Press review – week from June 22 to 26, 2009

 

Newspapers are now diverted from Gaza after the end of Operation Cast Lead, yet time has not stopped and the month of June saw the second anniversary of the arrival of Hamas to power in the Gaza strip, as highlights La Libre Belgique. Recalling its accession to power on 15 June 2007, the Belgian newspaper says that since then « Gaza is subject to a strict blockade by Israel, which does not let enter the food supposed to meet the humanitarian needs of some 1.5 million Palestinians living there, one of the highest densities in the world. »La Libre Belgique analyses the taking of control of Gaza by Hamas as a « consecration of the division among Palestinians. » If Fatah and Hamas launched in February a dialogue of reconciliation to achieve a government of national unity, they did not reach any compromise until now.

Despite the media silence on the Gaza Strip since the end of the last Israeli Operation, the situation remains alarming and people still suffer from the consequences of the blockade and of last winter’s military operation, says Palestine Info. The site focuses on the impact that the recent events had on children. Having lost for many of them, their house, parents, classmates and their school, children in Gaza are unable to study like before. Traumatised and a lacking of resources (school supplies, buildings, electricity), children often became very nervous or too shocked to continue a “normal” scholar life. The Minister of Education Raid Salhiya, noting the psychological damage the war had on children in Gaza, has decided to launch a week of psychological support, relates Palestine Info.

Meanwhile, many NGOs remain aware of the plight of the Gazans. On Thursday June 24th, the NGO Free Gaza sent a fax to the Israeli ministries of defense and foreign affairs to warn that « on Thursday 25 June 2009, the boats “free Gaza” and “Spirit of Humanity” will sail from Larnaca port to the port of Gaza City, under the flag of Greece. » In this fax, Free Gaza has announced the carriage of necessary medical in sealed boxes and pencils, coloring books and toys for children as well as 300 bags of cement. Explaining the sending of these faxes, Free Gaza declared that « this letter is aiming at clearly notifying (to you) (our) road. Any attack on the boats “Spirit of Humanity” and/or “Free Gaza” will therefore be premeditated and any injury to persons on board will be seen as the result of an attack against voluntary non-armed civilians « . Indeed, the NGO was referring to Tuesday December 30th, when a ship of the Israeli navy attacked without warning the boat “Dignity” on which stood the activists of the NGO.

Ma’an news agency dealing with this initiative, quotes Greta Berlin, organizer of « Free Gaza » who explains that the NGO would « not bow to threats and intimidation of Israel. » After the warning of Cyprus, from where the boats intend to leave for Gaza and which support Free Gaza but fears an Israeli attack, the organization has been contacted by the United States. Indeed, the United States has warned the NGO that Israel had declared that Gaza was regarded as “a conflict area and that “any Free Gaza boat trying to sail to the Gaza Strip would not be allowed to reach its destination. » The United States advised Free Gaza to take seriously the Israeli intentions. However, Ma’an news agency revealed that former U.S. Congressman Cynthia McKinney responded to the American warning by stating that « the White House believes that the cement and medicines should be reaching Gaza » and that « instead of quoting the Israeli policy, the United States should send a message to Israel to reiterate the position of the White House which wants the blockade of Gaza to be reduced and medicines and construction materials to be allowed. »

On Friday June 26th, the boats of Free Gaza NGO had not left the Cypriot harbor, according to the Palestinian Telegraph. Indeed, the Cypriot authorities have not given permission for the vessels to leave yet, believing their trip to Gaza is too dangerous. The organization responded by thanking Cyprus for its hospitality and welcoming the support and understanding of their intervention. If the organization has admitted the danger of its draft to navigate to Gaza, Free Gaza said that « the risk that (we) are taking with these trips is tiny compared to the risks imposed every day on people of Gaza. » Concerning the reaction of the White House which asked to free Gaza to take seriously the Israeli warning, the NGO wondered: « Can we take B. Obama seriously? Will he keep its word and allow us to help Gaza or will he back down?  »

In the Jerusalem Post, Mairead Corrigan Maguire, Nobel Peace Prize in 1976 for her work with Catholics and Protestants in Northern Ireland said that « (We) promised to Gazans to come back and not to forget them. »

 

 

Revue de presse – semaine du 22 au 26 juin 2009

 

Les journaux se sont détournés de Gaza après la fin de l’opération « Plomb durci », pourtant le temps ne s’y est pas arrêté et ce mois de juin voit le deuxième anniversaire de l’arrivée du Hamas au pouvoir dans la Bande de Gaza, comme le souligne La Libre Belgique. Revenant sur son accession au pouvoir le 15 juin 2007, le quotidien belge rappelle que depuis, « la bande de Gaza est soumise à un strict blocus de la part d’Israël, qui ne laisse entrer que les denrées humanitaires pour répondre aux besoins des quelque 1,5 million de Palestiniens qui y vivent, soit l’une des densités les plus fortes au monde. »  La Libre Belgique analyse la prise de contrôle de la bande de Gaza par le Hamas  comme une « consécration de la division entre Palestiniens ». Si le Fatah et le Hamas ont lancé en février un dialogue de réconciliation pour parvenir à un gouvernement d’entente nationale, ils ne sont parvenus à aucun rapprochement jusqu’à présent.

