leur nouveau président. Les sondages laissent à espérer une victoire de Barack Obama, ce qui permet d’envisager une meilleure concertation entre les Etats-Unis et l’Union Européenne. A l’inverse, une victoire de John McCain et la poursuite de l’actuelle politique américaine au Moyen-Orient pourrait désolidariser un peu plus les deux puissances.

 

 

N.J.O.