26/06/2009

Action non-violente contre le blocus de Gaza

Revue de presse – semaine du 22 au 26 juin 2009

 

Les journaux se sont détournés de Gaza après la fin de l’opération « Plomb durci », pourtant le temps ne s’y est pas arrêté et ce mois de juin voit le deuxième anniversaire de l’arrivée du Hamas au pouvoir dans la Bande de Gaza, comme le souligne La Libre Belgique. Revenant sur son accession au pouvoir le 15 juin 2007, le quotidien belge rappelle que depuis, « la bande de Gaza est soumise à un strict blocus de la part d’Israël, qui ne laisse entrer que les denrées humanitaires pour répondre aux besoins des quelque 1,5 million de Palestiniens qui y vivent, soit l’une des densités les plus fortes au monde. »  La Libre Belgique analyse la prise de contrôle de la bande de Gaza par le Hamas  comme une « consécration de la division entre Palestiniens ». Si le Fatah et le Hamas ont lancé en février un dialogue de réconciliation pour parvenir à un gouvernement d’entente nationale, ils ne sont parvenus à aucun rapprochement jusqu’à présent.

Malgré ce silence médiatique sur  la Bande de Gaza depuis la fin de l’opération « Plomb durci », la situation reste alarmante et  la population souffre toujours largement des conséquences du blocus et de l’opération militaire de cet hiver, rapporte Palestine Info. Le site s’intéresse particulièrement à l’impact qu’on eu les derniers événements sur les enfants. Ayant pour beaucoup perdu une maison, des parents, des camarades de classe et tout simplement leur école, les enfants de Gaza ne parviennent plus à étudier. Traumatisés et manquant de moyens (fournitures scolaires, bâtiments, électricité), les enfants sont souvent devenus très nerveux ou trop choqués pour continuer une vie scolaire « normale ». Le ministre de l’éducation Raïd Salhiya, constatant les dégâts psychologiques qu’a eu la dernière guerre sur les enfants de Gaza, a décidé de lancer une semaine d’appui psychologique, rapporte Palestine Info.

De leur côté, nombre d’ONG restent en alerte sur le sort de la population gazaouie. Le jeudi 24 juin, l’ONG Free Gaza a transmis un fax aux ministères israéliens de la défense et des affaires étrangères pour  prévenir que  « le jeudi 25 juin 2009, le bateau à moteur Spirit of Humanity et le bateau à moteur Free Gaza navigueront du port de Larnaca jusqu’au port de Gaza ville, sous pavillon grec ». Dans ce fax, Free Gaza annonç ait transporter « du nécessaire médical dans des boîtes scellées ainsi que des crayons, des livres de coloriage et des jouets pour les enfants » et « 300 sacs de ciment délivrés directement par le fournisseur au port de Larnaca ». Justifiant cette démarche d’information, Free Gaza explique que « cette lettre a pour but de clairement (vous) notifier de (notre) route. Toute attaque sur les bateaux Spirit of Humanity et/ou Free Gaza sera préméditée et tout préjudice sur les personnes à bord sera considéré comme le résultat d’une attaque volontaire contre des civils non-armés ». En effet, l’ONG fait référence au mardi 30 décembre, date à laquelle un vaisseau de la marine israélienne a attaqué sans sommation le bateau Dignity à bord duquel se tenaient les militants de l’ONG.

Ma’an news agency revient sur cette initiative de l’ONG, citant Great Berlin l’organisatrice de « Free Gaza » qui explique que l’ONG ne « pliera pas devant les menaces et intimidations d’Israël ». Après la mise en garde de Chypre d’où partait le bateau de l’ONG, qui soutient néanmoins l’action de Free Gaza mais craint une attaque israélienne, l’organisation a été contactée par les Etats-Unis. En effet, les Etats-Unis ont prévenu l’ONG qu’Israël avait déclaré « considérer Gaza comme une zone de conflit » et que « tout bateau de Free Gaza qui tenterait de naviguer près de la bande de Gaza ne serait pas autorisé à atteindre sa destination ». Les Etats-Unis ont conseillé à Free Gaza de prendre au sérieux les intentions israéliennes. Cependant, Ma’an news agency révèle que l’ancienne sénatrice américaine Cynthia McKinney a réagi à cette mise en garde américaine en déclarant que  « la Maison blanche pensait aussi que ce ciment et ces médicaments devaient parvenir à Gaza » et qu’ « au lieu de citer la politique israélienne, les Etats-Unis devraient plutôt envoyer un message à  Israël pour réitérer la position de la Maison blanche qui veut que le blocus de Gaza soit allégé et que les médicaments ainsi que les matériaux de construction soient autorisés. »

Le vendredi 26 juin, les bateaux de l’ONG Free Gaza n’étaient pas encore partis selon lePalestinian Telegraph. En effet, les autorités chypriotes n’ont pas donné l’autorisation aux bateaux de partir, estimant le voyage vers Gaza trop dangereux. L’organisation a répondu en remerciant Chypre pour son accueil et en saluant l’aide et la compréhension chypriote de leur intervention. Si elle a reconnu le danger de son projet de naviguer jusqu’à Gaza, l’organisation a déclaré que « le risque que (nous) prenons avec ces voyages est minuscule comparé aux risques imposés tous les jours aux gens de Gaza ». Revenant sur la réaction de la Maison blanche qui a demandé à free Gaza de prendre au sérieux la mise en garde israélienne, l’ONG s’est interrogée: « Pouvons nous prendre B. Obama au sérieux ? Va-t-il respecter sa parole et nous permettre d’aider Gaza ou va-t-il reculer ? »

Dans le Jerusalem Post, Mairead Corrigan Maguire, Prix Nobel de la paix en 1976 pour son travail avec des Catholiques et Protestants en Irlande du Nord  a déclaré de son côté « Nous avons promis aux Gazaouïs de revenir et de ne pas les oublier ».