Malgré ce silence médiatique sur  la Bande de Gaza depuis la fin de l’opération « Plomb durci », la situation reste alarmante et  la population souffre toujours largement des conséquences du blocus et de l’opération militaire de cet hiver, rapporte Palestine Info. Le site s’intéresse particulièrement à l’impact qu’on eu les derniers événements sur les enfants. Ayant pour beaucoup perdu une maison, des parents, des camarades de classe et tout simplement leur école, les enfants de Gaza ne parviennent plus à étudier. Traumatisés et manquant de moyens (fournitures scolaires, bâtiments, électricité), les enfants sont souvent devenus très nerveux ou trop choqués pour continuer une vie scolaire « normale ». Le ministre de l’éducation Raïd Salhiya, constatant les dégâts psychologiques qu’a eu la dernière guerre sur les enfants de Gaza, a décidé de lancer une semaine d’appui psychologique, rapporte Palestine Info.

De leur côté, nombre d’ONG restent en alerte sur le sort de la population gazaouie. Le jeudi 24 juin, l’ONG Free Gaza a transmis un fax aux ministères israéliens de la défense et des affaires étrangères pour  prévenir que  « le jeudi 25 juin 2009, le bateau à moteur Spirit of Humanity et le bateau à moteur Free Gaza navigueront du port de Larnaca jusqu’au port de Gaza ville, sous pavillon grec ». Dans ce fax, Free Gaza annonç ait transporter « du nécessaire médical dans des boîtes scellées ainsi que des crayons, des livres de coloriage et des jouets pour les enfants » et « 300 sacs de ciment délivrés directement par le fournisseur au port de Larnaca ». Justifiant cette démarche d’information, Free Gaza explique que « cette lettre a pour but de clairement (vous) notifier de (notre) route. Toute attaque sur les bateaux Spirit of Humanity et/ou Free Gaza sera préméditée et tout préjudice sur les personnes à bord sera considéré comme le résultat d’une attaque volontaire contre des civils non-armés ». En effet, l’ONG fait référence au mardi 30 décembre, date à laquelle un vaisseau de la marine israélienne a attaqué sans sommation le bateau Dignity à bord duquel se tenaient les militants de l’ONG.

Ma’an news agency revient sur cette initiative de l’ONG, citant Great Berlin l’organisatrice de « Free Gaza » qui explique que l’ONG ne « pliera pas devant les menaces et intimidations d’Israël ». Après la mise en garde de Chypre d’où partait le bateau de l’ONG, qui soutient néanmoins l’action de Free Gaza mais craint une attaque israélienne, l’organisation a été contactée par les Etats-Unis. En effet, les Etats-Unis ont prévenu l’ONG qu’Israël avait déclaré « considérer Gaza comme une zone de conflit » et que « tout bateau de Free Gaza qui tenterait de naviguer près de la bande de Gaza ne serait pas autorisé à atteindre sa destination ». Les Etats-Unis ont conseillé à Free Gaza de prendre au sérieux les intentions israéliennes. Cependant, Ma’an news agency révèle que l’ancienne sénatrice américaine Cynthia McKinney a réagi à cette mise en garde américaine en déclarant que  « la Maison blanche pensait aussi que ce ciment et ces médicaments devaient parvenir à Gaza » et qu’ « au lieu de citer la politique israélienne, les Etats-Unis devraient plutôt envoyer un message à  Israël pour réitérer la position de la Maison blanche qui veut que le blocus de Gaza soit allégé et que les médicaments ainsi que les matériaux de construction soient autorisés. »

Le vendredi 26 juin, les bateaux de l’ONG Free Gaza n’étaient pas encore partis selon lePalestinian Telegraph. En effet, les autorités chypriotes n’ont pas donné l’autorisation aux bateaux de partir, estimant le voyage vers Gaza trop dangereux. L’organisation a répondu en remerciant Chypre pour son accueil et en saluant l’aide et la compréhension chypriote de leur intervention. Si elle a reconnu le danger de son projet de naviguer jusqu’à Gaza, l’organisation a déclaré que « le risque que (nous) prenons avec ces voyages est minuscule comparé aux risques imposés tous les jours aux gens de Gaza ». Revenant sur la réaction de la Maison blanche qui a demandé à free Gaza de prendre au sérieux la mise en garde israélienne, l’ONG s’est interrogée: « Pouvons nous prendre B. Obama au sérieux ? Va-t-il respecter sa parole et nous permettre d’aider Gaza ou va-t-il reculer ? »

Dans le Jerusalem Post, Mairead Corrigan Maguire, Prix Nobel de la paix en 1976 pour son travail avec des Catholiques et Protestants en Irlande du Nord  a déclaré de son côté « Nous avons promis aux Gazaouïs de revenir et de ne pas les oublier ».

