Le 11 mars dernier, une circulaire du ministre de l’Intérieur, Ziad Baroud permettait aux Libanais de choisir s’ils supprimaient ou non la mention de leur religion sur leur registre d’état civil, document nécessaire à chaque démarche administrative ainsi qu’au travail.

Dans un pays toujours hanté par la guerre civile et où l’appartenance religieuse est la référence identitaire – 18 confessions sont reconnues – cette mesure est tout sauf anodine. Il s’agit déjà d’une victoire pour les associations demandant depuis des années l’instauration d’un statut personnel civil dans un pays où pour se marier entre personnes de différentes confessions, il faut aller à Chypre. Par ailleurs, dans un contexte mondial de tensions et revendications exacerbées entre communautés religieuses, cette initiative dénote.

« Un pas vers la laïcité » avance Le Point. Symboliquement, certainement car ne pas avoir à se définir selon sa religion permet de ne pas être réduit à une appartenance à une confession mais d’exister en tant que citoyen libanais avant toute autre forme d’allégeance.

Cependant, il serait naïf de voir dans cette mesure un pas vers une « dé-confessionalisation » du Liban.  Pour l’instant, son impact est limité puisque mariages, divorces et héritages sont gérés selon la confession  du citoyen.

Plus largement, un dépassement des cadres communautaires dans les années à venir au Liban est improbable à moins d’une révision complète du système confessionaliste libanais. En effet, la constitution de 1926 implique que le président de la République soit chrétien maronite, le Premier ministre musulman sunnite et le président de  l’Assemblée nationale musulmanchiite. Si le système génère incontestablement de violentes tensions et des blocages, il constitue l’essence du pacte conclu entre les communautés libanaises et la clef de l’équilibre même du pouvoir, de la société et de l’administration.

De fait, ce pas  vers « l’anonymat religieux », comme l’appelle Libération, pourrait-t-il être suivi d’autres pas ou le statut des citoyens est-il dans l’impasse, conditionné par cet ordre propre au Liban ? Peut-on progresser vers un statut civil sans toucher à l’équilibre libanais ou bien, à l’instar de l’URSS de Gorbatchev, le système libanais est-il non-réformable ? Positive car preuve d’une évolution des mentalités et d’une volonté de modernisation, cette initiative devra se voir accompagnée d’une remise en question de l’organisation même de la société et du pouvoir libanais pour se voir donner tout son sens.

Luce Ricard

 

 

On March 11th, a circular of the Minister of Interior Ziad Baroud allowed Lebanese citizens to choose whether they wanted or not to remove the reference to religion on their civil register, a document required for each administrative demand as well as at work.

In a country still haunted by civil war and where the religious community is the identity reference – 18 faiths are recognized – this measure is anything but trivial. It is at least a victory for associations asking for years for the introduction of a civil personal status in a country where people of different faiths must go to Cyprus to get married. Moreover, in a global context of exacerbated claims and tensions between religious communities, this initiative shows a great contrast.

« A step towards secularism”, assesses Le Point. Symbolically, it is indeed a major step because not to have to be defined by a religion allows not to be reduced to a membership of a confession but to exist as a Lebanese citizen before any other allegiance.

However, it would be naive to see this measure as a step toward a « de-confessionalization » of Lebanon. For now, its impact is limited as marriages, divorces and inheritance are managed according to the confession of the citizen.

More broadly, going beyond communities in the coming years in Lebanon is unlikely to happen unless a complete overhaul of the Lebanese communautarian system. Indeed, the constitution of 1926 requires that the president has to be a Maronite Christian, the Prime Minister a Sunni Muslim and the chairman of the National Assembly a Shiite Muslim.

If the system generates obvious violent tensions and blockages, it is the essence of the pact concluded between the Lebanese and the key to the balance of power sharing itself, society and administration.

