02/02/2009

Scrutin prometteur en Irak

Samedi passé, les Irakiens étaient appelés aux urnes pour élire leurs représentants dans quatorze des dix-huit provinces du pays. La conjoncture mondiale actuelle faisait de ces élections provinciales un test important pour l’avenir de l’Irak. Le bilan dressé à leur issue est plutôt positif, bien qu’il faille y ajouter quelques nuances.

Malgré que les votants ne se soient pas présentés en masse aux bureaux de vote – 51% de participation – la journée se déroula sans violences notoires. Ce calme relatif est d’autant plus remarquable que les élections étaient caractérisées par un retour massif des sunnites aux urnes. Leur volonté de peser à nouveau dans le jeu électoral est de bon augure pour la reconstruction nationale.

La Coalition pour l’Etat de droit, menée par le premier ministre Nour el Maliki s’est révélée être la grande gagnante de ce scrutin, qui fut par ailleurs marqué par un recul manifeste des partis religieux. Le parti du leader chiite radical Moqtada el Sadr a ainsi perdu la province de Missan, la seule qu’il gouvernait, mais reste en deuxième position à Bagdad.

Dans le retrait programmé des troupes américaines, la victoire du parti de Nour el Mailiki représente un gage de stabilité et la perspective d’une bonne coopération avec les Etats-Unis. Par ailleurs, les changements de politique étrangère qu’opère la nouvelle administration américaine peuvent être de nature à modifier l’équilibre régional. Il est d’une part possible que la place de l’Iran au Moyen-Orient évolue et influe sur la politique interne de son voisin. D’autre part, la marche progressive des provinces kurdes du Nord de l’Irak vers l’indépendance n’est pas de nature à plaire à des voisins comme la Turquie et l’Iran, peu enclins à accorder l’autonomie à leurs propres populations kurdes.

Les contextes national et mondial semblent en définitive prédire un avenir meilleur à un pays qui a traversé de longues années noires. Le jeu régional des puissances comporte néanmoins un certains nombres de risques que l’Irak devra éviter ou auxquels il devra faire face. Pour ces raisons, la période précédant le retrait des troupes américaines est cruciale pour le renforcement et la stabilisation d’un Etat irakien démocratique.

N.J.O.