 

 

After having shed light on the persistent blockade of the Gaza Strip, then having covered with rare perseverance the three weeks of Israeli attacks in passed December and January, the media seem to have forgotten this piece of earth, while the situation is increasingly worrisome. Despite the millions promised by foreign powers for the reconstruction of the Palestinian territory, the Israeli blockade was not lifted and materials for reconstruction as well as staple foods found only rarely access to the Gaza Strip.

In order to attract the world’s attention on the situation of the Gazans, but also to penetrate the coastal blockade imposed by the Israeli navy, the Free Gaza movement is planning to send two ships laden with fifteen tons of cement and three tons of medicines for the needs of the population of the Strip. The departure from Cyprus was scheduled for Thursday 25 June, but the authorities of Nicosia refuse the permission to leave the harbor. The Israeli authorities informed by members of the Free Gaza movement of their intentions, warned they will not let the boats reach their destination. Meanwhile, the United States warned the « Hope Fleet  » that the territory was still considered a conflict zone by the Israelis.

So what happens behind the official statements calling on Israel to lift the blockade? The world appears to be less concerned about the situation in the Gaza Strip than before the massacre perpetrated by the Israeli army a few months ago. Such a silence can only strengthen the Israeli conviction to have pursued the right strategy. Is this what the world wanted to send as a message? To support the Free Gaza operation for governments is to meet once a degree of consistency between their words and deeds. Today, the Palestinians of Gaza and elsewhere need more than rhetoric.

Finally, an important task lies with the media. Instead of following the wishes of the audience to decide the news, it is sometimes necessary and of their responsibility to recall some forgotten information to an audience that has often a short memory. The situation in Gaza is one of these forgotten information, tomorrow the repression of the protest against the regime in Iran will be another.

Nathalie Janne d’Othée

 

 

Après avoir jeté la lumière sur le blocus persistant de la Bande de Gaza, pour ensuite couvrir avec une rare persévérance les trois semaines d’attaque israélienne de décembre et janvier passé, les médias semblent avoir oublié cette langue de terre alors que la situation y est toujours plus préoccupante. Malgré les millions promis par les puissances étrangères pour la reconstruction de ce territoire palestinien, le blocus israélien n’a pas été levé et les matériaux de reconstruction au même titre que les denrées alimentaires de base ne trouvent que rarement l’accès vers la Bande de Gaza.

Afin d’une part d’attirer l’attention du monde sur la situation des Gazaouis, mais aussi de percer le blocus côtier imposé par la marine israélienne, le mouvement Free Gaza prévoit d’envoyer deux bateaux chargés de quinze tonnes de ciment et trois tonnes de médicaments destinés aux besoins de la population de Gaza. Le départ de Chypre était prévu pour le jeudi 25 juin, mais les autorités de Nicosie leur refusent le permis de quitter le port.  Les autorités israéliennes, informées par les membres du mouvement de leurs intentions, ont quant à elles averti qu’elles ne laisseraient pas les bateaux atteindre leur destination. De leur côté, les Etats-Unis ont mis en garde la « Flotte de l’Espoir » du fait que le territoire était encore considéré comme une zone de conflit par les Israéliens.

Voilà donc ce qui se passe derrière les déclarations officielles appelant Israël à lever le blocus. La situation de la Bande de Gaza semble moins préoccuper le monde qu’avant le massacre perpétré par l’armée israélienne il y a quelques mois. Un tel silence ne peut faire que renforcer la conviction israélienne d’avoir opté pour la bonne stratégie. Est-ce cela que le monde voulait faire passer comme message ? Soutenir l’opération Free Gaza pour les gouvernements serait pour une fois respecter une certaine cohérence entre leurs paroles et leurs actes. Les Palestiniens, de Gaza et d’ailleurs, ont aujourd’hui besoin d’autre chose que de beaux discours.

Enfin, une tâche particulière incombe aux médias. Au lieu de suivre les volontés de l’audimat pour décider de l’actualité, il serait parfois nécessaire et responsable de rappeler certaines informations oubliées à un public à la mémoire courte. La situation de Gaza en est une, demain la répression de la protestation contre le régime en Iran en sera une autre.

Nathalie Janne d’Othée

 

 

Revue de presse – semaine du 15 au 19 juin 2009

Après le discours du Caire du président Obama présentant la nouvelle politique américaine au Moyen-Orient, le premier ministre israélien Netanyahou a prononcé dimanche dernier à l’université de Bar Ilan un discours  sur les intentions israéliennes dans la région, provoquant des réactions internationales mitigées. Or ce discours s’est inscrit dans un contexte particulier : celui des élections iraniennes qui ont officiellement été gagnées par Ahmadinejad, qui ne cache pas sa volonté de voir Israël disparaître. A l’heure où B. Obama souhaitait tendre la main à l’Iran et convaincre Israël d’adopter une attitude plus modérée, la question iranienne risque d’influencer l’attitude occidentale au Moyen-Orient.

