20/03/2009

L’Avenir des minorités chrétiennes au Proche et au Moyen-Orient

Colloque organisé le 20 mars 2009
par les députés fédéraux CDH,

Clotilde NYSSENS, Georges DALLEMAGNE et Christian BROTCORNE

en collaboration avec

SOLIDARITE ORIENT / WERKEN VOOR HET OOSTEN
à la Maison des Parlementaires,(rue de Louvain 21, 1000 Bruxelles)

En présence du Prof. Christian CANNUYER, professeur à la faculté de théologie de l’Université catholique de Lille, Président belge d’études orientales,Mgr Louis SAKO, archevêque chaldéen catholique de Kirkouk, et de Masri FEKI, écrivain d’origine égyptienn, fondateur du Middle East Pact, auteur de A l’ombre de l’Islam, minorités et minorisés (Collectif), Filipson, Bruxelles, 2005.

Introduction

par Georges Dallemagne

Nous avons organisé ce colloque suite à des appels au secours provenant de minorités chrétiennes d’Irak (région de Mossoul), de Turquie et d’Egypte. Notre question aujourd’hui est de comprendre pourquoi il y a une certaine pudeur à défendre des minorités chrétiennes qui ont toujours habités là ? C’est au contraire à la fois important de les protéger au nom des Droits de l’Homme, mais également pour des raisons politiques.

Présentation du colloques et des orateurs

par Christian Brotcorne

Ce colloque est organisé dans le but de rédiger une proposition de texte à présenter au Parlement belge sur la question. Lors d’un colloque organisé en novembre 2007 sur l’avenir des minorités chrétiennes d’Orient durant lequel Bernard Kouchner a pris la parole en ces termes : « L’expérience quotidienne de la coexistence entre religions devrait être un outil irremplaçable pour affronter les vents de la globalisation. Nos sociétés sont devenues multiculturelles – je ne sais pas si vous acceptez ce terme – au fur et à mesure qu’elles se sont enrichies matériellement et spirituellement » (Pour le texte intégral, voir : http://www.ambafrance-uk.org/Quel-avenir-pour-les-chretiens-d.html )

Nos orateurs sont aujourd’hui :

Prof. Christian Cannuyer : égyptologue et oprofesseur à la faculté de théologie de l’Université catholique de Lille. Il est également le fondateur de Solidarité Orient avec qui nous organisons ce colloque.

Mgr Louis Sako : archevêque chaldéen, il est le porte parole des chrétiens de Kirkouk.

Mr Masri Feki : fondateur du Middle East Pact qui rassemble les partis démocratiques au niveau régional.

Quelle citoyenneté pour les chrétiens dans les sociétés proche et moyen-orientales majoritairement musulmanes ?

par Prof. Chritian Cannuyer

I. Les chrétiens du Proche et du Moyen-Orient, des minorités parmi d’autres

Auparavant on parlait des chrétiens « d’Orient », l’expression est peu appropriée puisqu’on ne désigne par là que les minorités chrétiennes du monde arabe (et de la Turquie). L’expression « monde arabe » est elle-même simplificatrice par rapport une réalité arabophone multiple.

a) Les chrétiens du Mashreq (sans la péninsule arabique)

Il n’existe aucune donnée officielle mais les chrétiens du Mashreq sont estimés entre 6 et 12 millions sur 151 millions d’habitants, soit entre 3,9 et 8 %. En 1924, ils représentaient 24 % de la population. Mais il ne faut pas pour autant adopter de discours misérabiliste car s’ils sont aujourd’hui moins nombreux en proportion, ils sont plus nombreux en valeur absolue.

Parmi ces minorités, il existe une mosaïque de traditions et de mémoires, ce qui constitue à la fois un atout et une faiblesse puisqu’ils sont divisés. Il y a les anciennes églises orientale nées des ruptures du 5e siècle, les églises byzantines orthodoxes et grecques, et les églises orientales catholiques (maronites, chaldéenne, syriaque, melkite, arménienne). A celles-ci, il faut également rajouter les églises de tradition anglicane ou protestante. Parmi ces dernières, certains groupes évangélistes ou pentecôtistes – généralement d’origine étrangère – mènent un prosélytisme agressif au Moyen-Orient dont les effets sont néfastes pour les autres minorités chrétiennes.

