21/08/2009

Un tout petit geste, de si grandes conséquences

En Israël, les derniers faits politiques relatés par la presse ont démontré la faiblesse de la formation gouvernementale mise en place en mars dernier par Benjamin Netanyahou. Le point faible ne s’est cependant pas présenté là où on l’attendait, c’est-à-dire entre le Likoud et les travaillistes, mais au sein même du Likoud.

Cette semaine Obama félicitait Israël pour « le geste fait dans la bonne direction » suite à la décision prise par Benjamin Netanyahou concernant les colonies. Ce dernier a déclaré qu’aucun appel d’offre ne serait publié par le gouvernement d’ici à 2010, précisant que les appels en cours comme les appels du secteur privé ne seraient pas touchés par cette mesure. Ce geste qui n’en est finalement pas un, a réussi à mettre le Premier Ministre en difficulté dans son propre parti. Le coup de massue est venu du Vice Premier Ministre Moshe Ya’alon. Celui qu’on disait proche de Netanyahou aurait assisté à un meeting politique de l’aile d’extrême droite du parti et aurait déclaré qu’Israël ne devait pas tenir compte des pressions américaines.

Les yeux se tournent alors tous vers le Premier Ministre, qui pour gérer cette crise a dû rentrer prématurément de vacances. Les déclarations de son Ministre des questions stratégiques mettent Netanyahou à mal à la fois au sein de son propre gouvernement, mais également sur la scène internationale. Moshe Ya’alon semble vouloir s’allier l’extrême droite, espère peut-être provoquer par ces réactions l’ire d’Ehud Barak, et par conséquent la sortie des travaillistes du gouvernement. Le Vice Premier Ministre pourrait alors prendre fonction à la tête de la Défense, voire au poste de Premier Ministre. Manœuvre ambitieuse, mais qui risque également d’aggraver la crise existante entre Israël et son allié historique, les Etats-Unis.

Six mois à peine après les élections, la coalition gouvernementale semble se fissurer. Netanyahou se retrouve entre le marteau et l’enclume puisque que chaque gage de bonne foi montré aux Etats-Unis, aussi petit soit-il, semble ébranler profondément les bases de son gouvernement. L’argument d’absence d’un interlocuteur palestinien valable est souvent utilisé par Israël, mais cette fois-ci il peut être retourné. Il est difficile d’imaginer qu’un réel processus de paix puisse voir le jour avec ce gouvernement au pouvoir.

Nathalie Janne d’Othée