Discours de B. Netanyahou

Pour le quotidien israélien Haaretz, ce discours prononcé sous la pression américaine, n’apporte rien de neuf. Les conditions que le Premier ministre a exigées des Palestiniens pour la reprise de négociations de paix et à terme l’éventualité d’un Etat palestinien sont la reconnaissance du caractère juif de l’Etat d’Israël, l’acceptation qu’un futur Etat palestinien serait démilitarisé, sans retour des réfugiés de 1948 et Jérusalem une capitale indivisible. Le quotidien estime qu’un pacte de non-agression entre Israël et la Palestine devrait être signé avant d’envisager une démilitarisation palestinienne. Cependant, pour Haaretz ni les Israéliens ni les Palestiniens ne sont aujourd’hui prêts à négocier, coincés dans un mécanisme de tensions et le Premier ministre n’a pas parlé « courageusement et honnêtement » comme il l’avait promis, notamment au sujet des colonies, dont il refuse toujours le gel. Pour Haaretz, Netanyahou aurait dû parler aux Israéliens comme à des adultes en expliquant aux colons que les colonies sont un obstacle au processus de paix, en expliquant le plan de paix arabe et ce qu’Israël est prêt à accepter ou pas. Au lieu de souligner les promesses que les Palestiniens doivent faire, il aurait pu parler des risques qu’Israël devait prendre pour la paix. Mais la motivation pour la paix manque.

Réactions et conséquences

L’Union européenne a réagi en saluant le pas que représente l’acceptation par B. Netanyahou d’un éventuel futur palestinien mais juge ce pas insuffisant, selon La Libre Belgique. En effet, les diplomates européens regrettent que le Premier ministre refuse le gel des colonies et souhaitent des négociations sur ce sujet comme sur le statut de Jérusalem. Réunis à Luxembourg les chefs des diplomaties des Vingt-sept ont refusé de reprendre le processus d’approfondissement des relations UE/Israël dans ces conditions.

« Je ne peux que saluer la perspective d’un État palestinien tracée par le nouveau Premier ministre israélien, a commenté  Bernard Kouchner, le chef de la diplomatie française. La France est convaincue que [sa création] relève de l’intérêt même d’Israël et de sa sécurité », rapporte France 24.

Côté palestinien, les conditions posées par le Premier ministre israélien pour la création d’un État palestinien sont jugées inacceptables. « Les propos de Benjamin Netanyahou ont sapé toutes les initiatives, paralysé tous les efforts en cours et défié les positions palestiniennes, arabes et américaines », a déclaré Nabil Abou Rdainah, porte-parole de Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne.

« C’est un refus total de reprise sérieuse des négociations, déplore Nassif Hitti, représentant de la Ligue arabe en France. La définition de l’État palestinien de Benjamin Netanyahou ne répond à aucun critère de l’État souverain, il s’agit d’une coquille vide », rapporte France 24.

Dans Le Figaro, Le Hamas a dénoncé «l’idéologie raciste et extrémiste» du premier ministre israélien. «Il propose un État (palestinien) sans identité, ni souveraineté, ni Jérusalem, ni droit au retour, ni armée, ni armes et insiste sur le maintien des colonies», a déclaré le porte-parole du mouvement islamiste, Fawzi Barhoum.

Le New-York Times met en avant l’acceptation du Premier ministre israélien d’envisager un futur Etat palestinien sous la pression américaine alors qu’il s’y refusait jusqu’à présent. Cependant, le quotidien américain reconnaît l’échec des Etats-Unis à  faire accepter à Israël le gel des colonies qui correspondent pour Netanyahou à la « croissance naturelle ». Le NY Times souligne que ce discours intervient juste après le rejet clair d’Obama des colonies, Israël tenant ouvertement tête à l’administration Obama. Malgré cela, la Maison Blanche a salué « ce pas vers la paix ». Le journal relève néanmoins le peu de place que Netanyahou a laissé au compromis puisque Netanyahou n’a pas évoqué les plans de paix en cours, ni l’espace géographique que couvrirait un futur Etat palestinien, il a renié le droit des Palestiniens au retour, considéré Jérusalem comme la capitale d’Israël sans évoquer de compromis. Pour Saed Erekat, négociateur pour la Palestine, B. Netanyahou n’accepte pas d’Etat palestinien puisqu’il impose des conditions irréalisables à sa création.

Dans son blog « Nouvelles d’Orient », le journaliste du Monde diplomatique Alain Gresh qualifie le discours de B. Netanyahou de « non-événement », de discours « vide » qui « repousse toute discussion sérieuse sur la paix ». D’après le journaliste, B. Netanyahou sait que les conditions qu’il propose sont inacceptables. Pour le Premier ministre les racines du conflit reposent sur le refus arabe de reconnaître « le droit du peuple juif à un Etat dans sa patrie historique ».  Quant aux réactions occidentales, A. Gresh s’interroge : « le président Obama a dit que ces propositions étaient « un pas en avant », mais un pas en avant vers quoi ? »

Le Palestinian News network (PNN) explique que Netanyahou a tenté d’imiter le discours du Caire d’Obama en proposant un support internet et en s’exprimant dans une université. Cependant, pour PNN, Netanyahou n’est pas Obama et son discours n’a pas eu « la profondeur, la sincérité et l’empathie » du discours présidentiel. Le discours de Netanyahou était clairement prononcé pour répondre à une demande américaine et pas pour assurer au Monde arabe son attachement à la paix. Par ailleurs, le journaliste estime que ce discours devrait être bien accueilli par la Jordanie qui a craint l’établissement d’un Etat palestinien en Jordanie.

