13/03/2009

Dialogue et multilatéralisme

« Au monde musulman: nous voulons trouver une nouvelle approche, fondée sur l’intérêt et le respect mutuels ». Le président américain s’était exprimé en ces termes lors de son investiture le 20 janvier dernier. Aujourd’hui cette « nouvelle approche » prend forme et reçoit un accueil encourageant au Moyen-Orient.

Les premiers jalons de la politique moyen-orientale de Barack Obama semblent être posés. La nouvelle administration américaine se base résolument sur le mot d’ordre du dialogue : dialogue avec l’Iran, avec la Syrie, voire avec des talibans modérés en Afghanistan. Idéaliste ou réaliste, ces choix politiques sont discutables mais semblent néanmoins changer fondamentalement la donne.

Et puis d’idéalistes, ils n’ont que l’apparence puisque que cette démonstration de bonne volonté américaine s’assortit de mesures coercitives, les Etats-Unis appliquant en cela ce que Denis Ross appelle la politique du « plus gros bâton et de la plus grosse carotte ». En résumé, la main tendue aux pays du Moyen-Orient est donc une invitation à prendre ou à laisser, mais gare à celui qui refuse de coopérer.

Barack Obama opère également un retour vers le multilatéralisme, encourageant l’Europe à s’investir à ses côtés dans la région, en particulier en Afghanistan faisant appel à la responsabilité de tous pour mettre fin au chaos régnant dans ce pays.. Cependant le ton adopté par Joe Biden lors de sa visite à Bruxelles était plus exigeant que conciliant. Pour toute réponse, l’Union Européenne a demandé les preuves préalables d’un changement global de la stratégie américaine dans la région.

Mais les Européens ne sont pas les seuls à se montrer sceptiques quant à la nouvelle politique moyen-orientale de la Maison Blanche. Le fait que l’effort américain se porte essentiellement sur l’axe Iran-Afghanistan-Pakistan suscite les inquiétudes des Palestiniens quant à l’implication des Etats-Unis dans le processus de paix. Cette crainte est justifiable, même si l’on pourrait voir dans la stratégie américaine une tentative de stabiliser la périphérie pour établir le contexte d’un processus de paix durable au Proche-Orient. Attention néanmoins de ne pas céder à la théorie de G.W. Bush qui veut que « la route de Jérusalem passe par Bagdad ».

Dialogue et multilatéralisme, mais aussi volontarisme caractérisent donc les premiers pas de Barack Obama au Moyen-Orient. Mais les choix politiques de son prédécesseur ont laissé des traces profondes, et la nouvelle administration américaine devra en tenir compte pour avancer.

N.J.O.