10/04/2009

Mascarade électorale en Algérie

Les résultats sont tombés : Abdelaziz Bouteflika est réélu pour un troisième mandat présidentiel avec le score peu crédible de 90,24% des voix ! Le ton avait été  donné il y a cinq mois avec le vote par le Parlement d’un projet de révision de la Constitution déposé par le président. Celui-ci visait à supprimer la limite à deux mandats présidentiels consécutifs. Trois mois plus tard, le président algérien sortant confirmait les rumeurs en se présentant comme candidat à un troisième mandat.

Face à cinq adversaires quasiment inexistants, les trois semaines de campagne n’ont donné lieu à aucun suspense tant et si bien que hier, jour du scrutin, certains journaux annonçaient déjà ironiquement la victoire de Bouteflika. Une seule inconnue demeurait : celle du taux de participation. Ce matin, les sources officielles ont pompeusement annoncé un 74,11 % de participation, taux incroyable du fait du peu d’affluence observé dans les bureaux de vote mais aussi au regard des faibles pourcentages annoncés tout au long de la journée. L’opposition a d’ores et déjà dénoncé de nombreuses irrégularités ayant eu lieu autour du scrutin.

Au vu de ces résultats, les réactions populaires ont le droit d’être moroses. Le peuple algérien s’apprête à vivre cinq années supplémentaires de crise due à  la mauvaise gestion du pays et de ses richesses. La veille des élections les préoccupations de la rue étaient d’ailleurs davantage liées au prix en hausse de la pomme de terre qu’au résultat des urnes.

L’abstention a été l’arme principale de l’opposition lors de cette campagne. Peut-être serait-il bon d’envisager le combat de manière positive pour le futur ? La critique est bonne mais doit s’accompagner d’alternatives: ouverture vers les partenaires du Maghreb, ouverture vers l’Europe, modernisation… Les Algériens ont cinq ans pour préparer l’après Bouteflika.

N.J.O.