Le Jordan Times revient lui sur la visite du ministre israélien des affaires étrangères Avigdor Lieberman à Washington. Il y a déclaré à la presse qu’il n’avait pas l’intention de changer « l’équilibre démographique en Cisjordanie » mais qu’on ne pouvait pas geler des colonies où « des bébés naissent, des gens se marient ou meurent ». « Notre approche sur la question est clair et la précédente administration américaine la soutenait» a déclaré Lieberman malgré la réitération de la Secrétaire d’Etat H. Clinton du refus américain des colonies.

Les élections iraniennes : coup d’arrêt à la nouvelle politique américaine ?

Deuxième écho plutôt négatif au discours du Caire de B. Obama au monde musulman : les élections iraniennes, officiellement remportées par Ahmadinejad alors que l’on attendait une nouvelle administration iranienne plus modérée. Annoncées comme un « coup dur » pour la Maison Blanche, ces élections pourraient avoir un impact sur la nouvelle politique moyen-orientale d’Obama, s’interrogent les médias. Pour Le Figaro, ce résultat peut en effet bouleverser les équilibres dans la région puisqu’Israël a déjà fiat savoir que ces élections confirmait la nécessité d’empêcher l’Iran d’avoir l’arme nucléaire. De fait, Israël rappelle l’urgence de sanctions envers Téhéran.

Cette nouvelle donne intervient quand Américains et Européens ont décidé de prendre un tournant dans leur politique étrangère , les Etats-Unis et l’Europe souhaitant être plus fermes vis-à-vis de leur allié israélien en demandant le gel des colonies et en refusant l’approfondissement de la relation UE-Israël et B. Obama choisissant de tendre une main à Téhéran. En outre, l’Union européenne a fait preuve d’un revirement notoire en rencontrant via le Haut représentant pour la Politique extérieure le député du Hezbollah Hussein Hajj Hassan au Liban.

«Le Hezbollah fait partie de la société libanaise. Il est représenté au Parlement et il aura des responsabilités », a déclaré à l’AFP Javier Solana. Pour M. Hajj Hassan « cette réunion était l’expression d’un niveau d’ouverture supérieur de la part de l’UE vers le Hezbollah », estimant qu’avec cette rencontre, l’UE adoptait une attitude « plus réaliste », vis-à-vis du Liban.

 

 

Press review – Week from June 15 to 19, 2009

After President Obama’s speech in Cairo presenting the new U.S. policy in the Middle East, Israeli Prime Minister Netanyahu delivered last Sunday at Bar Ilan University a speech on the Israeli intentions in the region, provoking mitigated international reactions. But this speech took place in a particular context: the Iranian elections were just officially won by Ahmadinejad, who does not hide his desire to see Israel disappear. At the time when B. Obama wanted to improve relations with Iran and convince Israel to adopt a more moderate stance, the Iranian issue may influence the Western attitude to the Middle-East.

B. Netanyahu’s speech

For the Israeli daily Haaretz, B. Netanyahu’s speech which has been delivered under the U.S. pressure brought nothing new. The conditions that the Prime Minister has required from the Palestinians to resume peace negotiations and confirm the possibility of a Palestinian State are the recognition of the Jewish character of Israel, the acceptance that a future Palestinian State would be demilitarized, with no return of 1948 refugees and that Jerusalem would be an undivided capital. The daily believes that a non-aggression pact between Israel and Palestine should be signed before a Palestinian demilitarization. However, for Haaretzneither the Israelis nor the Palestinians are now ready to negotiate, trapped in a tension mechanism and the Prime Minister did not « courageously and honestly » speak as he had promised, particularly on the topic of settlements, which he still refuses to freeze. ToHaaretz, Netanyahu should have spoken to the Israelis as to adults, explaining to the settlers that the settlements are an obstacle to the peace process, explaining what the Arab peace plan proposes and what Israel is prepared to accept or not. Rather than emphasize on the promises the Palestinians must do, he could have mentioned which risks Israelis ready to take for peace. But motivation for peace is lacking.
Reactions and consequences

The European Union has reacted by welcoming the step embodied by the acceptance by B. Netanyahu of a possible future Palestinian State even if the EU considered this step as not sufficient, according to La Libre Belgique. Indeed, the European diplomats regret that the Prime Minister refuses to freeze settlements and call for negotiations on this matter as well as on the status of Jerusalem. Meeting in Luxembourg, the heads of diplomacy of the Twenty-seven have refused to resume the process of deepening relations between the EU and Israel in these conditions.

