07/11/2008

Euro-arabe versus Euromed

Cette semaine l’Europe regardait vers le Sud à l’occasion de deux événements : la semaine arabe au Parlement Européen, et la réunion des Ministres des Affaires étrangères de l’Union pour la Méditerranée les 3 et 4 novembre à Marseille.

Premièrement, le Parlement Européen vivait sa « semaine arabe » dans le cadre de l’année pour le Dialogue Interculturel. Au fil des rencontres, des idées ressortent : celle d’une forte demande pour la reprise d’un vrai dialogue euro-arabe, et celle aussi d’un enthousiasme tiède, voire froid pour une Union pour la Méditerranée trop européenne et qui exclut arbitrairement certains Etats arabes.

Deuxièmement, la réunion des Ministres des Affaires étrangères de l’Union pour la Méditerranée a au début de la semaine à Marseille. Pour son premier exercice, la nouvelle structure Euromed s’est malheureusement montré peu convaincante, achoppant dès sa conception sur des querelles d’intérêts en tous genres. Soutenue par l’ensemble des membres arabes, la Ligue arabe a réussi a être acceptée comme participant à part entière, en échange d’un poste de secrétaire adjoint permanent pour Israël. D’autre part Barcelone obtient le siège du Secrétariat, ce qui fait regretter à certains un nouveau déséquilibre structurel vers le Nord.

L’impression générale au terme de cette semaine est que pour les pays arabes, l’UPM n’est qu’une structure de plus imposée par l’Europe sans consultation de ses partenaires du Sud. Elle ne satisfait pas. Elle est trop européenne, voire trop française, ou encore manipulée par Israël. Les pays arabes semblent vouloir traiter avec l’Europe en tant qu’Arabes et non en tant que Méditerranéens.

L’Europe semble de son côté accrochée à son projet euro-méditerranéen, quitte à le teinter d’ « euro-arabe ». Aujourd’hui membre de l’Union pour la Méditerranée, le Ligue Arabe est invitée à jouer un rôle plus actif. Il faudra maintenant voir ce que le Sud, et particulièrement les Etats arabes ont comme attente vis-à-vis de l’Europe car pour l’instant, rien n’est moins clair.

 

N.J.O.