03/04/2009

Forum de Paris 2009

Revue de presse – semaine du 30 mars au 3 avril 2009

Les 27,28 et 29 mars a eu lieu le Forum de Paris 2009, au siège de l’UNESCO à Paris, sous le haut patronage de N. Sarkozy  et J.M. Barroso. Lancé en 2004, le Forum de Paris s’intéresse chaque année à des thématiques euro-méditerranéennes, dans la continuité du « dialogue des civilisations ». Si 2004 avait pour thème « Le choc des civilisations n’aura pas lieu », 2005 « Le défi de l’Euro- Méditerranée », 2007 « L’Union 50 ans après : quelle Europe pour quels Européens ? » et 2008 « Une Union pour la Méditerranée Pourquoi faire et comment ? », l’édition 2009 du Forum s’intitulait pour sa part « Sauver la Méditerranée » et s’intéressait notamment au développement d’une « Méditerranée durable ».

La conférence a pu aborder à la fois la pollution en Méditerranée à travers les faits, les actions en cours et les recommandations, le climat, la santé, l’agriculture et la pêche, les transports, l’urbanisation et les différentes crises en Méditerranée. Ont été soulignés et détaillés les « maux de la Méditerranée », espace qui a la spécificité de concentrer tous les défis auxquels le Monde doit faire aujourd’hui face. La Méditerranée rassemble dans un espace limité des inégalités et fractures entre les deux rives que ce soit en termes d’accès à l’eau, aux soins, de transports, de revenus, etc.

Outre l’organisation de plénière, ateliers et débats menés par des personnalités du monde politique ou économique et de la société civile euro- méditerranéenne, la particularité du forum de Paris réside dans l’établissement de synthèses et surtout de recommandations sous forme d’ « engagements  du forum ».

Cette année, la conclusion des exposés et débats a mené les acteurs du forum à émettre 7 propositions concernant le développement durable de la Méditerranée.
Ces dernières correspondent à :

1. Le lancement d’un sommet des grandes villes urbaines pour mieux répondre à l’augmentation de la population urbaine méditerranéenne,

2. La création d’une structure permanente faisant fonction de banque centralisée de données socio-économiques et constituant de fait une plateforme commune pour une meilleur connaissance mutuelle et une harmonisation des politiques,

3. La création d’une Haute Autorité de l’Eau en Méditerranée permettant des politiques communes de gestion des ressources, une mutualisation de la recherche et du financement des investissements,

4. La conclusion d’une Convention méditerranéenne sur les infractions liées à la pollution en Méditerranée qui définirait

• Un code de bonne conduite contraignant pour les usagers de la mer,
• Une instance judiciaire compétente pour sanctionner délits et infractions en Méditerranée,
•  Une police « anti-pollution » méditerranéenne active et visible dotée de moyens opérationnels d’intervention et de compétences répressives,
• Une taxe de passage en Méditerranée pour financer ce dispositif.

5. La création d’une Autorité pour le développement sanitaire solidaire et durable en Méditerranée coordonnant les actions concernant la santé en Méditerranée,

6. La création d’un mécanisme de concertation sur le réchauffement climatique et ses conséquences en Méditerranée afin de coordonner les positions des pays sur l’application du protocole de Kyoto et son renouvellement lors de la conférence de Copenhague en décembre 2009,

7. L’établissement d’un mécanisme de concertation en matière de politiques agricoles en Méditerranée facilitant la mutualisation des recherches agronomiques, sanitaires et phytosanitaires, aidant à la diffusion des techniques et pratiques favorisant l’économie d’eau, la protection des soles et l’usage optimal des ressources naturelles rares ainsi que des fertilisants.

 

Une faible couverture médiatique du Forum

Le Monde a consacré un article au Forum, expliquant le parti pris de cette édition 2009 d’occulter la dimension politique de la région en citant Elie Barnavi qui considère que « les maux dont souffre la Méditerranée ne peuvent pas attendre le règlement des conflits entre Israël et la Palestine, à Chypre, ou dans le Sahara. Il y a urgence. » Le quotidien français souligne la position du Forum sur l’Union pour la Méditerranée (UPM) qui se dit « convaincu de la pertinence de l’Union pour la Méditerranée », mais regrette son « enlisement » dans « les faux prétextes politiques traditionnels » et demande « l’achèvement de (sa) construction institutionnelle dans les plus brefs délais ».

Le magazine marocain L’Economiste a de son côté rappelé la pertinence du thème du Forum de cette année qui veut « sauver l’environnement méditerranéen » et voit dans cet événement un moyen de pousser les responsables locaux à s’engager pour la préservation des écosystèmes méditerranéens.

L’article du Jour, quotidien marocain, s’est lui focalisé sur l’intervention du directeur général de la Caisse française des dépôts, Augustin de Romanet durant le Forum. Ce dernier a estimé que « les grands projets structurants lancés au Maroc, sous l’impulsion du roi, « sont des rêves qui sont progressivement en train de devenir une réalité », notamment le projet Tanger-Med et à la grande ligne de TGV qui va de Casablanca à Tanger.

Force est de noter que les retombées médiatiques du Forum de Paris n’ont pas été à la hauteur d’un tel événement et que les efforts de communication du Forum n’ont pas porté leurs fruits. Par ailleurs, le Forum a montré un caractère très « franco- marocain » que l’on peut percevoir à travers la couverture médiatique de la conférence, preuve que le tandem « France/Maroc » en terme de coopération fonctionne bien mais aussi que l’ « euro- Méditerranée » n’est encore au cœur des préoccupations que de quelques Etats, ce qui constitue un de ses handicaps majeurs.