“I can only welcome the prospect of a Palestinian state charted by the new Israeli prime minister, said Bernard Kouchner, the head of French diplomacy. France is convinced that [the establishment] is the interest of Israel and its security » reported France 24.
On the Palestinian side, the conditions imposed by the Israeli Prime minister to create a Palestinian state are considered as unacceptable. « The words of Benjamin Netanyahu have undermined all initiatives, paralyzed all the efforts and challenged Palestinian, Arab and American positions » said Nabil Abu Rdainah, spokesman for Mahmoud Abbas, president of the Palestinian Authority.

« This is a total refusal to resume serious negotiations, regrets Nassif Hitti, representing the Arab League in France. The definition of a Palestinian state by Benjamin Netanyahu does not meet any criterion of the sovereign state, it is an empty shell « , reports France 24.

In Le Figaro, Hamas has denounced the « racist and extremist ideology » of Israeli Prime Minister. « It proposes a (Palestinian) state without identity or sovereignty or Jerusalem or the right to return, no army, no weapons and insists on maintaining the settlements, » said the spokesman of the Islamist movement, Fawzi Barhoum.

The New York Times highlights the acceptance by the Israeli Prime Minister to consider a future Palestinian State thanks to the American pressure while he had refused to consider it so far. However, the American daily recognizes the failure of the United States to make Israel freeze settlements. The NY Times points out that this speech occurs just after the clear rejection of settlements by B. Obama, Israel openly resisting the Obama administration. Nevertheless, the White House welcomed « this step toward peace » despite the limited space that Netanyahu left for compromise since he did not mention plans for the ongoing peace or the geographical area that a future Palestinian state would cover, he denied the right of Palestinians to return, considered Jerusalem as the capital of Israel without mentioning a compromise. For Saed Erekat, Palestinian negotiator, B. Netanyahu does not accept a Palestinian state because he imposes conditions unattainable for its creation.

In in blog « Nouvelle d’Orient », the journalist of Le Monde Diplomatique, Alain Gresh describes the speech of B. Netanyahu as a « non-event », an “empty” speech, which « rejects any serious discussion on peace. » According to the journalist, B. Netanyahu knows that the conditions he offers are unacceptable. For the Prime Minister, the roots of the conflict are based on the Arab refusal to recognize « the right of the Jewish people to a State in its historic homeland. » As for the western reactions A. Gresh asks: « President Obama said that these proposals were » a step forward” but a step towards what?  »

The Palestinian News Network (PNN) said that Netanyahu has tried to imitate the speech of Obama in Cairo offering internet base for his speech and speaking in a university. However, for PNN, Netanyahu is not Obama and his speech did not show « the depth, sincerity and empathy » of the presidential speech. Netanyahu’s speech was clearly pronounced in response to a U.S. demand and not to assure the Arab world of his commitment to peace. Furthermore, the journalist believes that this discourse may be welcomed by Jordan, which feared the establishment of a Palestinian State in Jordan.

The Jordan Times deals with the visit of the Israeli Foreign Minister Avigdor Lieberman in Washington. The Minister told the press that he did not intend to change « the demographic balance in the West Bank » but we could not freeze settlements where « babies are born, people get married or die. » « Our approach on this issue is clear and we had some understandings with the previous U.S. administration » said Lieberman, despite the reiteration of the Secretary of State H. Clinton’s refusal of the Israeli settlements.

The Iranian elections: a stop to the new U.S. policy?

Second rather negative response to B. Obama’s speech to the Muslim world: the Iranian elections, officially won by Ahmadinejad while the West was expecting a new and more moderate Iranian government. Announced as a « blow » to the White House, these elections could have an impact on the new Middle Eastern policy of Obama, wonder the media. For Le Figaro, this result may in fact modify the balance in the region since Israel already highlighted that this election confirmed the need to prevent Iran from having nuclear weapons and reiterated the urgency of sanctions against Tehran.

This new situation occurs when Americans and Europeans have decided to take a turning point in their foreign policy, the United States and Europe wanting to be firmer towards their Israeli ally, calling for the freeze of settlements and refusing the deepening of the EU-Israel. In addition, the European Union has shown a notable reversal via the meeting of the High Representative for Foreign Affairs with Hezbollah MP Hussein Hajj Hassan in Lebanon.

« Hezbollah is part of Lebanese society. It is represented in Parliament and will have responsibilities » said to AFP Javier Solana. Mr. Hajj Hassan considered that « this meeting was an expression of a higher level of openness from the part of the EU towards Hezbollah », arguing that with this meeting, the EU adopted a « more realistic » attitude towards Lebanon.

 

 

Avec le discours du Caire de Barack Obama semblait se tourner une nouvelle page au Moyen-Orient. Les Etats-Unis décidaient de tendre une main à un Iran qu’ils espéraient voir changer de gouvernement et de s’ouvrir au Monde arabo-musulman. Pour la première fois, l’Amérique adoptait un discours plus équilibré vis-à-vis de son allié israélien en exigeant le gel des colonies et la création d’un Etat palestinien. Du côté européen, Javier Solana, Haut Représentant pour la politique extérieure de l’UE,  rencontrait un député du Hezbollah, affichant une nouvelle position plus réaliste vis-à-vis du Liban. Les résultats des élections libanaises avaient confirmé une certaine détente entre l’Occident et le Moyen-Orient.

