CHESNOT (Christian) & SFEIR (Antoine), Orient Occident le choc ?, Paris, Hachette, 2009, 312 pages.

Depuis des décennies, le monde arabe connaît une interminable descente aux enfers. L’Occident porte une large part de responsabilité, mais aussi les dirigeants orientaux eux-mêmes, ou la pâle copie que sont leurs héritiers. Livrée aux appétits des puissances occidentales après la Première guerre mondiale, cette région est devenue le terrain d’affrontement des rivalités. La découverte du pétrole en Irak et en Arabie saoudite dans les années 1930 a aiguisé les convoitises européennes et américaines. La création de l’Etat d’Israël en 1948, vécue par le monde arabe comme ‘la catastrophe’, n’est toujours pas acceptée.Génération après génération, les conflits se transmettent et s’élargissent. Aujourd’ hui, nous assistons impuissants à l’énumération morbide des victimes, et de nombreuses questions se posent. Y a-t-il une fatalité pour que les Arabes ne connaissent ni le repos ni la paix ? L’islam est-il insoluble dans la démocratie ou dans la république ?

Belges et Arabes : voisins distants, partenaires nécessaires, éd. Bichara Khader et Claude Roosens, Presses Universitaires de Louvain, Louvain-la-Neuve, 2004, 262 p.Plus de 1 200 km séparent la Belgique de la Méditerranée, mais la Belgique est méditerranéenne par la population immigrée qui colore le paysage social belge. Elle est aussi méditerranéenne par son implication dans la recherche de solutions pacifiques aux conflits qui accablent cette région. Bref, la proximité géopolitique, géoéconomique et humaine est réelle mais ne se traduit pas par des imaginaires croisés toujours positifs, en raison de stéréotypes et de préjugés qui ont la vie dure.

C’est ce qu’exprime le Pr Bichara Khader, co-directeur, avec le Pr Claude Roosens, d’un ouvrage édité aux Presses universitaires de Louvain, «Belges et Arabes. Voisins distants, partenaires nécessaires». Il faut, dit Bichara Khader, une action décisive des autorités publiques et du secteur de l’enseignement en particulier afin d’apaiser les esprits. Un avant-goût d’un ouvrage très accessible qui livre une mine d’informations sur les liens politiques, économiques et sociaux qui unissent Belges et Arabes.Ce livre veut combler un vide dans la connaissance des multiples facettes des relations entre la Belgique et un monde arabe géographiquement si proche mais perçu comme étranger, voire étrange.

Il regroupe les contributions scientifiques présentées lors du deuxième colloque sur les relations entre la Belgique et le Monde arabe, organisé en 2002 par le Centre d’études et de recherches sur le monde arabe contemporain (CERMAC) et l’Unité des relations internationales de l’Université catholique de Louvain. L’analyse couvre les relations politiques, sociales, culturelles, économiques, financières et énergétiques de la Belgique avec l’ensemble des pays arabes. Plus que d’un bilan systématique, il s’agit d’une vue générale destinée à éclairer les décideurs politiques et économiques, ainsi que d’un instrument de travail pour les étudiants et les chercheurs.

 

KHADER (Bichara), Le monde arabe expliqué à l’Europe. Histoire, imaginaire, culture, politique, économie, géopolitique, Paris-LLN, L’Harmattan-Bruylant, 2009, 532 p.

On ne compte plus les ouvrages, de tous genres, sur le Monde arabe : son histoire, ses sociétés, ses défis et ses turbulences. Aucun aspect n’est demeuré en jachère : tout ou presque a été fouillé, défriché, disséqué. Dans cette moisson généreuse, le bon grain s’est mêlé à l’ivraie.

Et pourtant, à y regarder de plus près, il y a peu d’ouvrages sur l’ensemble arabe, offrant une vue panoramique et une approche multidisciplinaire. Cet ouvrage est conçu comme un voyage patient au cœur des grandes problématiques arabes, une interrogation sur l’histoire ancienne et plus récente, une analyse des défis, et une réflexion sur les sentiers du futur.

S’il s’adresse surtout aux Européens, c’est à cause de la persistance des malentendus et des lieux communs qui vicient les regards, déforment des réalités complexes, et finalement crispent les relations entre des voisins proches et intimes.

Cet ouvrage est conçu comme un voyage au coeur des grandes problématiques arabes. On y trouvera une esquisse historique de l’ensemble arabe, une brève histoire de la question palestinienne, une analyse du système régional arabe, une étude sur les imaginaires collectifs, une réflexion sur la démocratie, la laïcité, l’islamisme, le terrorisme, le projet de Grand Moyen Orient, ainsi qu’une incursion dans les questions économiques et géopolitiques.

