20/02/2009

La Mauritanie en quête d une sortie de crise

La Mauritanie n’est pas souvent au centre de l’actualité internationale et c’est sans doute parce que non seulement ce pays n’est pas le plus important ni de l’Union du Maghreb arabe ni de l’Union africaine mais parce qu’aussi les processus politiques qui s’y déroulent, n’entraînent jamais la violence.

Toutefois depuis la mise sur la touche en août 2008 du Président de la République démocratiquement élu en avril 2007 et l’installation par les militaires d’un gouvernement soutenu par le Parlement, lui aussi démocratiquement élu en avril 2007, et par la majorité des maires,  la perception internationale de la réalité mauritanienne évolue et fait l’objet de consultations dont la dernière a lieu ce 20 février 2009 à Paris.

Les accords de Cotonou impliquent, en effet, que l’Union européenne ouvre des consultations toutes les fois que l’ordre constitutionnel d’un pays partenaire est modifié.
Les consultations avec les autorités mauritaniennes avancent même si  elles ne se sont pas toujours déroulées  dans un climat de confiance et de mutuelle compréhension.

Le blocage des institutions par le Président de la République a engendré un conflit  entre ce dernier et la majorité du Parlement élu et a débouché sur l’installation d’un gouvernement  par les militaires.

Cette nouvelle situation peut être interprétée ou présentée de manière simpliste si l’on ignore certaines réalités. Mais il faut se rappeler,  que :

1/ La majorité des urnes en avril 2007, tant pour le Parlement que pour le Président de la République, résultait de données sociologique set historiques dans lesquelles les militaires au pouvoir avaient appuyé et organisé le retour à la démocratie.
2/ La manière de gouverner du Président de la République durant ses 15 mois d’office avait créé des dysfonctionnements de la gouvernance de l’Etat
3/ Ceux-ci ont fait l’objet de mécontentement et de contestations grandissantes dans la population et au Parlement.
4/La majorité du Parlement a  contesté le comportement  politique du Président,
le conflit a été dénoué par le remplacement de ce dernier par un Haut Conseil d’Etat dirigé par les militaires.

Celui-ci a  mis en place  un gouvernement de  techniciens dirigé par le Docteur Moulaye,  ancien ambassadeur de la Mauritanie à Bruxelles et expert depuis longtemps dans les institutions européennes. Et ce gouvernement respecte le fonctionnement normal des institutions prévues par la Constitution.

Il est donc souhaitable et mutuellement bénéfique qu’au-delà des procédures purement juridiques, l’Union européenne et le gouvernement en place s’entendent pour clôturer démocratiquement cette période de contestations, et ce par l’organisation, comme prévu en juin 2009, d’une élection présidentielle transparente et démocratiquement contrôlée.

Charles Ferdinand Nothomb
Ministre d’Etat
Vice-Président de l’Institut MEDEA