Les chrétiens du Proche et du Moyen-Orient sont pour la plupart autochtones et chrétiens de souche, non d’importation. Leur présence est antérieure à celle de l’Islam.

b) Des minorités parmi d’autres

Les minorités chrétiennes sont parfois doublement minoritaires dans la région à la fois dans la société à majorité musulmane, mais également parmi les chrétiens eux-mêmes.

Il ne faut pourtant pas traiter ces minorités de manière exclusive : il faut faire attention à toutes les autres minorités non-musulmanes (juives, mazdéennes, zoroastriennes) mais aussi musulmanes (alevi, bahaï). Parfois des communautés musulmanes d’une tendance majoritaire se retrouvent en situation minoritaire dans certains pays (ex. des chiites au Liban). Sans oublier non plus la minorité des incroyants, des agnostiques qui ne bénéficient d’aucune reconnaissance dans ces pays.

II. Antécédents historiques : le statut des chrétiens dans la société musulmane traditionnelle (7e-19e siècles)

Les chrétiens avaient auparavant le statut de dhimmi (> dhimma) ou « citoyens protégés » qui comportait les droits et devoirs suivants : – Liberté de culte garantie- Protection des biens et des personnes- Autonomie législatives et juridictionnelles en matière de statut personnel- Imposition fiscale (djiza)- Interdiction du prosélytisme- Infériorité juridique dans certains cas- Discrétion des lieux de cultes- Obligation de porter certains vêtements

La dhimma est abolie en 1858. Au traité de Berlin, signé le 13 juillet 1878, reconnait l’importance de protéger les libertés et les droits des minorités.

Art. 62 : La Sublime Porte ayant exprimé la volonté de maintenir le principe de la liberté religieuse en y donnant l’extension la plus large, les Parties contractantes prennent acte de cette déclaration spontanée.Dans aucune partie de l’Empire ottoman, la différence de religion ne pourra être opposée à personne comme un motif d’exclusion ou d’incapacité en ce qui concerne l’usage des droits civils et politiques, l’admission aux emplois publics, fonctions et honneurs, ou l’exercice de différentes professions ou industries. (…)

Il ne faudrait quasiment rien n’y changer aujourd’hui, et pourtant la réalité est bien autre. La situation actuelle est celle d’une dhimmitude résiduelle (ex. de l’Egypte où de nombreux droits sont reniés aux chrétiens comme donner des cours d’arabe, considérée comme la langue de l’Islam). On remarque le retour en force d’une dhimmitude sociologique. Michel Sabbah fait remarquer que « Le fondamentalisme musulman n’est plus un « courant » politique ou religieux, il est devenu une « culture », une « façon d’être », une « mentalité » (…) Nous ne sommes pas des chrétiens face aux musulmans, mais des chrétiens et des musulmans ensemble, face à l’extrémisme qui se développe dans l’islam. »» (Le Monde, 8 décembre 2007).

III. Panorama dans certains pays

Syrie

Bien que le régime soit autoritaire, les minorités sont respectées parce que la famille au pouvoir est issue d’une minorité chiite, les Alaouites.

Irak

Dans le Kurdistan, la situation des chrétiens est bonne au contraire de ceux vivant dans la région de Mossoul.

Israël

Sentiment anti-arabe qui touche aussi les chrétiens.

Palestine-Bande de Gaza

Les chrétiens palestiniens ont beaucoup contribué au mouvement de résistance palestinienne (cfr. George Habache, Hanane Achraoui, …) mais aujourd’hui ils sont entre deux chaises : Israël et la montée en force de l’Islam radical, auxquels s’ajoute une situation économique difficile.$

Turquie

Malgré la laïcité de surface, il y a- absence de personnalité juridique des communautés chrétiennes, – restriction du droit de propriété et ingérence, – impossibilité de former un clergé, – irrespect de la dimension internationale du Patriarcat œcuménique,- surveillance policière sévère,- restriction de la liberté d’expression (notamment sur les événements de 1915),- menace d’expropriation du monastère assyro-chaldéen de Mor Gabriel (fondé en 392).- …

Péninsule arabique

Les chrétiens sont soit des chrétiens orientaux immigrés, soit de la main d’œuvre asiatique chrétienne. La situation s’améliore et est bonne aujourd’hui à Abu Dhabi ou au Qatar, mais dans d’autres endroits, en particulier en Arabie Saoudite, aucun droit ou liberté religieuse. La situation en Oman, Bahrein ou Koweit est bonne pour les chrétiens mais elle est déplorable en matière de traitement de la main d’œuvre asiatique.