In fact, could this step towards a « religious anonymity », as it is called by the daily Liberation, be followed by others or is the status of citizens in a deadlock, conditioned by the prevailing national organization? Can we move towards a civilian status without affecting the balance of Lebanon or, like Gorbachev’s USSR, is the Lebanese system impossible to reform? This measure is clearly positive as an evidence of changing mentalities and willingness of modernity but it will have to be followed by a questioning of the very organization of the Lebanese society to be given its full meaning.

Luce Ricard

 

 

Revue de presse – semaine du 23 au 27 février 2009

A l’heure où la religion a une place grandissante au Moyen- Orient et dans un pays caractérisé par un morcellement communautaire, une circulaire publiée par le ministre de l’Intérieur Ziad Baroud le 11 février dernier permet à un citoyen libanais de s’abstenir d’enregistrer sa confession, d’en supprimer la mention dans la fiche d’état civil ou de la garder, explique l’AFP.

Une décision historique

Pendant la guerre civile, les Libanais ont vécu dans la crainte de « l’assassinat à la carte d’identité ». La religion étant inscrite sur le document, il était facile pour un milicien de décider du sort de son porteur selon la communauté à laquelle il appartenait, rappelle La Libre Belgique. Quand la guerre a pris fin, la mention de la confession a été supprimée des cartes d’identité mais pas des registres d’état civil, nécessaires à toute démarche administrative et dans le cadre professionnel.

Il s’agit d’une décision historique dans un pays qui reconnaît 18 confessions, où le pouvoir est partagé sur des bases confessionnelles, de même que les postes dans l’administration publique. Les communautés religieuses bénéficient également d’une autonomie législative et judiciaire en matière de statut personnel : par conséquent, sur les questions de mariage, divorce ou encore succession, les Libanais ne sont pas tous soumis au même régime juridique. Pour certains, cette mesure pourrait mener à l’instauration d’un mariage civil aujourd’hui inexistant au Liban.

Néanmoins, il paraît difficile d’évaluer aujourd’hui les conséquences de cette circulaire. « Cette décision est historique (…) Mais en ce qui concerne son impact, il dépendra de la réponse des Libanais », confirme Kamal Salibi, historien libanais et membre du Centre civil pour l’initiative nationale, dans le quotidien belge.

Un symbole positif plus qu’une laïcisation du Liban

De nombreux représentants de la société civile, tout en saluant la décision du ministre de l’Intérieur, ont souligné son caractère essentiellement symbolique.  » C’est un pas dans la bonne direction, mais le gouvernement doit faire un pas supplémentaire et assurer que tous les citoyens puissent avoir accès à des lois sur le statut personnel qui ne sont pas fondées sur la religion et qu’ils puissent bénéficier d’un traitement égal « , estime Nadim Houry, représentant au Liban de Human Rights Watch dans La Libre Belgique.

De leur côté, les autorités religieuses restent sereines face à la directive du ministre de l’Intérieur.  » L’Eglise n’est pas inquiète; cette décision ne remet rien en cause pour nous « , estime le Père Bou Qassem, directeur du centre d’information catholique, un avis partagé par le Cheikh Mohamed Noukari, directeur de Dar el-Fatwa, le conseil communautaire sunnite. Il convient néanmoins de relativiser les conséquences de cette mesure  notamment concernant l’instauration d’un mariage civil au Liban car ni l’un ni l’autre ne pense notamment que cette mesure pourrait ouvrir la voie au mariage civil, malgré le soutien de toute une frange de la société à cette réforme depuis des années. Sur la question du mariage civil, le Père Bou Qassem rappelle que « l’Eglise y est opposée  (…) mais que si une décision est prise, nous l’accepterons bien sûr ».  Par contre, le Cheikh Noukari se dit «  totalement contre » et assure « qu’il n’y aura jamais de mariage civil au Liban » car cela « mettrait le Liban en danger, car il toucherait au compromis entre les religions sur lequel (le) pays est fondé ». La Libre Belgiqueexplique que certains analystes estiment que c’est surtout par peur de perdre leur influence que les autorités religieuses s’opposent au mariage civil.

