27/03/2009

Le parti travailliste rejoint le gouvernement de Netanyahou

Revue de presse – semaine du 23 au 27 mars 2009

Suite aux dernières élections législatives en Israël, Benjamin Netanyahou avait été désigné par le président Perès de former un gouvernement de coalition. Après le refus de Tzipi Livni, leader du parti Kadima qui avait remporté en nombre de voix les élections, le leader du Likoud avait proposé à Ehud Barak, leader du parti travailliste et ministre de la défense d’intégrer cette coalition. Cette semaine, ce dernier a réussi à convaincre son parti du bien-fondé de son retour au pouvoir, au sein du gouvernement de B. Netanyahou, dominé par la droite et l’extrême droite.

Le parti travailliste divisé

Six des treize députés du parti travailliste de la Knesset ont soutenu Ehud Barak et son entrée au gouvernement de B. Netanyahou. Ce soutien n’a pu être obtenu qu’après certaines concessions de B. Netanyahou. En effet, la Libre Belgique rapporte que l’accord de coalition entre les travaillistes et le Likoud se fonde sur la promesse du Likoud que des efforts en vue d’une paix globale au Proche Orient seront poursuivis. Cependant, force est de constater que cet accord ne mentionne ni la création d’un Etat palestinien, ni la « Feuille de route », ni un plan international de paix, ni la relance des négociations de la conférence  d’Annapolis de 2007.

Cette décision de participer au gouvernement, qui a pu paraître surprenante, semble constituer un pari dangereux pour Barak mais aussi pour le parti travailliste. En effet, si six députés du parti ont soutenu Barak, ses sept opposants, qui estiment que cette participation au gouvernement déconsidère le Parti travailliste aux yeux de ses électeurs, ont fait savoir à E. Barak qu’ils ne s’estimeraient pas te¬nus par l’accord passé avec Netanyahou, rappelle Le Figaro. Pour la Libre Belgique cette « victoire » de Barak au sein de son propre parti est celle de la « vieille garde » qui s’accroche au pouvoir face à la « jeune garde » qui voulait entrer dans l’opposition, dans l’ombre de Kadima, et qui considère ce ralliement comme une trahison.

Cette division du parti sera périlleuse également pour le gouvernement Netanyahou. La Libre Belgique souligne à ce titre que l’entrée des travaillistes ne donnera qu’une majorité étroite au leader du Likoud, n’ayant que l’appui du camp Barak au sein du parti, donc six députés sur treize. En outre, si les sept opposants ne menacent pas de faire scission, ils comptent « rendre la vie dure au gouvernement. »

De son côté, Tzipi Livni, leader de Kadima déclare dans le Jerusalem Post ne pas regretter d’avoir placé son parti dans l’opposition, persuadée qu’aucun cadre du parti ne le quittera. Elle a reproché aux futurs membres du gouvernement de ne rien faire pour endiguer le « manque de foi du public dans la politique ». Elle compte s’impliquer pour la réforme du système de gouvernement israélien et sur les questions sociales, ignorées ces dernières années. Néanmoins, elle confirme que son parti soutiendra le gouvernement lorsque ce sera nécessaire.

Un retour d’E. Barak souvent salué par la presse

Ce ralliement a été salué par une partie de la presse israélienne et internationale car comme l’estime La Libre Belgique, M. Netanyahu a voulu rassurer l’opinion internationale et particulièrement les Etats-Unis, sur les intentions de son cabinet, très ancré à droite. Le président Obama avait en effet estimé que l’arrivée au pouvoir de la droite n’allait pas rendre « plus simple » la paix avec les Palestiniens.

Pour le Jerusalem Post, la participation du parti travailliste au gouvernement donne au moins une voix aux travailleurs en pleine dislocation économique. Concernant l’extérieur, sa présence améliore considérablement la façon dont Israël est perçu aux Etats-Unis et en Europe, modérant l’effet de la possible nomination d’Avigdor Lieberman au poste de ministre des affaires étrangères.

De son côté, La Libre Belgique rapporte que nombre d’analystes estiment que l’alliance Barak/Netanyahou servira de « feuille de vigne » à B. Netanyahou pour renforcer sa politique nationaliste et n’empêchera pas le futur gouvernement de plonger Israël dans l’isolement international. En effet, comme le souligne le quotidien, le parti anti-arabe d’Avigdor Lieberman reste partenaire de la coalition c’est ce dernier qui dirigera personnellement les Affaires étrangères.

Le duo Netanyahou/ Barak au pouvoir

Le quotidien israélien Haaretz s’interroge lui sur le duo Netanyahou/ Barak au pouvoir, estimant que si les deux hommes parviennent à analyser leurs erreurs passées, ils pourraient surprendre la classe politique. La première mission qui les attend serait l’Iran. Le quotidien envisage que le futur premier ministre et le futur ministre de la défense aient bientôt à convaincre la communauté internationale d’imposer un blocus économique et politique à Téhéran et estime que seuls ces deux hommes sont capables de faire face à une telle situation. La seconde mission du nouveau gouvernement serait l’économie avec une dette publique  massive. La présence d’Ehud Barak permettrait une action économique prudente et « harmonieuse » pour faire face à la crise.

La déception des électeurs du Likoud

Le Yediot Aharonot s’intéresse lui aux électeurs du Likoud qu’il considère trahis, traitant même B. Netanyahou de “manipulateur qui ne tient pas compte de ses électeurs et ne pense qu’à lui”. Le journal s’interroge sur ce que peuvent penser aujourd’hui l’électorat issu d’autres partis de droite qui a voté pour le Likud pour faire barrage à Kadima maintenant que des travaillistes sont au gouvernement.  En effet, contrairement aux électeurs du parti travailliste, l’« Union nationale »- comme Netanyahou appelle sa coalition- exprime la position des électeurs de droite qui s’étaient opposés au désengagement d’Ariel Sharon et avaient soutenu Netanyahou à l’époque. Faire entrer le parti travailliste au sein de la coalition est pour Yediot Aharonot « indécent » vis-à-vis de cet électorat là.