12/12/2008

Opposition entre la Turquie et Chypre sur la question énergétique

Revue de presse – semaine du 8 au 12 décembre 2008

Les informations concernant la succession d’incidents ayant opposés des bâtiments de la marine turque et des navires d’exploration pétrolière affrétés par le gouvernement chypriote ont été égrainées de façon très parcimonieuse tout au long du mois de novembre.
Très peu d’informations ont filtrés quant au déroulement même des interventions de la marine turque à l’encontre des missions chypriotes. C’est le commissaire européen chypriote Marcos Kyprianou qui révéla l’incident à la presse en précisant que Nicosie avait « déposé toutes les protestations nécessaires et pris toutes les mesures envisageables » comme le relate l’agenceAFP.
La presse a davantage couvert les réactions du gouvernement de Nicosie, particulièrement à partir de l’envoi d’une lettre de protestation par le Président chypriote Christofias au secrétaire général de l’ONU Ban Ki-Moon le 14 novembre. AFP rapporte une partie du contenu de cette lettre: « Je me trouve dans la position déplaisante d’exprimer ma consternation à propos de la poursuite de telles actions agressives ».

Le journal turc Hürriyet revient quant à lui sur les déclarations du Président chypriote à l’encontre de la Turquie accusant cette dernière de mener des « actions de provocations » en pleines négociations de réunification de l’île. Le quotidien turc relate par ailleurs une information très peu relayée dans la presse européenne à savoir l’envoi par le leader chypriote turc Ali Talat à son tour au Secrétaire général de l’ONU d’une lettre de protestation à l’encontre des missions d’exploration pétrolière chypriotes-grecques. Dans cette lettre datant du 26 novembre 2008, Talat déclara que « toute activité unilatérale chypriote grecque menée avant un règlement global des délimitations des zones de juridiction maritime viole les droits chypriotes turcs ».

Si la presse européenne ne semble que peu interpelée par les incidents du mois de novembre, elle couvre beaucoup plus largement la déclaration des Ministres des Affaires Etrangères des 27 Etats membres de l’Union publiée au sortir du Conseil Affaires Générales et Relations Extérieures selon laquelle « la Turquie n’a accompli, au cours de l’année écoulée, que des progrès limités, notamment en matière de réformes politiques ». Cette déclaration fait suite à un rapport très négatif de la part de la Commission européenne au mois de novembre.

La question énergétique risquant de bloquer le processus d’adhésion déjà fortement enlisé risque d’éroder un peu plus la patience d’Ankara. Le Figaro cite à ce sujet Cengiz Candar, éditorialiste du journal libéral turc Radikal : « la Turquie attend une reconfirmation officielle qu’elle deviendra bien membre de l’UE si elle remplit tous les critères d’adhésion». Si cela ne devait pas se produire, la Turquie envisagerait de se tourner vers d’autres partenaires dont la Russie, son principal fournisseur en Gaz naturel et allié influent sur la scène régionale caucasienne.