05/12/2008

Le vote sur le renforcement des relations UE/ Israël repoussé

Revue de presse- semaine du 1er au 5 décembre 2008

Cette semaine, la ministre israélienne des affaires étrangères Tzipi Livni s’est rendue à Bruxelles dans le cadre de la soumission au Parlement européen d’une proposition de renforcement de la relation entre l’UE et Israël. Cependant, alors que le vote devait avoir lieu ce jeudi, les députés européens ont voté un report du vote de l’avis conforme sur cet accord- cadre.

Mardi, alors que la ministre des affaires étrangères israélienne Tzipi Livni s’exprimait devant le Comité des Affaires étrangères du Parlement européen sur les progrès d’Israël dans les négociations avec les Palestiniens, le député français Daniel Cohn Bendit l’a interpellée en lui demandant : « Comment pouvez vous parler de progrès quand des enfants palestiniens sont retenus aux check points et ne peuvent pas aller à l’école ? », rapporte le quotidien israélienHaaretz.
Le même jour, les législateurs européens ont déclaré à Mme Livini que son pays devait faire plus pour arrêter l’expansion des colonies qui menace les efforts de paix israélo- palestiniens. La ministre a par ailleurs rencontré le président de la commission européenne, Jose Manuel Barroso pour s’entretenir de la question de la participation d’Israël à des programmes européens d’envergure dans les domaines des douanes, de l’environnement et de la santé entre autres.

Le Palestinian News Network souligne que le ministre français des Affaires étrangères aurait noté que « Livni rejetait les exigences européennes de lever le siège imposé à Gaza et d’ouvrir les voies d’accès ». Le Vice président du parlement a estimé qu’ « Israël ne prenait pas ses engagements au sérieux ». Enfin, le PNN note que c’est l’expansion des colonies juives qui a affaibli la position d’Israël aux yeux des Européens.

Dans une dépêche AFP, M. Fayyad, Premier ministre palestinien, a souligné lors d’une rencontre avec des diplomates européens qu' »au moment où l’UE discute d’un resserrement (avec Israël), le niveau de misère à Gaza n’a jamais été aussi élevé« , en raison du blocus israélien. Il a aussi relevé la poursuite de la colonisation dans les territoires palestiniens occupés, le maintien des barrages militaires et la démolition de maisons palestiniennes par Israël, en dépit de la relance des négociations de paix en novembre 2007 à Annapolis.
« Le message que vous enverrez à l’électorat israélien consistera à lui dire que l’UE resserre ses relations avec Israël sans tenir compte de son comportement« , a dit M. Fayyad aux diplomates, alors que de nouvelles élections sont prévues pour le 10 février 2009. M. Fayyad avait déjà adressé une lettre à l’UE fin mai l’exhortant à ne pas resserrer ses liens avec Israël, ce qui lui avait valu de violentes critiques de la part de l’Etat hébreu.

Pour le quotidien algérien El Watan, il s’agit d’une « prime à l’agression » que l’UE offrirait à Israël et qui pourrait « torpiller l’Union pour la Méditerranée ».

Le mercredi 3 décembre, les Parlementaires européens ont voté pour le report du vote sur la participation d’Israël aux programmes communautaire.  D’après le groupe parlementaire des Verts, ce report a été justifié par le fait que la situation en Israël et en Palestine n’a pas évolué conformément aux engagements pris lors de la conférence d’Annapolis et que le report du vote constitue un moyen de pression du Parlement Européen pour pousser à des avancées concrètes dans le processus de paix et améliorer la situation dans les territoires occupés et en particulier à Gaza. Ce report a été soutenu par les groupes GUE (Gauche Unie européenne), Verts et PSE (Parti socialiste européen) mais également par une partie des Libéraux et des députés du PPE. Une (petite) majorité des parlementaires européens a voté pour le report du vote : 194 députés pour le report (toute la gauche et quelques députés de droite) et 173 ont voté contre.

« L’honneur du Parlement est sauvé » a estimé Véronique De Keyser, député PSE au Parlement européen, sur son site personnel.