Par ailleurs, la BBC souligne ce que les militants des droits de l’Homme rappellent : dans un pays tel que le Liban cette décision est positive mais purement symbolique. En effet, Nadim Houry de Human Rights Watch avance que l’ensemble du système libanais reposera malgré ça sur la confession religieuse du citoyen puisque si quelqu’un décide de supprimer la mention de sa religion de l’état civil, l’Etat la connaîtra quand même pour savoir selon quelle pratique procéder au mariage ou au divorce de l’individu en question.

De ce fait, les militants des droits de l’Homme et des droits civils font campagne pour un code civil unifié au nom duquel les représentants de tous les groupes religieux seraient traités de manière égale. Mais pour la BBC, une telle réforme semble encore loin pour le Liban.

 

 

Press review – week from February 23 to 27, 2009

At a time when religion has a growing place in the Middle East and in a country characterized by a community fragmentation, a circular issued by the Interior Minister Ziad Baroud on February 11th allows Lebanese citizens not to record his religious confession, to delete the reference in his civil status form or to keep it, says AFP.

A historical decision

During the civil war, the Lebanese have lived under the fear of « the identity card killings. » Indeed, since religion is written on the paper, it was easy for a militia to decide the fate of people, depending on the community to which they belonged, said La Libre Belgique. When the civil war ended, the mention of the confession has been removed from identity cards but not from the civil registers which are required for any administrative demand and in the professional field.

This is a historical decision in a country which recognizes 18 faiths and where power and posts in public administrations are based on the religious communities. These communities also benefit from legislative and judicial autonomy in matters of personal status: therefore, on issues such as marriage, divorce or inheritance, Lebanese people are not submitted to the same legal regime. For some associations, this new step could lead to the creation of a civil marriage, which does not exist today in Lebanon.

However, it seems difficult to assess now the consequences of this circular. « This is a historical decision (…) but in terms of impact, it will depend on the response of the Lebanese, » says Kamal Salibi, a historian and member of the Lebanese Center for the civilian national initiative, in the Belgian daily.

A positive symbol rather than a secularization of Lebanon

Many civil society representatives, while welcoming the decision of the Minister of Interior, stressed that this initiative was essentially symbolic. « It is a step in the right direction, but the government must go a step further and ensure that all citizens have an access to personal status laws that are not based on religion and that they can receive an equal treatment” , considers Nadim Houry, the Human Rights Watch representative in Lebanon, in La Libre Belgique.

Meanwhile, religious leaders remain serene after the directive of Minister of Interior. “The Church is not worried about this decision, which does not question anything for us, » says Father Bou Qassem, director of the Catholic Information Center. This opinion is also shared by Noukari Sheikh Mohamed, Director of Dar el-Fatwa, the Sunni community board. Nevertheless, it seems needed to put the consequences of this measure in perspective, particularly concerning the establishment of a civil marriage in Lebanon since no religious leader thinks that this measure could lead the Lebanese society to civil marriage, despite the support to such reform by a great fringe of the society for years. On the issue of civil marriage, Father Bou Qassem says that « the Church is against (…) but if a decision is taken, we will accept it of course » while Sheikh Noukari says he was « totally against » and ensures « that there will never be a civil marriage in Lebanon » since it « would put Lebanon in danger because it would affect the compromise between religions on which the country is based. » La Libre Belgique explains that some analysts believe that it is mostly for fear of losing their influence that religious leaders are opposed to civil marriage.

In addition, the BBC stressed what Human Rights groups recalled: in a country like Lebanon, this decision is positive but purely symbolic. Indeed, Nadim Houry of Human Rights Watch argues that despite this new measure, the whole system will remain based on the religious denomination of citizens. Indeed, if someone decided to delete the mention of his religion from his civil status form, the State will anyway have to know it in order to be able to decide under which practice his marriage or divorce has to be proceed.

Therefore, Human and civil rights associations launch campaigns advocating for a unified civil code under which the representatives of all religious groups would be equally treated. But for the BBC, such a reform still seems far away for Lebanon.