Or, avec le résultat controversé des élections iraniennes et le discours de Bar Ilan de B. Netanyahou, ce nouvel élan pourrait bien se voir entamé. En effet, la réélection de M. Ahmadinejad à la tête de l’Iran ne valide pas la stratégie de « main tendue » d’Obama et attise les tensions régionales. En outre, ce résultat, qu’il soit frauduleux ou non, conforte la position d’Israël qui ne cesse d’appeler aux sanctions contre Téhéran et d’attirer l’attention de la communauté internationale sur la « menace iranienne ».

Le discours de B. Netanyahou incarne  lui aussi un coup d’arrêt à l’élan américain pour la paix dans la région. En se prononçant contre le gel des colonies haut et fort et par deux fois- par la voix du premier ministre à Bar Ilan et par celle de Lieberman à Washington- le gouvernement israélien a montré qu’il ne s’embarrassait pas des exigences américaines. Par ailleurs, si B. Netanyahou a pu faire croire qu’il se pliait désormais à la demande américaine de l’établissement d’un Etat palestinien, il n’en est rien. Le Premier ministre israélien a certes prononcé le terme d’ « Etat palestinien » mais les conditions qu’il y lie sont irréalisables et il le sait.

Fort de ses « propositions », Netanyahou se pose en promoteur de la paix et laisse la balle dans le camp des Palestiniens, qui se disent eux outrés par de telles exigences alors que la presse souligne cette évolution d’un Premier ministre qui n’avait jusque là cessé de clamer son opposition à un futur Etat palestinien.

Après la fermeté inattendue dont le président américain avait fait preuve face à son homologue israélien en lui imposant une pression que l’on avait pensée décisive, B. Obama paraît aujourd’hui moins disposé à tenir tête à Israël, la Maison Blanche saluant le discours israélien. Côté européen, si les diplomates ont refusé la poursuite du processus d’approfondissement des relations euro-israéliennes, ils ont eux aussi salué le discours du Premier ministre, ne relevant que des « insuffisances ».

Enfin, il se pourrait que la question iranienne devienne prioritaire sur la question palestinienne dans les agendas occidentaux, ainsi que l’avait demandé Netanyahou lors de ses voyages en Egypte, Jordanie et aux Etats-Unis et contrairement à ce qu’Obama souhaitait. Dans ce cas, le gouvernement israélien  aurait réussi à gagner du temps une fois encore et l’établissement d’un Etat palestinien risquerait de se voir repoussé aux calendes grecques.

Luce Ricard

 

 

With Barack Obama’s speech in Cairo a new page seemed to be turned in the Middle East. The United States had decided to improve relations with an Iran that was expected to shift to a more moderate government. B. Obama was willing to take a new departure with the Arab-Muslim world. For the first time, America had adopted a more balanced discourse towards its Israeli ally, requesting the freeze of settlements and the creation of a Palestinian State. Concerning the European Union, Javier Solana, High Representative for the EU foreign policy, had met a member of Hezbollah, showing a more realistic position towards Lebanon.

The Lebanese election’s results had also been analyzed as a thaw between the West and the Middle East.

However, with the result of the controversial Iranian elections and Netanyahu’s speech in Bar Ilan, this impulse could be interrupted. Indeed, the re-election of M. Ahmadinejad at the head of Iran does not validate Obama’s strategy of « outstretched hand” and may increase regional tensions. In addition, this result, whether fraudulent or not, reinforces the position of Israel, which continues to call for sanctions against Tehran and to attract the attention of the international community to the « Iranian threat ».

The speech of B. Netanyahu also represents a halt to the American momentum for peace in the region. In refusing the freeze of settlements loudly and twice-through Prime Minister Netanyahu’s speech at Bar Ilan and Minister Lieberman in Washington-the Israeli government has shown it does not trouble itself with the American requirements. Furthermore, if B. Netanyahu has been able to let believe that he was satisfying the American demand for the establishment of a Palestinian State, he was not. The Israeli Prime Minister has indeed pronounced the term « Palestinian State » but the conditions he bond to this possibility are unattainable and he knows it.

Relying on his « proposals », Netanyahu presents himself as a promoter of peace and leaves the final word to the Palestinians, who are outraged by such requirements, while the press highlights the evolution of the Prime Minister, who had always proclaimed his opposition to a future Palestinian State. After the unexpected firmness the American president had shown to his Israeli counterpart by imposing a pressure that had been thought as decisive, B. Obama now appears less willing to contradict Israel since the White House welcomed the Israeli speech. In Europe, if diplomats refused to pursue the process of deepening of the Euro-Israeli relations, they welcome the Prime Minister’s speech, noticing only some “insufficiencies”.

Finally, it is highly possible that the Iranian issue will have the priority on the Palestinian issue on Western calendars, as Netanyahu asked during his travels in Egypt, Jordan and the United States and contrarily to what Obama wanted. In this case, the Israeli government would have managed once again to gain time and the establishment of a sovereign Palestinian State may be postponed ad vitam aeternam.

