29/03/2009

Orient Occident le choc ?

CHESNOT (Christian) & SFEIR (Antoine), Orient Occident le choc ?, Paris, Hachette, 2009, 312 pages.

Depuis des décennies, le monde arabe connaît une interminable descente aux enfers. L’Occident porte une large part de responsabilité, mais aussi les dirigeants orientaux eux-mêmes, ou la pâle copie que sont leurs héritiers. Livrée aux appétits des puissances occidentales après la Première guerre mondiale, cette région est devenue le terrain d’affrontement des rivalités. La découverte du pétrole en Irak et en Arabie saoudite dans les années 1930 a aiguisé les convoitises européennes et américaines. La création de l’Etat d’Israël en 1948, vécue par le monde arabe comme ‘la catastrophe’, n’est toujours pas acceptée.Génération après génération, les conflits se transmettent et s’élargissent. Aujourd’ hui, nous assistons impuissants à l’énumération morbide des victimes, et de nombreuses questions se posent. Y a-t-il une fatalité pour que les Arabes ne connaissent ni le repos ni la paix ? L’islam est-il insoluble dans la démocratie ou dans la république ?

Belges et Arabes : voisins distants, partenaires nécessaires, éd. Bichara Khader et Claude Roosens, Presses Universitaires de Louvain, Louvain-la-Neuve, 2004, 262 p.Plus de 1 200 km séparent la Belgique de la Méditerranée, mais la Belgique est méditerranéenne par la population immigrée qui colore le paysage social belge. Elle est aussi méditerranéenne par son implication dans la recherche de solutions pacifiques aux conflits qui accablent cette région. Bref, la proximité géopolitique, géoéconomique et humaine est réelle mais ne se traduit pas par des imaginaires croisés toujours positifs, en raison de stéréotypes et de préjugés qui ont la vie dure.

C’est ce qu’exprime le Pr Bichara Khader, co-directeur, avec le Pr Claude Roosens, d’un ouvrage édité aux Presses universitaires de Louvain, «Belges et Arabes. Voisins distants, partenaires nécessaires». Il faut, dit Bichara Khader, une action décisive des autorités publiques et du secteur de l’enseignement en particulier afin d’apaiser les esprits. Un avant-goût d’un ouvrage très accessible qui livre une mine d’informations sur les liens politiques, économiques et sociaux qui unissent Belges et Arabes.Ce livre veut combler un vide dans la connaissance des multiples facettes des relations entre la Belgique et un monde arabe géographiquement si proche mais perçu comme étranger, voire étrange.

Il regroupe les contributions scientifiques présentées lors du deuxième colloque sur les relations entre la Belgique et le Monde arabe, organisé en 2002 par le Centre d’études et de recherches sur le monde arabe contemporain (CERMAC) et l’Unité des relations internationales de l’Université catholique de Louvain. L’analyse couvre les relations politiques, sociales, culturelles, économiques, financières et énergétiques de la Belgique avec l’ensemble des pays arabes. Plus que d’un bilan systématique, il s’agit d’une vue générale destinée à éclairer les décideurs politiques et économiques, ainsi que d’un instrument de travail pour les étudiants et les chercheurs.