 

 

Mauritania is not often the focus of international news and it is probably not only because it is not the largest country neither of the Union of the Arab Maghreb nor of the African Union but also because the political processes taking place never end in violences.

However, since the eviction in August 2008 of the President democratically elected in April 2007 and the installation by the military government supported by the Parliament, also democratically elected in April 2007, and the majority of mayors The international perception of the Mauritanian reality evolves and is subject to consultations with the last taking place today in Paris.

The Cotonou agreements imply, in fact, that the European Union opens consultations each time that the constitutional order of a partner country is changed. Consultations with the Mauritanian authorities progress even though they have not always been held in a climate of trust and mutual understanding.

The blocking of the institutions by the President of the Republic has created a conflict between him and the majority of the elected parliament and led to the installation of a government by the military.

This new situation may be interpreted or presented in a simplistic way if we ignore certain realities. But remember, that:

1 / The majority of the polls in April 2007, both the Parliament and the President of the Republic, was the result of sociological data set in history when military power supported and organized the return to democracy.
2 / The way to govern of the President during his 15 months in office had created inefficiencies in the governance of the State
3 / These have been the object of discontent and protests growing in population and Parliament.
4/The majority in Parliament has challenged the political behaviour of the President, and
the conflict has been unwound by replacing it by a High Council of State headed by the military.

He set up a government of technicians led by Dr. Moulaye, former Ambassador of Mauritania in Brussels and expert from a long time of the European institutions. And this government respects the normal functioning of institutions under the Constitution.

It is therefore desirable and mutually beneficial that beyond the purely legal procedures, the European Union and the Government in place close this period of democratic protests, and this by the organization, as planned in June 2009, of a presidential election transparently and democratically controlled.

 

Charles Ferdinand Nothomb
Minister of State
Vice-President of the MEDEA Institute

 

 

La Mauritanie n’est pas souvent au centre de l’actualité internationale et c’est sans doute parce que non seulement ce pays n’est pas le plus important ni de l’Union du Maghreb arabe ni de l’Union africaine mais parce qu’aussi les processus politiques qui s’y déroulent, n’entraînent jamais la violence.

Toutefois depuis la mise sur la touche en août 2008 du Président de la République démocratiquement élu en avril 2007 et l’installation par les militaires d’un gouvernement soutenu par le Parlement, lui aussi démocratiquement élu en avril 2007, et par la majorité des maires,  la perception internationale de la réalité mauritanienne évolue et fait l’objet de consultations dont la dernière a lieu ce 20 février 2009 à Paris.

Les accords de Cotonou impliquent, en effet, que l’Union européenne ouvre des consultations toutes les fois que l’ordre constitutionnel d’un pays partenaire est modifié.
Les consultations avec les autorités mauritaniennes avancent même si  elles ne se sont pas toujours déroulées  dans un climat de confiance et de mutuelle compréhension.

Le blocage des institutions par le Président de la République a engendré un conflit  entre ce dernier et la majorité du Parlement élu et a débouché sur l’installation d’un gouvernement  par les militaires.

Cette nouvelle situation peut être interprétée ou présentée de manière simpliste si l’on ignore certaines réalités. Mais il faut se rappeler,  que :

1/ La majorité des urnes en avril 2007, tant pour le Parlement que pour le Président de la République, résultait de données sociologique set historiques dans lesquelles les militaires au pouvoir avaient appuyé et organisé le retour à la démocratie.
2/ La manière de gouverner du Président de la République durant ses 15 mois d’office avait créé des dysfonctionnements de la gouvernance de l’Etat
3/ Ceux-ci ont fait l’objet de mécontentement et de contestations grandissantes dans la population et au Parlement.
4/La majorité du Parlement a  contesté le comportement  politique du Président,
le conflit a été dénoué par le remplacement de ce dernier par un Haut Conseil d’Etat dirigé par les militaires.

Celui-ci a  mis en place  un gouvernement de  techniciens dirigé par le Docteur Moulaye,  ancien ambassadeur de la Mauritanie à Bruxelles et expert depuis longtemps dans les institutions européennes. Et ce gouvernement respecte le fonctionnement normal des institutions prévues par la Constitution.

