26/06/2009

Gaza l’oubliée

Après avoir jeté la lumière sur le blocus persistant de la Bande de Gaza, pour ensuite couvrir avec une rare persévérance les trois semaines d’attaque israélienne de décembre et janvier passé, les médias semblent avoir oublié cette langue de terre alors que la situation y est toujours plus préoccupante. Malgré les millions promis par les puissances étrangères pour la reconstruction de ce territoire palestinien, le blocus israélien n’a pas été levé et les matériaux de reconstruction au même titre que les denrées alimentaires de base ne trouvent que rarement l’accès vers la Bande de Gaza.

Afin d’une part d’attirer l’attention du monde sur la situation des Gazaouis, mais aussi de percer le blocus côtier imposé par la marine israélienne, le mouvement Free Gaza prévoit d’envoyer deux bateaux chargés de quinze tonnes de ciment et trois tonnes de médicaments destinés aux besoins de la population de Gaza. Le départ de Chypre était prévu pour le jeudi 25 juin, mais les autorités de Nicosie leur refusent le permis de quitter le port.  Les autorités israéliennes, informées par les membres du mouvement de leurs intentions, ont quant à elles averti qu’elles ne laisseraient pas les bateaux atteindre leur destination. De leur côté, les Etats-Unis ont mis en garde la « Flotte de l’Espoir » du fait que le territoire était encore considéré comme une zone de conflit par les Israéliens.

Voilà donc ce qui se passe derrière les déclarations officielles appelant Israël à lever le blocus. La situation de la Bande de Gaza semble moins préoccuper le monde qu’avant le massacre perpétré par l’armée israélienne il y a quelques mois. Un tel silence ne peut faire que renforcer la conviction israélienne d’avoir opté pour la bonne stratégie. Est-ce cela que le monde voulait faire passer comme message ? Soutenir l’opération Free Gaza pour les gouvernements serait pour une fois respecter une certaine cohérence entre leurs paroles et leurs actes. Les Palestiniens, de Gaza et d’ailleurs, ont aujourd’hui besoin d’autre chose que de beaux discours.

Enfin, une tâche particulière incombe aux médias. Au lieu de suivre les volontés de l’audimat pour décider de l’actualité, il serait parfois nécessaire et responsable de rappeler certaines informations oubliées à un public à la mémoire courte. La situation de Gaza en est une, demain la répression de la protestation contre le régime en Iran en sera une autre.

Nathalie Janne d’Othée