IV. La vocation citoyenne des chrétiens dans les sociétés du Proche-Orient

Les chrétiens d’Orient ont joué un rôle de premier plan dans le mouvement de modernité dans le monde arabe : rôle dans la Nahda (renaissance arabe concentrée en grande partie en Egypte), dans les révolutions d’indépendance… Régis Debray dit à leur propos qu’ils sont des faiseurs de ponts entre le monde proche-oriental et l’Occident. Ce qui a fait dire au roi Abdallah de Jordanie que le pays avait besoin des chrétiens. Le principe « Nulle contrainte en religion » cité dans le Coran,  souligne le fait que personne de doit être obligé d’accepter l’Islam.

V. Comment promouvoir l’accès des chrétiens du Proche et du Moyen-Orient à une meilleure citoyenneté ?

– En faisant connaître ces minorités et leur réalité.- En agissant au niveau des instances internationales sans complaisance vis-à-vis de certains régimes (ex. Egypte).- En soutenant les initiatives destinées à épauler les projets de citoyennetés mises en place.

VI. Politique d’accueil

Il est important que nous développions une politique d’accueil attentive à la spécificité des émigrés chrétiens du Proche et du Moyen-Orient victimes de discrimination religieuse. Mais il faut surtout les aider à rester sur place en construisant des sociétés politiques honnêtes.

La situation des chrétiens d’Irak aujourd’hui. Une minorité accablée. Un atout pour la construction d’une société plurielle et démocratique

par Mgr Louis Sako

Loin des discours, la discrimination vécue est encore différente : être considéré comme un citoyen de seconde classe pour des raisons de minorisation. Mgr Seko est venu demander un appui à la situation des chrétiens d’Irak, pour qu’ils puissent rester là-bas. On ne parle plus de dhimmis, mais la situation reste pareille. Les chrétiens d’Irak n’ont pas de problème à rester dans une société à majorité musulmane mais pas comme des citoyens de seconde catégorie.

Ils sont des éléments importants pour le dialogue avec l’Islam. La Communauté internationale doit prendre soin des minorités chrétiennes au Moyen-Orient. Ils connaissent l’Islam beaucoup mieux que les Occidentaux, ils le vivent chaque jour

Beaucoup de chrétiens ont été tués. Beaucoup de chrétiens ont quitté Bagdad, Bassora ou Mossoul et sont revenus dans leurs villages d’origine. Pour beaucoup, l’Occident est le paradis. Mais il ne faut pas oublier qu’en Occident aussi il y a des dangers comme la dissolution des valeurs de base de la famille.

Les chrétiens d’Orient n’ont rien contre l’Islam et veulent travailler avec les musulmans. Les valeurs chrétiennes sont appréciées par les musulmans modérés, mais l’islamisme non !

La liberté de culte existe dans le lieu de culte mais dans la vie courante c’est différent, les chrétiens sont uniquement tolérés.
A cause des Américains, les frontières ont été ouvertes à tous les extrémistes. Les casernes aussi ont été ouvertes. Voilà pourquoi l’Irak est aujourd’hui encore un champ de bataille entre tous ces groupes. Les pays de la région ont aussi une grande influence sur la situation en Irak. L’insécurité règne aussi depuis que Saddam a ouvert toutes les prisons.

Les Irakiens attendaient des Américains qu’ils leur donnent du travail, ils attendaient d’eux qu’ils reconstruisent le pays… Tous ces événements ont finalement causé chez les Irakiens beaucoup d’incertitude. Et aujourd’hui c’est le retrait des troupes américaines qui fait peur à beaucoup d’Irakiens.

A propos de l’exode des chrétiens, Mgr Sako recommande de s’intégrer dans les sociétés dans lesquelles on vit. A l’inverse, il faut que l’Europe nous aide en appuyant des petits projets. Les chrétiens n’ont pas besoin de beaucoup d’argent parce que l’Irak est riche, mais d’un soutien moral et humain.