Il est donc souhaitable et mutuellement bénéfique qu’au-delà des procédures purement juridiques, l’Union européenne et le gouvernement en place s’entendent pour clôturer démocratiquement cette période de contestations, et ce par l’organisation, comme prévu en juin 2009, d’une élection présidentielle transparente et démocratiquement contrôlée.

Charles Ferdinand Nothomb
Ministre d’Etat
Vice-Président de l’Institut MEDEA

 

 

Press review – week from February 16 to 20, 2009

On February 20th, the military junta in Mauritania has presented its proposal to end the crisis, in Paris. The High State Council, set up by the junta since the 6th of August coup, which had ousted the democratically elected President Sidi Cheikh Abdellahi Oud now rules the country. The international community has largely condemned the disruption of the democratic order.

It has to be recalled that on October 20th, representatives of the junta were in Paris to meet the European authorities. On that occasion France 24 reported a press release of the French Presidency of the EU saying that « The European Union considers that the coup occurred in Mauritania on 6 August 2008 constitutes a serious violation of the essential elements of (…) the Cotonou Agreement « , and » could not noted satisfactory proposals.” The EU had expressed its wish to hear the positions of President Abdellahi and had given a one-month period to the junta to prove its good will after which sanctions would be taken. In addition, the French Presidency had concluded that « the ongoing cooperation activities would be limited to the actions of a humanitarian nature or of direct benefit to people and the implementation and payments relating to contracts already in execution that can not be interrupted. »

At the expiration of the ultimatum, no sanction had been applied, relates the information siteAfrik.com, despite a meeting in Addis Ababa between the African Union (AU), the EU, the UN, the International Organization of the French speaking world, the Organization of the Islamic Conference (OIC) and the Arab League on November 21st. On this occasion, members of the former democratically elected government who were Paris have expressed support for the proposal of Mr Kouchner of targeted sanctions on officials of the junta. Meanwhile, representatives of the junta also came to Paris and declared that the EU did not understand that the purpose of the junta was not to establish a dictatorship, but to liberate the country from a corrupt government. The junta had also stated that if Europe does not support it, it would turn to other trading partners like China.

No economic sanctions have been taken yet by the EU, which has even signed a new agreement with Mauritania. This agreement was concluded under pressure from Spain and provided for the payment of 86 million euros in annual contribution of fisheries agreements between Nouakchott and Brussels. Spain is indeed the first country to exploit the fisheries resources of Mauritania.

In December the junta somehow yielded to international pressure. On December 21st, it frees deposed President Sidi Ould Sheikh Abdellahi. The website Afrik.com emphasizes that the former president had spent 136 days in his guarded house in Lemden, his native village. The release had been agreed earlier this month and had to be applied before 24 December.

A few days later, the High Council of State showed another effort to meet the requirements of the African Union and the European Union and calls on all political actors in the country for days of national consultation from December 27th to January 5th to schedule a presidential election.

Following these days, called the General states for democracy, the opposition party of the Rally of Democratic Forces opposed the conclusions. On January 8th, the information websiteAfrique en ligne reported that the leader of the RDF, Ahmed Ould Daddah, had withdrawn from the consultation a few days before the end of the works, believing that the junta did not take any clear position concerning its participation or not in the upcoming presidential election. The opposition party said on this occasion that this consultation had taken place « in an atmosphere of confusion, opposing the expectations of Mauritanians and in an atmosphere of election campaign, with the blessing of the military. »

The RDF has remained on its positions and the news agency Xinhua reported that it refused the plan that had been proposed by the junta to get out of the crisis, on Wednesday. This proposal is intended to be presented in Paris on Friday. It provides for the resignation of General Ould Abdel Aziz, the current President, 45 days before the presidential elections scheduled on next June 6th.

