07/08/2009

La résistance non-violente en filigrane

Depuis le début de leur lutte pour l’indépendance, les Palestiniens ont souvent utilisé les méthodes de la résistance non-violente. Ainsi, la première Intifada était au départ menée sous le mot d’ordre de la non-violence. Plus récemment, plusieurs villages  – Bil’in, Nil’in, Jayyous, Budrus, … – ont entamé des actions directes non-violentes contre la progression du mur de séparation en Cisjordanie. Les succès médiatiques de ces actions popularisent à nouveau la résistance non-violente et en font une option stratégique à part entière, discutée cette semaine au sixième Congrès du Fatah à Bethléem.

Nombreux sont ceux dans les territoires palestiniens pour qui la résistance non-violente a déjà représenté beaucoup d’espoirs mais a également énormément déçu. La répression israélienne sanglante et soutenue contre la Première Intifada,  ainsi que le peu de résultats acquis, ont détourné la majorité des militants de cette option. Or les avantages qu’elle comporte sont nombreux, en particulier pour le peuple palestinien.

Tout d’abord, pour commencer avec un argument négatif, il est pertinent de remarquer que la lutte armée palestinienne n’est pas réaliste et n’a jamais atteint des objectifs durables. Elle a attiré l’attention des médias sur cette région du monde, mais rares sont ceux qui dans de tel cas ont pris parti pour la cause palestinienne. La non-violence a quant à elle l’effet contraire d’attirer les sympathies des médias internationaux. De plus, obtenir une victoire militaire sur l’armée israélienne avec les moyens dont disposent les Palestiniens relève de l’impossible.

Par ailleurs, mieux que la lutte armée, la non-violence s’accorde bien avec la négociation. Elle permet au faible de renforcer sa position à la table de négociation, tout en sauvegardant des possibilités de dialogue avec l’adversaire.

Enfin, la résistance non-violente permet de jeter des bases solides pour la période post-conflit : elle permet de bâtir des relations plus saines avec l’adversaire mais comporte également, dans son mode d’organisation et de fonctionnement, les fondements d’une société démocratique.

Face à la répression israélienne, le choix de la non-violence n’est cependant pas aisé. Gandhi considérait cette option comme étant supérieure à la violence, exigeant plus de courage et de discipline. Aujourd’hui la lutte armée n’est pas une option réaliste, et la négociation est insuffisante. Le moment est donc venu de (re-)considérer sérieusement les opportunités que présente la résistance non-violente pour le peuple palestinien.

Nathalie Janne d’Othée