Il faut une nouvelle lecture ajournée des lois de l’Islam (Sharia). Il faut aider les musulmans à s’ouvrir et à profiter de la globalisation et de ce que l’Occident peut leur apporter.

Une constitution laïque peut aider ces pays à s’ouvrir. Aujourd’hui il y a un avenir pour les chrétiens mais il reste fragile. Il y a huit partis et douze journaux chrétiens en Irak. Il faut nous aider à jouer notre rôle dans la société en tant que citoyen.

Enfin il est nécessaire que l’Eglise ait l’initiative de l’ouverture vers les autres religions.

> Suite à l’intervention de Mgr Sako : projection du film « Du Caire à Bagdad : des chrétiens arabes parlent de leur quotidien ».

Plaidoyer pour un monde arabe citoyen, multiculturel et multireligieux

par Masri Feki

Ou Quel avenir pour les Chrétiens d’Egypte ?

Le monde arabe n’existe pas. Il est une construction artificielle. Il faut faire une distinction entre arabité et arabophonie. Tout le monde arabe ne croit pas au nationalisme arabe, au panarabisme. Les Egyptiens sont à la base tous des coptes. On parle donc de coptes chrétiens, mais les musulmans sont des coptes convertis. Aujourd’hui l’arabophonie va jusqu’à la Corne africaine, et pourtant ce ne sont pas des Arabes. Les Egyptiens ne sont pas plus Arabes que les Mexicains ne sont Espagnols ou les Sénégalais français.

La revendication des chrétiens au Moyen-Orient c’est la réciprocité.

Le cas de l’Egypte

En Egypte, il y a 12 millions de chrétiens (c’est-à-dire plus ou moins 15 %) même s’il n’y a pas de chiffre officiel. Cela signifie qu’il y a plus de chrétiens en Egypte que de musulmans en Arabie Saoudite, ou de Juifs en Israël, ou encore qu’un chrétien sur deux au Moyen-Orient est égyptien.

Boutros Boutros Ghali n’a pas été un ministre des Affaires Etrangères classique, on lui a créé un ministère d’Etat sur mesure. Un député est copte sur quatre cent au Parlement égyptien.

Les Coptes revendiquent donc la réciprocité. Or ce n’est pas le cas pour le moment où il est nécessaire d’avoir une autorisation pour construire une église, et qu’au contraire toute personne installant une salle de prière en bas de son immeuble reçoit des exonérations fiscales. Il est interdit à un musulman de se convertir à une religion antérieure (christianisme, judaïsme) mais également plus récente comme le Bahaïsme. Les cours d’arabe sont teintés de religion. Le chrétien égyptien connaît très bien l’Islam mais le musulman égyptien ne connait rien à la chrétienté. Il y a donc un manque de réciprocité. Les collèges chrétiens doivent avoir une salle de prière pour les élèves musulmans.

Il n’y a pas non plus de reconnaissance du christianisme ou du judaïsme par les autorités religieuses musulmanes d’Al Azhar au Caire ou d’Arabie Saoudite. La présence chrétienne au Moyen-Orient est légitime car elle était là avant l’Islam.

Revendications de la société civile chrétienne en Egypte

– Révision de l’art. 2 de la Constitution qui stipule que la Shari’a est la principale source du droit en Egypte. Cet article a été introduit sous Sadate pour tenter d’attirer les islamistes. Donc en ce qui concerne les héritages et les mariages, tout ce qui relève du code de la famille est régi par l’Islam.

– Mise en place d’un système de quotas au Parlement et dans l’administration- Suppression de la mention de la religion des documents officiels, à l’exception du seul acte de naissance, pour vérifier la légalité du mariage et pour l’enterrement mais pas sur la carte d’identité, les contrats de location ou de travail. Cette revendication est aussi celle d’autres religions comme les Bahaïs. L’Etat égyptien ne les reconnait pas comme religion donc ces derniers laisse une case vide dans les documents. Une solution comme la communauté de droit commun du Liban serait possible.

Le Moyen-Orient n’est pas un bloc monolithique arabo-musulman, mais un brassage riche en diversité.

La diversité n’est pas division : pour fédérer il faut des projets communs et fédérateurs. Nous n’accepterons pas de retour en arrière. Comme disait Beshir Gemayel : « Nous ne serons plus jamais des dhimmis ».

