31/07/2009

Tournée de Georges Mitchell au Moyen-Orient

Revue de presse – semaine du 27 au 31 juillet 2009

L’envoyé spécial des Etats-Unis pour le Moyen-Orient George Mitchell opérait cette semaine une tournée large au Moyen-Orient visitant tour à tour les autorités israéliennes, syriennes, égyptiennes et palestiniennes.

Lors de son passage à Damas, George Mitchell a déclaré que le Président Obama était décidé à œuvrer pour une « une paix globale au Proche-Orient, cela inclut Israël et la Palestine, Israël et la Syrie, Israël et le Liban ainsi que des relations normales avec l’ensemble des pays de la région », a souligné le Nouvel Obs.

L’Express rapporte que l’envoyé spécial américain pour le Moyen-Orient a souligné lors de sa visite au Caire que les Etats-Unis « ne demandaient à personne une normalisation complète à ce stade », reconnaissant « qu’elle interviendra plus tard dans ce processus ». Il a tout de même appelé certains pays à prendre des mesures significatives.

Al Jazeera détaille ces « mesures significatives ». En ce qui concerne les Etats arabes, les Etats-Unis attendent d’eux qu’ils fassent « des pas significatifs vers une normalisation de leurs relations avec Israël ». Les Palestiniens doivent de leur côté “étendre et améliorer leurs forces de sécurité, et s’abstenir de mots ou d’actes qui rendraient plus difficile l’avancée rapide vers des négociations réussies”. Enfin, Israël doit faire en sorte de “rendre possible de meilleurs accès, mouvements et croissance économique pour les Palestiniens… et de traiter les questions difficiles comme les colonies et les postes avancés. »

Retour de la Syrie sur la scène régionale

Le Monde souligne l’exploit : malgré des positions claires en faveur du régime iranien ainsi que pour le Hezbollah et le Hamas, Bachar el-Assad a réussi à rendre à la Syrie sa place d’acteur régional incontournable. Le quotidien français commente l’échec de la politique française qui voulait, en renouant des relations diplomatiques, détourner la Syrie de son allié iranien. A l’inverse, la Syrie a réussi à se servir de blanc seing que lui offrait la France pour renouer avec Washington.

La presse rappelle qu’en 2005, la Syrie s’était retrouvée ostracisée de la communauté internationale du fait de sa présumée implication dans l’assassinat du premier ministre libanais Rafic Hariri.

Pour la deuxième fois en un peu plus d’un mois, l’envoyé spécial américain pour le Moyen-Orient s’est rendu à Damas. Le Monde rappelle en effet que le 14 juin dernier, George Mitchell s’était rendu dans la capitale syrienne, brisant le froid diplomatique qui régnait depuis 2005 entre les deux pays.

Suite à cette visite, Washington a annoncé la levée progressive des sanctions économiques qui pesaient sur la Syrie, annonce AFP. Tommy Vietor, un porte-parole de la Maison Blanche a néanmoins averti que « Modifier les sanctions américaines réclamerait une coordination et des consultations étroites avec le Congrès ». AFP rappelle en outre que Washington a également annoncé le 24 juin passé l’envoi d’un nouvel ambassadeur Damas.

Selon l’agence de presse israélienne Guysen news, de même qu’ils l’ont fait avec l’Iran, les Etats-Unis « jouent la carte du compromis avec la Syrie » dans le but de « faire de Damas un nouveau pont entre islamistes et Arabes modérés, notamment entre le Hamas et le Fatah ».

Le Monde remarque en effet que la Syrie est un acteur central du dialogue interpalestinien : la capitale syrienne accueille en effet les sièges du Hamas et du Hezbollah, tandis que Mahmoud Abbas s’y rend régulièrement pour prendre l’avis de son homologue syrien.

Haaretz rend compte de la visite de Walid Moallem, le Ministre syrien des Affaires étrangères à Londres. Ce dernier a rappelé la position centrale qu’occupait la Syrie en ce qui concerne la question nucléaire iranienne. Il a affirmé la volonté de la Syrie de faire du Moyen-Orient une zone exempte d’armes nucléaires, et a ajouté que la Syrie était dans « une position unique pour influencer les choix politiques iraniens » bien qu’elle ne pouvait pas « prendre les décisions à la place de l’Iran », celui-ci « devant prendre ses décisions en fonction de ses intérêts ». Le ministre n’aurait pas précisé quel rôle la Syrie pourrait jouer dans la crise qui oppose l’Iran à la majorité de la communauté internationale.

Le quotidien israélien rappelle que de son côté l’Iran n’adopte pas une attitude très coopérative avec l’AIEA et que Walid Moallem a soigneusement évité de répondre aux questions des journalistes concernant les flux d’armes passant par la Syrie et destinés au Hezbollah ou au Hamas.

Conflit israélo-arabe

Après la visite à Damas, c’est celle de l’envoyé Georges Mitchell à Jérusalem qui a fait couler le plus d’encre. Le Nouvel Obs rappelle les récents désaccords entre l’administration Obama et le gouvernement israélien de Netanyahou. Alors que les Etats-Unis exigent de leur allié un gel total des colonies dans les territoires occupés, un projet d’implantation juive à Jérusalem Est avait ravivé les tensions entre les deux pays.

L’Express rend compte des pourparlers qui se sont déroulés mardi entre Mitchell et Netanyahu à ce sujet. Les deux hommes ont fait part d’avancées vers une solution, même si l’émissaire américain a avoué qu’ « Il y a toujours un fossé entre nous et les Israéliens sur la question des implantations ».  Le quotidien fait remarquer qu’il sera difficile de débuter des négociations avec les Palestiniens ou encore avec l’Arabie Saoudite ou la Syrie, sans que le phénomène de la colonisation ne subisse un gel total.

Cet avis est corroboré par un article du journal panarabe Ash Sharq Al Awsat, rapporté qui rapporte le sentiment des pays arabes qui n’acceptent plus beaucoup les pressions américaines pour une normalisation de leurs relations avec Israël. Selon eux, celle-ci est prématurée et restera conditionnée par l’arrêt total de la colonisation en Cisjordanie.

L’envoyé d’Al Jazeera à Jérusalem, Mike Hanna remarque enfin que même si les dirigeants américains et israéliens ont déclaré avoir avancé sur le dossier des colonisations, on ne peut pas cacher qu’il existe « des différences substantielles entre l’approche de l’administration Obama et celle d’Israël ».