23/01/2009

Une action européenne fragmentée au Moyen-Orient

Depuis le cessez-le-feu dans la bande de Gaza, l’Europe semble enfin se réveiller. Depuis dimanche de nombreuses initiatives de l’Union ou de ses membres ont été proposées pour renforcer l’arrêt des hostilités, encore fragile, entre l’Etat d’Israël et le Hamas : rencontre à Sharm-el-Sheikh dimanche, plan allemand pour renforcer le cessez-le-feu, proposition française d’une conférence de paix, visite de Tzipi Livni à Bruxelles. Et pourtant, rien n’est clair.

Rien n’est clair premièrement quant à l’acteur en scène : est-ce l’Union Européenne qui parle, est-ce la France ou l’Allemagne, ou encore la présidence de l’Union pour la Méditerranée ? A cette énumération, il faut également mentionner l’action européenne au sein du Quartet et de son représentant pour le Proche-Orient, Tony Blair. La difficulté de compréhension de la politique extérieure de l’Union a pris cette semaine une ampleur jamais vue. La presse a ainsi pu constater une Union Européenne restant sur ses positions concernant le Hamas, tandis que la France déclarait vouloir entamer un dialogue avec ce mouvement. Nicolas Sarkozy a également mentionné une éventuelle conférence de paix à Paris qui se baserait avant tout sur les efforts franco-égyptiens, sans pour autant parler de l’Union pour la Méditerranée dont les deux pays occupent la co-présidence.

Deuxièmement, s’il semble certain que les Européens veulent apporter une aide humanitaire à la population gazaouie, le positionnement politique des vingt-sept n’est pas encore sortie de la nébuleuse. Refusant d’ouvrir le dialogue avec le Hamas, ils n’en appellent pas moins à la constitution d’un gouvernement d’union nationale réunissant Hamas et Fatah pour la reconstruction de la bande de Gaza. D’autre part l’Union Européenne prétend utiliser le rehaussement de ses relations avec Israël comme une « carotte » mais ne possède plus aucun « bâton » pour obtenir de l’Etat hébreu qu’il ouvre les points de passage avec la bande de Gaza.

Incohérente, divisée et faible, telle est donc l’image que nous laisse l’action extérieure de l’Union européenne au Moyen-Orient à l’aube de la nouvelle présidence américaine. Dans ces conditions, elle ne saurait garder une place de choix face à l’administration de Barack Obama, déjà occupée sur le dossier trois jours après l’investiture.

Nathalie Janne d’Othée