10/07/2009

Tâtonnements sur la question iranienne

Pendant qu’en Iran, la répression gouvernementale étouffe progressivement le mouvement de protestation, la communauté internationale tergiverse sur l’attitude à adopter face aux velléités nucléaires de la République islamique. La rencontre entre Barack Obama et son homologue russe, Dimitri Medvedev et le sommet du G8 à l’Aquila en Italie étaient deux occasions de voir la communauté internationale changer de position par rapport à l’Iran, et pourtant il n’en fut rien.

Les déclarations de Joe Biden dimanche sur la chaine de télévision CNN ont cependant jeté le trouble sur la stratégie américaine vis-à-vis de l’Iran. Selon Biden, les Etats-Unis ne « peuvent dicter à une nation souveraine ce qu’elle peut ou ne peut pas faire (…) si elle considère que son existence est menacée ». Ces propos revenaient pour beaucoup à donner un feu vert à Israël. Obama est alors venu au secours de son Vice-Président en réaffirmant la volonté américaine d’un processus négocié avec l’Iran et en expliquant que les propos de Joe Biden n’étaient rien de plus que la reconnaissance de la souveraineté d’Israël.

Il est néanmoins curieux de remarquer que la « reconnaissance de la souveraineté nationale » par les Etats-Unis ne semble accordée que parcimonieusement. En effet, s’il est du droit souverain d’Israël de primo détenir la bombe nucléaire (non-officiellement mais au su de tous) et deuxio de menacer d’attaquer l’Iran, il n’est pas du droit souverain de la République des mollahs d’en faire de même vis-à-vis d’Israël. La non-ingérence reste donc  soumise au principe de deux poids deux mesures.

Toutefois, l’attitude américaine demeure pour l’instant l’attentisme que ce soit par rapport à la question nucléaire ou par rapport aux troubles qui ont suivi les élections en Iran, avec néanmoins une date butoir qui tend à se rapprocher au fil du temps. Durant la rencontre avec Benjamin Netanyahou en mai passé, Barack Obama avait pour la première fois admis une échéance avec la « réévaluation possible de la stratégie du dialogue à la fin de l’année » (voir notre revue de presse du 20/5/2009). Aujourd’hui les dirigeants du G8, Russie comprise, se sont accordés pour une réévaluation de la situation lors de la réunion du G20 à Pittsburgh en septembre prochain.

L’administration Obama semble désormais vouloir inclure la question nucléaire iranienne dans un cadre plus large d’une négociation mondiale sur la dénucléarisation. Mais jusqu’à quand pourra-t-elle convaincre le reste du monde de la suivre face à un Iran de moins en moins politiquement correct et qui en outre, persiste dans son mutisme ? Tandis que la perspective d’un processus négocié perd tous les jours en crédibilité, la communauté internationale semble quant à elle perdre patience.

N.J.O.