Luce Ricard

 

 

Many people felt relieved with the announcement of the election results in Lebanon last Sunday. The March 14 coalition, headed by the Future Movement of Saad Hariri, won a majority of 71 seats against  57 for the March 8 movement, led by the Shiite Hezbollah.

The anti-Syrian coalition witnessed a clear victory. Several global and regional changes may have had some influence on this result like the shift in tone of the new American administration, the possibility of a victory for the moderate candidate Mir Hussein Mossawi in the Iranian elections this Friday or the normalization of relations between Lebanon and Syria. All these assumptions have a certain legitimacy, but in a State where the vote is essentially based on communities, the decisive element of these elections was the vote of the Christian community, which had to choose between the Sunni pro-western March 14 coalition and the mostly Shiite movement of March 8 which has been joined by the Christian General Aoun.  General Aoun’s strong personality was not sufficient to convince the Christians who mainly voted in favor of the pro-Western majority.

Following the announcement of the results, many are those who have held their breath, waiting with apprehension for the candidates’ reactions.

Surprisingly, the atmosphere remained very calm. But while the losers appear to have peacefully accepted their defeat, they will fight for their representation inside the new government during the post-election negotiations. Disagreements remain concerning the granting of a blocking third to the opposition in the future Cabinet of National Union. Hezbollah intends to protect its militia from any ministerial decision of disarmament. However, the March 14 coalition is in favor of a « veto » given to the President of the Republic, who holds a mediating role, instead of the blocking third. If no agreement is reached, the risk is that Hezbollah may decide not to participate to the next government, taking a comfortable position in the opposition. One of the two parties will therefore have to make concessions to preserve the stability difficultly established last year.

In the end, Hezbollah from which some feared the rejection of the election results, accepted its defeat and the rules of democracy. Its popularity among the Lebanese people is nevertheless not affected by this result and the Party of God is keeping a comfortable place in the Lebanese society. The March 14 coalition is ready to lead the country but considers its role in a spirit of reconciliation and national unity. Therefore, these elections have undoubtedly strengthened the prospects for a lasting stability in Lebanon.

Nathalie Janne d’Othée

 

 

Nombreux sont ceux qui ont éprouvé du soulagement à l’annonce des résultats des élections libanaises de dimanche passé. La coalition du 14 mars, chapeautée par le Courant du Futur de Saad Hariri a obtenu une majorité de 71 sièges face à 57 pour le groupe du 8 mars, dirigé par le Hezbollah chiite.

La coalition anti-syrienne a donc connu une victoire nette. Plusieurs changements globaux et régionaux peuvent avoir eu une certaine influence sur ce résultat comme le changement de ton de la nouvelle administration américaine, l’éventualité d’une victoire du candidat modéré Mir Hussein Mossawi aux élections iraniennes de ce vendredi ou encore la normalisation des relations entre le Liban et la Syrie. Toutes ces hypothèses ont une certaine légitimité, mais dans un Etat où le vote est essentiellement communautaire, l’élément décisif de ces élections fut avant tout le vote de la communauté chrétienne, exposée au choix entre la coalition du 14 mars majoritairement sunnite et pro-occidentale, et celle du 8 mars, majoritairement chiite mais à laquelle s’est jointe la formation du général chrétien Aoun. La personnalité du général n’a finalement pas suffi à convaincre les chrétiens qui se sont en grande partie prononcé en faveur de la majorité pro-occidentale.

Suite à l’annonce des résultats, nombreux sont ensuite ceux qui ont retenu leur souffle, observant avec appréhension les réactions des uns et des autres.
Étonnamment, l’ambiance est restée très calme. Mais bien que les vaincus semblent avoir accepté leur défaite de manière sereine, ils n’entendent pas pour autant se laisser faire lors des négociations post électorales. Un point de désaccord a déjà fait surface concernant l’octroi d’un tiers de blocage à l’opposition au sein du futur cabinet d’Union nationale. Le Hezbollah entend ainsi entre autre protéger sa milice contre une éventuelle décision ministérielle de désarmement. Cependant, la coalition du 14 mars est partisane du fait que ce « droit de veto » soit plutôt donné au Président de la République, qui tiendrait en quelque sorte le rôle de médiateur. Si aucun accord n’est trouvé, le risque existe que le Hezbollah décide de ne pas participer au prochain exercice gouvernemental, prenant une position confortable dans l’opposition. Une des deux parties devra donc faire des concessions pour préserver la stabilité durement établie l’année passée.

En définitive, le Hezbollah dont on craignait un refus du résultat des élections, accepte sa défaite et les règles du jeu démocratique. Sa popularité auprès de la population libanaise n’en sort pas pour autant entamée et le Parti de Dieu garde une place confortable dans la société libanaise. La coalition du 14 mars s’apprête quant à elle à gouverner mais envisage son rôle dans un esprit de conciliation et d’unité nationale. Par conséquent , ces élections ont sans doute renforcé les chances de la stabilité durable au Liban.

Nathalie Janne d’Othée