The AFP reports a release of the RDF, which states that the resignation of the head of the junta « will be a cosmetic operation, unacceptable and lip. » The opposition movement accuses the General Abdellahi of « processing with minute adjustments and placing men of trust at different levels of the State apparatus, thus locking the end of the competition. »

On the international side, the results of Friday meeting are expected. The Xinhua news agency reported that as Chairman of the African Union, Muammar Gaddafi has offered a Libyan mediation to resolve the crisis in Mauritania. His spokesman, Mr. Medani, urged the Mauritanian forces to get around the table to reach a solution. Speaking of the Libyan experience, he also cautioned against any transfer of the Mauritanian field to the Security Council of the United Nations, knowing the possible economic and diplomatic sanctions that would follow.

We know by a communiqué of the IOF that Abdou Diouf, Secretary General of the organization of the French speaking world, met last Wednesday in Paris with Jean Ping, President of the African Union Commission to discuss the Mauritanian crisis.

Invited by the International Organization of the French speaking world, the international contact group set up to manage the crisis met in Paris on this Friday 20 of february.

Today, the meeting conclusions had not been published yet.

 

 

Revue de presse – semaine du 16 au 20 février 2009

Ce vendredi 20 février, la junte militaire au pouvoir en Mauritanie a présenté sa proposition de sortie de crise à Paris. Le Haut Conseil d’Etat mis en place par la junte dirige le pays depuis le putch du 6 août dernier qui avait chassé le Président élu démocratiquement, Sidi Oud Cheikh Abdellahi. La communauté internationale avait en grande partie condamné cette perturbation de l’ordre démocratique.

On se souvient que le 20 octobre dernier, les représentants de la junte étaient à Paris pour rencontrer les autorités européennes. A cette occasion France 24 rapportait un communiqué de la Présidence française de l’UE disant que « L’Union européenne considère que le coup d’Etat survenu en Mauritanie le 6 août 2008 constitue une violation grave des éléments essentiels (…) de l’Accord de Cotonou », et qu’elle «  n’a pas pu noter de propositions satisfaisantes ». L’UE avait déclaré vouloir entendre les positions du Président Abdellahi et avait laissé un mois à la junte pour faire ses preuves après quoi des sanctions seraient prises.  En outre la présidence française avait conclu que « les activités de coopération en cours seraient limitées aux actions à caractère humanitaire ou bénéficiant directement aux populations et à la mise en oeuvre et aux paiements relatifs aux contrats déjà en exécution qui ne peuvent pas être interrompus ».

A l’expiration de l’ultimatum aucune sanction n’a été appliquée rapporte le site d’informationAfrik.com, et ce malgré une réunion le 21 novembre à Addis Abeba entre l’Union Africaine (UA), l’UE, l’ONU, l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), l’Organisation de la Conférence islamique (OCI) et la Ligue arabe. A cette occasion, des membres de l’ancien gouvernement démocratiquement élu en déplacement à Paris ont déclaré soutenir la proposition de Mr Kouchner de sanctions ciblées sur les responsables de la junte. De leur côté des représentants de la junte aussi en visite à Paris avaient déclaré que l’UE ne comprenait pas que le but de la junte n’était pas d’établir une dictature mais de libérer le pays d’un gouvernement corrompu. La junte avait également déclaré que si l’Europe ne la soutenait pas elle se tournerait vers d’autres partenaires commerciaux comme la Chine.

Aucune sanction économique n’a encore été prise par l’UE, qui a même signé un nouvel accord avec la Mauritanie. Celui-ci fut conclu sous la pression de l’Espagne et prévoyait  le versement de 86 millions d’euros en contrepartie annuelle des accords de pêche liant Nouakchott à Bruxelles. L’Espagne est le premier pays exploitant les ressources halieutiques de la Mauritanie.

En décembre la junte cède quelque peu face aux pressions internationales. D’une part, le 21 décembre, elle libère le Président déchu, Sidi Ould Sheikh Abdellahi. Le site Afrik.comsouligne que ce dernier avait passé 136 jours en résidence surveillée à Lemden dans son village natal. La libération avait été convenue au début du mois et devait être appliquée avant le 24 décembre.