Débat/Questions

(Modératrice : Clotilde Nyssens)

Mr Yacoub Bouroun, représentant des chrétiens de Turquie, souligne trois faits qui illustrent la situation des chrétiens de Turquie : l’assassinat des journalistes arméniens (janvier 2007), enlèvement de moine orthodoxe (janvier 2007) et la procédure judiciaire entamée à l’encontre du monastère de Mor Gabriel. Il faut veiller à ce que la Turquie, candidate à l’UE respecte les minorités chrétiennes, que leurs droits et leur dignité soient respectés ainsi que leur patrimoine.

– Le prof. Christian Cannuyer souligne le rôle destructeur des Evangélistes en Irak. Ils ont suivi les militaires et ont constitué quelques 35 églises évangélistes pour la seule ville de Bagdad. Leur prosélytisme agressif porte préjudice aux autres chrétiens. Ils ont une lecture fondamentaliste de la Bible qui sape la vision d’ouverture diffusée par les Communautés chrétiennes aujourd’hui et sapent du coup le message des musulmans modérés.

– Réaction par rapport à la proposition d’introduction de quotas parlementaires pour les chrétiens en Egypte (voir intervention de Masri Feki). Il ne faut pas enfermer les chrétiens dans des forteresses. Il faut que les musulmans et les chrétiens vivent côte à côte. De ce fait, l’introduction de quotas en Egypte ne semble pas une bonne solution parce qu’elle risque d’enfermer le pays dans un schéma confessionnel tel qu’il est appliqué au Liban. Réponse de Mr Feki : l’introduction de quotas n’est à appliquer qu’en guise de début pour améliorer la situation actuelle. Il note en outre que le gouvernement égyptien fait des efforts vis-à-vis des coptes : 10 députés peuvent en effet être nommés par le Président et ce dernier choisit généralement 5 chrétiens et 5 femmes. Mais il n’y a pas de chrétiens bien placés sur les listes électorales en Egypte.

Mgr Sako répond à une question sur l’Eglise chaldéenne d’Irak. Il est vrai qu’elle est fragile, mais les chrétiens ont récemment signé un accord pour unifier leurs voix et leurs partis politiques.

Mgr Sako réagit par rapport au conflit israélo-palestinien en disant que la question palestinienne tient au cœur des chrétiens d’Irak. Beaucoup de problèmes au Moyen-Orient sont créés par cette situation. La solution est celle de deux Etats libres agissant côte à côte. Telle qu’elle est aujourd’hui la situation nourri malheureusement les fondamentalismes.

Georges Chachan (Assyrian Democratic Organiszation) revient sur les revendications assyriennes d’autonomie, que Mgr Sako a jugé trop rapides et non avenues dans la situation actuelle. Selon Mr Chachan, la communauté assyro-chaldéenne a le droit de garder son identité nationale au sein d’un pays où ils vivent depuis longtemps. Ce n’est pas un ghetto car ils vivent sur un territoire plus grand que le Luxembourg ou le Lichtenstein. Il ne faut pas balayer leurs revendications d’un revers de la main. Réponse de Mgr Sako : La réalité là-bas n’est pas adaptée à un tel projet maintenant. Ce qui est arrivé aux chrétiens de Mossoul est dû à la peur des musulmans face à un tel projet chrétien. Pour l’instant c’est donc impossible.

Georges Dallemagne souligne le fait qu’une délégation du Parlemant irakien était en visite en Belgique quelques jours plus tôt et que les députés belges leur ont adressé un message clair concernant la protection des minorités.

Conclusion

par Clotilde Nyssens

Ce qu’on a entendu et vu ce matin est politiquement correct si la protection de minorités chrétiennes d’Orient est abordée sous l’angle de la défense des Droits de l’Homme est des libertés fondamentales, sous l’angle d’un citoyenneté partagée et d’une société pluriculturelle.
La proposition du CDH est donc de demander aux autres partis de travailler ensemble à écrire une résolution attirant l’attention sur la situation des chrétiens en Orient.

Dans cette perspective, des contacts et des renseignements sur la situation seront nécessaires.

Voir aussi notre Dossier spécial sur les Chrétiens dans le monde arabe