 

MUTIN (Georges), Géopolitique du monde arabe, 3e éd. rev. et augm., Paris, Ellipses, 2009, 245 p. (Collection « Carrefours »)

Présentation de l’éditeur

A travers la Méditerranée court une des grandes fractures du monde actuel. Au Nord, une Europe à fort niveau de vie mais vieillie, au Sud, les pays arabes un espace encore sous développé, en plein jaillissement démographique. Enjeux culturels et économiques se conjuguent pour opposer ces deux grands ensembles territoriaux dont les liens sont étroits. De l’Atlantique au Golfe, le Monde arabe occupe une position géostratégique remarquable. Espace de transit, il contrôle de grands itinéraires commerciaux. Le pétrole lui confère un rôle affirmé sur l’échiquier international sans pour autant assurer le développement économique de territoires où tensions et rivalités s’avivent.

Cette région en crise inquiète tant les conflits qui s’y déroulent, difficilement contrôlables, peuvent être lourds de conséquences. C’est sur les rivages méridionaux de la Méditerranée et autour du Golfe qu’ils ont été les plus nombreux depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. L’ouvrage analyse dans un premier temps l’ensemble du champ géopolitique arabe: le contact avec l’Europe proche, les nouveaux découpages territoriaux, les idéologies politiques, l’inégale répartition des ressources. Une deuxième partie est consacrée à l’exposé des problèmes géopolitiques qui se posent à l’échelle des sous ensembles territoriaux: les nouvelles destinées du Sahara maghrébin, la question kurde, les affrontements pour le contrôle du Golfe, la difficile construction d’un Etat palestinien.

Georges Mutin est professeur émérite de Géographie. Il a longtemps enseigné à l’université d’Alger (1968/1978) puis à l’Institut d’Etudes Politiques de Lyon qu’il a dirigé de 1981 à 1995. Il poursuit des recherches au sein du Groupe de Recherches et d’Etudes sur la Méditerranée et le Moyen-Orient (GREMMO), formation CNRS rattachée à la Maison de l’Orient Méditerranéen à Lyon. Il a déjà publié dans la même collection deux ouvrages, l’un consacré à l’eau dans le Monde arabe, l’autre au Moyen-Orient.

 

DANINO (Olivier), Le Hamas et l’édification de l’Etat palestinien, Paris, Karthala, 2009, 300 p. (collection « Les terrains du siècle »)

Présentation de l’éditeur

Organisation terroriste pour les uns, mouvement de libération nationale pour les autres, le Hamas refuse, dès sa création en 1989, de reconnaître l’OLP comme seul représentant du peuple palestinien. La tension entre les deux mouvements monte d’un cran en 1993 suite à la signature des accords d’Oslo par l’OLP et Israël. Le Hamas s’y oppose violemment, accusant l’organisation palestinienne, et en particulier le Fatah de Yasser Arafat, de traîtrise. En 2004-2005, le Hamas opère un changement de stratégie en faisant le choix de participer pleinement à la vie politique palestinienne .

Dans cet ouvrage, Olivier Danino étudie l’identité du Hamas, son idéologie et ses objectifs. il analyse les raisons de son ascension, les causes de son opposition au Fatah et la manière dont il exerce le pouvoir à Gaza. Il s’interroge enfin sur les différents scénarios de sortie de crise et sur les conséquences de la situation actuelle sur le processus d’édification de l’Etat palestinien.

Olivier Danino est diplômé d’histoire et de géopolitique. Chercheur à l’Institut français d’analyse stratégique (IFAS), il a reçu le prix Jean-Baptiste Duroselle pour ses travaux sur le statut de Jérusalem entre 1949 et 1967.

 

ANDERSON (Ewan W.) et ANDERSON (Liam D.), An Atlas of Middle Eastern Affairs,  Routldge, 2009, 296p

The Middle East is a major focus of world interest. This atlas provides accessible, concisely written entries on the most important current issues in the Middle East, combining maps with their geopolitical background. Providing a clear context for analysis of key concerns, it includes background topics, the position of the Middle East in the world and profiles of the constituent countries.

 

Questions Internationales – La Méditerranée – Un Avenir En Question, N° 36, Mars-Avril 2009, La Documentation Française

Un dossier dédié à la Méditerranée, son histoire, son espace maritime, sa sécurité, l’espace géopolitique et d’autres problématiques liées à cette région.

Articles de différents auteurs dont George Corm et Yves Lacoste.

 

HOLDEN (Patrick), In Search of Structural Power: EU Aid Policy as a Global Political Instrument, Aldershot, Ashgate, 2009, 240 p.

Offering a clear and logical analysis of the panoply of European Union aid policies and a theoretically informed evaluation of their operation, Patrick Holden contends that the major thrust of EU aid policy is an effort to augment the EU’s structural power through targeted political and economic liberalization.

Although historically grounded, this book concentrates on EU aid to key world regions in the 21st century. As such, it provides a comprehensive and thought-provoking account of EU aid policy and will be of interest to a wide range of academics, students and policy makers.

 

KHADER (Bichara), L’Europe pour la Méditerranée. De Barcelone à Barcelone (1995-2008), Paris-LLN, L’Harmattan-Bruylant, 2009, 258 p.