Quelques jours plus tard, le Haut Conseil d’Etat fait preuve d’un autre effort pour satisfaire aux exigences de l’Union Africaine et de l’Union Européenne et convie tous les acteurs politiques du pays à des journées de concertation nationales du 27 décembre au 5 janvier pour fixer la date d’une élection présidentielle.

Suite à ces journées, appelées Etats généraux de la démocratie, le parti d’opposition du Rassemblement des Forces Démocratiques s’est opposé aux conclusions. Le 8 janvier dernier, le site Internet d’information Afrique en Ligne rapportait que le leader du RFD, Ahmed Ould Daddah, s’était retiré de la concertation quelques jours avant la fin des travaux, estimant que la junte ne prenait aucune position claire quant à sa participation ou non aux prochaines élections présidentielles. Le parti d’opposition avait déclaré à cette occasion que cette concertation s’était déroulé « dans une atmosphère de confusion contraire à l’attente des Mauritaniens et dans une ambiance de campagne électorale, avec la bénédiction du pouvoir militaire ».

Le RFD est resté depuis sur ses positions et l’agence de presse Xinhua rapporte qu’il a refusé, mercredi, le plan proposé par la junte pour sortir de la crise. Cette proposition est destinée à être présentée à Paris  ce vendredi. Elle prévoit la démission du Général Ould Abdel Aziz, actuel Président, 45 jours avant la tenue des élections présidentielles le 6 juin prochain.

L’AFP rapporte un communiqué du RFD qui déclare que la démission du chef de la junte « sera une manœuvre cosmétique, inacceptable et de pure forme ». Le mouvement d’opposition accuse le général Abdellahi d’avoir « procédé avec minutie à des aménagements et placé des hommes de confiance aux différents niveaux de l’appareil d’Etat, verrouillant ainsi l’issue de la compétition ».

Du côté international, les résultats de la réunion de vendredi étaient attendus. L’ agenceXinhua rapporte qu’en tant que Président en exercice de l’UA, Mouammar Khadafi a offert une médiation libyenne pour tenter de résoudre la crise en Mauritanie. Son envoyé, M. Medani, a exhorté les forces mauritaniennes à se mettre autour de la table pour parvenir à une solution. Parlant de l’expérience libyenne, il a également mis en garde contre un éventuel transfert du dossier au Conseil de Sécurité des Nations Unies et d’éventuelles sanctions économiques et diplomatiques qui en découleraient.

Selon un communiqué de l’OIF, Abdou Diouf, Secrétaire général de la Francophonie, avait reçu ce mercredi à Paris, Jean Ping, Président de la Commission de l’Union africaine pour aborder la situation des pays en crise dont la Mauritanie. L’Organisation Internationale de la Francophonie a par ailleurs invité le groupe de contact international mis en place pour gérer la crise mauritanienne, ce vendredi 20 février.

En ce vendredi, les conclusions de cette réunion n’ont pas encore été publiées.

 

 

Cette semaine a été marquée mardi par les élections législatives israéliennes. Celles-ci ont illustré l’impasse dans laquelle se trouve la scène politique israélienne aujourd’hui. Si Tzipi Livni a arithmétiquement remporté ce scrutin, elle est incapable, comme il y a quelques mois, de rassembler une coalition. Dès lors, on se prend à imaginer toutes sortes de combinaisons qui iraient jusqu’à rassembler dans un même gouvernement Livni, Lieberman, Barak et Netanyahu. Cela reviendrait à coaliser entre autres une soit- disant « colombe », ministre des affaires étrangères soutenue par la communauté internationale, mais qui n’a paradoxalement pas hésité à lancer une offensive sans précédent sur Gaza et un tribun populiste, classé du côté des « faucons », exigeant des Arabes israéliens un serment d’allégeance pour obtenir une citoyenneté complète et opposé à toute négociation avec les voisins arabes. La scène politique israélienne paraît dénaturée et transformée non plus en une arène politique où sont débattues diverses opinions mais en une surenchère de propositions « sécuritaires ».

