10/10/2008

Montée en force des militaires en Turquie

Suite logique de l’attentat de vendredi passé ayant tué 17 militaires dans la caserne d’Aktütün, les mesures anti-terroristes ont été renforcées en Turquie. Les militaires exigent une liberté d’action qui en met mal à l’aise plus d’un. Certains parlent de retour en arrière sur les progrès faits en matière de Droits de l’Homme et de Libertés. Les dirigeants tentent quant à eux de rassurer, mais l’inquiétude persiste.

Souligné lors d’un précédent Edito en décembre passé, le processus d’adhésion ne motive plus grand monde, que ce soit en Europe ou en Turquie. Rien n’incite plus cette dernière à concéder davantage de libertés aux Kurdes, qui ne trouvent pour revendiquer leurs droits que le biais de la violence.

On ne peut évidemment que condamner une attaque comme celle d’Aktütün. On peut également comprendre le vote du Parlement mercredi, largement en faveur d’une prolongation du mandat de l’armée pour des interventions dans le Nord de l’Irak. Néanmoins on ne peut que regretter la tiédeur d’Ankara à entreprendre de réelles réformes en faveur du peuple Kurde. Pour prendre une image simple, une casserole laissée trop longtemps sur le feu sans que ne soit libérée un peu de pression, finira par exploser.

A chacun maintenant d’assumer ses responsabilités : à l’Europe de montrer davantage de perspectives d’avenir à la Turquie, à celle-ci de soigner les causes plutôt que les conséquences des violences du PKK, à ce dernier enfin d’adopter une stratégie plus intelligente que la violence face à une puissance militaire comme la Turquie.

 

N.J.O.