Cet ouvrage n’est ni un plaidoyer ni un réquisitoire des politiques européennes à l’égard des pays méditerranéens. Il vise à dresser un bilan dépassionné du partenariat euro-méditerranéen, lancé à Barcelone en 1995 (ses objectifs et ses réalisations), à analyser la Politique européenne de Voisinage (ses visées, ses limites) et, enfin, à décoder le nouveau projet de Nicolas Sarkozy d’Union méditerranéenne, rebaptisée “Union pour la Méditerranée”, depuis la Conférence de Marseille de 2008.

C’est donc à Barcelone qu’en novembre 1995, le partenariat euro-méditerranéen a vu le jour. Mais c’est aussi Barcelone qui a été choisie, en novembre 2008, pour accueillir le siège du Secrétariat général de l’Union pour la Méditerranée. C’est un vibrant hommage à une ville catalane, qui est à la fois le Sud du Nord et le cœur palpitant de la Mer-Mère : la mer méditerranéenne. C’est pour cela que cet ouvrage s’intitule : « L’Europe pour la Méditerranée. De Barcelone à Barcelone (1995-2008) ».

 

ABDEL AZIM (Mohamed), préface de Charles Zorgbibe, Israël et ses deux murs, Paris, L’Harmattan, 2009, 202 p. (Coll. Comprendre le Moyen-Orient)

L’armée israélienne se trouve face à un nouvel environnement dans lequel des groupes armés affrontent ses chars et menacent directement les populations israéliennes. Quelle stratégie adopterait Israël si le mur de séparation, commencé par Ariel Sharon, échouait ? Peut-on dire que les Israéliens sont face à des « non-dissuadables » ? Comment les leaders arabes ont-ils oeuvré face à l’arsenal de l’Etat hébreu ? Face aux groupes de combattants armés, dans quel sens s’oriente la doctrine de la dissuasion israélienne ?

 

Ehud Barak a remporté son pari au sein du parti travailliste qui a accepté qu’il  intègre le gouvernement de droite et d’extrême droite de B. Netanyahou après des concessions plutôt floues par le chef du Likoud sur la paix avec les Palestiniens. Si cet accord semble constituer une victoire pour Ehud Barak, il pourrait aussi constituer l’arrêt de mort du parti travailliste. En effet, ce dernier s’est divisé sur cette participation. La jeune garde du parti se sent trahie et ne fera aucun cadeau au futur gouvernement.  Les partisans de Barak au sein des travaillistes seront considérés comme des traîtres par une partie de leur électorat alors que leurs opposants au sein du parti hésitent encore à faire scission, sans doute par crainte d’être invisibles au sein d’une opposition largement dominée par Kadima.

Si pour beaucoup ce choix paraît « contre-nature », la décision d’Ehud Barak ne paraît être dictée que par sa volonté de « rester aux affaires » plutôt que par le souci revendiqué de faire valoir les valeurs travaillistes au sein d’un gouvernement de droite, valeurs que le ministre de la défense semble avoir depuis longtemps mises de côté. Il semblerait que son intégration au gouvernement constitue plutôt un alibi pour Netanyahou face au Président Obama, soucieux de l’impact sur la paix d’un tel retour de la droite au pouvoir. Après des résultats catastrophiques aux dernières élections législatives, la descente aux enfers du parti travailliste semble donc se poursuivre.

Pourrait envisager une refonte du parti par la « jeune garde » du parti travailliste? Celle-ci s’est en effet sentie trahie par un ministre de la défense dont l’idéologie « travailliste » reste difficile à cerner et qui sacrifie son parti à sa carrière. Il n’est pas impossible d’imaginer que si un parti de gauche se reformait, se dotant d’une réelle identité travailliste et se libérant de l’ancrage ashkénaze que le parti a toujours eu, il pourrait attirer une partie de l’électorat deKadima. En effet, si le leadership de Kadima est  majoritairement issu du Likoud, son électorat est lui surtout issu de la gauche. Enfin, à l’heure où Israël se dote d’un gouvernement très marqué à droite, en pleine crise économique mondiale, un parti de gauche pourrait constituer une voix entendue par une partie de la population.

Autre conséquence du choix d’Ehud Barak, le soutien d’une petite moitié du parti travailliste au futur gouvernement laisse présager de nombreux blocages de la vie politique israélienne, blocages qui ne seront qu’amplifiés par la multitude de partis d’extrême droite qui constituent la coalition hétérogène dite d’ « union nationale » de B. Netanyahou. Le chef du Likoud aura la  tâche périlleuse de ménager à la fois ses soutiens travaillistes, la nouvelle administration américaine et les partis de droite et d’extrême-droite.

Le gouvernement est donc fragilisé dans sa constitution même. Or, le premier dossier qu’il aura à gérer sera celui de Gaza, qui s’avère de plus en plus gênant pour l’Etat d’Israël maintenant que des soldats de Tsahal ont dénoncé leurs propres crimes de guerre sur des civils palestiniens. Reste à savoir si le nouveau gouvernement israélien sera suffisamment solide pour faire face à un tel défi.

Luce Ricard