12/12/2008

Debriefing/Briefing des présidences française et tchèque de l’UE

Conférence organisée le 12 décembre 2008
au Palais d’Egmont
par l’Institut MEDEA,
le Mouvement Européen International, l’Institut Egmont et Publicis Consultant

« Chapeau à la Présidence française! » : tel a été le cri du cœur lancé par Pat Cox, président du Mouvement Européen International, lors d’un débat consacré, le vendredi 12 décembre à Bruxelles, aux défis relevés par l’Union européenne au cours des six derniers mois et à ceux qui l’attendent pendant les douze mois à venir.

Lors de cette rencontre tenue en marge de l’Assemblée fédérale du Mouvement Européen, le ministre français de l’Agriculture, Michel Barnier, a tiré les enseignements des six mois de Présidence française du Conseil de l’Union, ponctués le jour même par le succès du Conseil européen tenu sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Milena Vicenova, Représentante permanente de la République tchèque auprès de l’Union, a décrit l’esprit dans lequel Prague abordait son premier semestre présidentiel. Le secrétaire d’Etat belge Olivier Chastel a fait de même pour l’action à mener sous la conduite de la Présidence belge au cours du deuxième semestre 2010.

Les trois intervenants ont confirmé la volonté initiale de leurs pays d’aborder leur Présidence respective dans un esprit de collégialité et de continuité. « Une Présidence est le maillon d’une chaîne », a expliqué Michel Barnier.

Pour sa part, Olivier Chastel a souligné la volonté du gouvernement belge de préparer sa Présidence du second semestre 2010 en prenant la mesure des attentes des citoyens européens. « La Belgique veut faire de sa Présidence un exercice d’écoute et d’information » afin de regagner leur soutien. M. Chastel a rappelé que les enjeux de cette présidence étaient encore incertains puisque l’avenir du Traité de Lisbonne n’était pas assuré et que 2009 allait voir un nouveau parlement et une nouvelle commission. Néanmoins, la Belgique aura à affronter un défi institutionnel, celui de mettre en place le traité de Lisbonne si celui-ci est accepté ou celui de « sauver quelques parties » du Traité, si celui-ci est rejeté.

La Belgique se donnera pour mission d’améliorer la communication de l’UE vis-à-vis de ses citoyens. Avec l’importance grandissante du parlement européen, on avait cru résorber le fameux « déficit démocratique » de l’UE, or en 2004, la participation aux élections européennes a été de 45%.  Pour enrayer ce décrochage entre l’UE et sa population, la Belgique compte associer la société civile dans cette présidence via des sollicitations des organes consultatifs, des séminaires et débats, un forum de discussion sur internet.

La Belgique connaîtra également le défi d’une présidence en équipe avec l’Espagne et la Hongrie. Un logo et un site communs aux trois Etats seront mis en place pendant 18 mois.
Enfin, les grands thèmes de cette présidence de 2010 se concentreront autour de :
· Du traité de Lisbonne
· De l’agenda social 2010
· De la crise financière
· Du programme « Justice »  de La Haye
· Du programme post Kyoto de fin 2009
· Des perspectives financières
· De la Politique européenne de voisinage

M. Barnier a souligné que Paris avait abordé cette tâche avec « humilité et le volontarisme » du président Sarkozy, ce qui avait permis d’être « utile et concret ». En témoignent, avance le ministre français de l’Agriculture et ancien commissaire européen, l’accord sur le « paquet climat », la manière dont l’Union a répondu à la crise financière et économique – notamment en convoquant, à Paris, un sommet entre les chefs d’Etat et de gouvernement de la zone euro et le Premier ministre britannique Gordon Brown – et la réactivité dont les Vingt-sept ont fait preuve dans un « contexte international » troublé, en particulier lors de la crise géorgienne. En somme, a conclu M. Barnier, ce semestre a permis de « mieux faire comprendre aux citoyens européens que, en temps de crise, l’Union européenne pouvait répondre à leurs besoins de protection » mieux que chacun de ses Etats membres ne le pourrait.

M. Barnier a rappelé que c’est avec quatre priorités en tête que la France avait abordé la présidence :

  • le pacte immigration,
  • la défense, 10 ans après St Malo, domaine qui a été au cœur des débats avec l’opération Atalante en Somalie,
  • l’agriculture et le paquet énergie- climat,
  • en ce qui concerne la politique extérieure, M. Barnier a souligné que « l’Europe a été là » et que lors de la crise en Géorgie elle a véritablement été acteur et non spectateur.

A propos de l’Union pour la Méditerranée, le ministre a estimé que le projet européen ne peut se suffire à lui-même et que l’UE ne pouvait rester indifférente à ses voisins. Il a souligné le succès du sommet du 13 juillet qui a mené à des « présences improbables » de chefs d’Etats.

Enfin, le ministre a appelé de ses vœux la mise en place d’une « économie sociale de marché » s’appuyant sur la gouvernance et la régulation pour faire face à la crise mondiale.

Les priorités de la prochaine Présidence tchèque s’inscriront dans la même dynamique. Au-delà de gérer les suites de la crise financière et économique ainsi que le défi énergétique, Prague veillera également, a indiqué Mme Vicenova, à faire en sorte que les élections européennes et que la nomination de la prochaine Commission soient un succès. A cette fin, elle a tenu à rassurer que le Traité de Lisbonne serait ratifié. Elle a expliqué que la présidence tchèque se fonderait sur trois « E » : économie, énergie et extérieur. Pour remettre à flot des économies sévèrement touchées par la crise, elle estime qu’il faut rejeter tout protectionnisme et se méfier de trop de régulation.

Concernant l’énergie, la République Tchèque tient à se focaliser notamment sur a question de la diversification des sources d’approvisionnement dans une optique de sécurité énergétique pour l’Europe.

Le renforcement de la Politique de voisinage avec les pays d’Europe de l’Est et le renforcement des relations transatlantiques seront aussi des priorités des prochains mois, ainsi que les Balkans occidentaux.

Enfin, Mme Vincenova a rappelé l’importance de  l’année 2009 qui verra le 20è anniversaire de la chute du mur de Berlin.