En effet, la gauche aujourd’hui enterrée, il ne s’agit plus que d’une compétition entre droite et extrême- droite réduisant de fait le champ des propositions. Or, le parti travailliste est à l’origine d’Israël et a apporté avec lui les valeurs fondatrices du nouvel Etat. Créé en 1930 par David Ben Gourion et Golda Meir, fer de lance du mouvement sioniste, le parti a été à la tête du pays durant trois décennies. Il ne possède aujourd’hui plus que 13 sièges à la Knesset. Comment un Etat fondé sur des valeurs et idéaux proches du socialisme peut-il être otage de la droite et de l’extrême droite ? Aurait-on trahi les pères fondateurs d’Israël?

Plus important encore est l’impact que cette élection aura sur la paix au Proche-Orient, déjà plus que malmenée cette année. Si M. Abbas a souligné que quel que soit le gouvernement, « le pragmatisme dominera » il a néanmoins appelé au boycott du Likoud. De leur côté, les Européens ont pour la plupart fait connaître leur préférence pour Tzipi Livni, perçue comme une « colombe » face au « faucon » Netanyahu. Cependant, l’histoire nous a appris que la paix se fait souvent avec les faucons. L’Europe a sans doute oublié qu’un gouvernement Kadima, malgré son image de modéré, a lancé l’offensive sur Gaza, mettant fin au processus de paix en cours.

Le contexte international donne aujourd’hui un gage d’apaisement au Moyen-Orient grâce à un président américain aux positions plus nuancées. Au niveau régional, le régime irakien se relève sur fond d’élections réussies, la Syrie est diplomatiquement de retour tandis que le président iranien semble s’ouvrir aux pourparlers. L’avenir de la région est plus que jamais aux mains des leaders israéliens.

Luce Ricard

 

 

This week was marked by Tuesday Israeli elections. These have illustrated the stalemate witnessed by the Israeli political scene today. If Tzipi Livni has arithmetically won this election, she is unable, as a few months ago, to build any coalition. Therefore, all kinds of combinations are being imagined, even the possibility that would get together in the same government Livni, Lieberman, Barak and Netanyahu. That would mean a coalition between a so-called « dove », Minister of Foreign Affairs supported by the international community, who has paradoxically not hesitated to launch an unprecedented offensive on Gaza and a populist tribune, scored on the side of the « hawks » requesting the Israeli Arabs to take an oath of allegiance to get a complete citizenship and opposed to negotiations with Israel’s Arab neighbours. The Israeli political scene seems misleading and transformed not into a political arena where various views are discussed but rather into a contest between securitarian proposals.

Indeed, now that the Israeli left-wing has been buried, it is nothing more than competition between the right-wing and the extreme right, reducing the scope of political ideas. But the Labor Party is at the origin of Israel and brought with itself the founding values of the new State. Created in 1930 by David Ben Gurion and Golda Meir, spearhead of the Zionist movement, the party led the country for three decades. Today, it only has 13 seats in the Knesset. How a State based on values and ideals close to socialism can be now a hostage of the right-wing and the extreme right? Have the founding fathers of Israel been betrayed?

More important is the impact this election will have on peace in the Middle East, which has already been given more than a rough ride this year. If Mr Abbas said that whatever the government will be, « pragmatism will dominate », he nevertheless called for a boycott of Likud. For their part, the Europeans have mostly expressed their preference for Tzipi Livni, seen as a « dove » against the « hawk » Netanyahu. However, history has taught us that peace is more likely to be done with hawks. Europe has probably forgotten that a Kadima government, despite its image as a moderate, has launched the offensive on Gaza, ending the current peace process.

The international context is now a token of appeasement in the Middle East thanks to a more nuanced American president. At the regional level, the Iraqi regime seems to recover in a context of successful elections, Syria is diplomatically back while the Iranian president seemed more open to talks. The future of the region is more than ever in the hands of the Israeli leaders.

Luce Ricard