21/08/2009

Visite de Moubarak à Washington

et « geste » de Netanyahou concernant les colonies

(Revue de presse – semaine du 17 au 21 août 2009)

Cette semaine le Président Obama rencontrait son homologue égyptien, Mohammed Hosni Moubarak. La rencontre s’inscrit dans un contexte de pressions américaines pour la reprise du processus de paix, demandant à Israël le gel des colonies en Cisjordanie et à Jérusalem-Est,  et aux Etats arabes des efforts en vue d’une normalisation avec l’Etat hébreu.

Réchauffement des relations entre l’Egypte et les Etats-Unis

Cela faisait cinq ans que le Président égyptien n’avait été reçu à la Maison Blanche. Comme le rappelle le Wall Street Journal, l’administration Bush avait mis la pression sur Le Caire dans le cadre de son programme de démocratisation du Moyen-Orient.
Selon Soliman Awaad, un porte parole du Président Moubarak cité par AFP, le raïs égyptien aurait fait un bilan des avancées en matière de droits de l’Homme à son homologue américain. M. Awad  a également déclaré que « le fait de changer trop rapidement donnerait le contrôle aux radicaux », et que « la démocratisation est un processus qui se poursuit ».

Barack Obama a quant à lui décidé de s’appuyer sur l’Egypte pour soutenir ses plans de paix dans la région. Le New York Times rappelle que le Président américain avait choisi la capitale égyptienne pour adresser son discours au monde arabo-musulman. Le quotidien égyptien Al Ahram, proche du pouvoir, rapporte quant à lui les propos d’Obama (déclarés à la chaîne d’information américaine CBS) reconnaissant le rôle d’Hosni Moubarak dans les efforts de paix au Moyen-Orient.

Le Figaro reconnait le renouveau des relations entre l’Egypte et les Etats-Unis, mais souligne aussi le fait que « l’Égypte est lasse de marcher sur du sable qui se dérobe sous ses pieds ». Les efforts entrepris par l’Egypte depuis plusieurs années pour rapprocher les deux parties n’aboutissent pas. Selon un diplomate s’exprimant pour le Figaro, la paix ne viendra jamais de la bonne volonté des parties, et nécessite dès lors les pressions d’un acteur extérieur comme les Etats-Unis.

Perspective d’une reprise du processus de paix ?

Le New York Times a noté que le Président Moubarak a fait écho aux propos du Président américain précisant que les choses bougeaient dans la bonne direction, c’est-à-dire vers  la reprise d’un processus de paix.

AFP rapporte les espoirs du Président égyptien pour la reprise du processus de paix. Selon lui, il existe aujourd’hui un partenaire réel pour des négociations au vu de la position renforcée d’Abou Mazen (Mahmoud Abbas) suite au Congrès du Fatah qui s’est tenu il y a deux semaines à Bethléem. AFP rappelle aussi que l’Egypte s’est investie dans la réconciliation inter-palestinienne entre le Fatah et le Hamas.

Du côté d’Israël, le gouvernement de Benjamin Netanyahou semble avoir enfin cédé aux pressions américaines concernant la colonisation rapporte AFP. Il s’est dit prêt à freiner la construction dans les colonies, en ne publiant pas de nouveaux appels d’offre avant 2010, mais en laissant néanmoins les contrats actuels se poursuivent et ne pouvant pas agir sur le secteur privé. Barack Obama a félicité Israël pour ce « geste dans la bonne direction ».

Le Matin marocain cite quant à lui la demande faite par le sous-secrétaire général de l’Onu aux affaires politiques, Oscar Fernandez-Taranco qui a « exhorté le gouvernement israélien à geler l’implantation de colonies de peuplement à Al-Qods-Est et en Cisjordanie ». Ce dernier a par ailleurs mis en parallèle la situation de Gaza où sept mois après l’attaque israélienne aucune reconstruction n’a pu être entamée faute de matières premières.

En Israël, les réactions à la décision de temporisation de la colonisation par le Premier Ministre ne s’est pas faite attendre. Cette décision menace en effet la jeune coalition au pouvoir.BBC News rapporte les propos du Premier Ministre qui a déclaré face aux récalcitrants de son gouvernement qu’il ne s’agissait pas d’un gel, mais d’une « période d’attente ». Malgré que les sources officielles disent ne plus avoir publié d’appel d’offre depuis novembre 2008, Yesh Din – une organisation israélienne de volontaires pour la paix –  déclare que la construction s’est poursuivie au même rythme, si pas plus vite, depuis.

Autre réaction, celle du Vice-Premier Ministre Moshe Ya’alon qui aurait participé à une réunion d’activistes d’extrême-droite et aurait déclaré ne pas se soucier des Etats-Unis, en ajoutant en outre que les mouvements anti-colonisation comme La Paix Maintenant et les élites étaient des virus qui essayent sans cesse de faire la paix, et après lesquels l’armée est obligée de réparer les dégâts. Haaretz précise que ces propos ont été vivement critiqués par Netanyahou. Le quotidien livre également une analyse de l’événement.  Ya’alon, ancien commandant en chef de Tsahal, occupe actuellement la fonction de Ministre des questions stratégiques et était vu comme un Ministre proche de Netanyahou. Mais depuis quelques temps, Ya’alon s’oppose au leader du Likoud. L’article remarque que Netanyahou devrait avoir le courage de virer le Ministre de son cabinet, non seulement pour maintenir son pouvoir mais également pour sauvegarder les relations d’Israël avec Washington.

Shimon Peres s’est quant à lui exprimé sur Jerusalem TV (voir site de Haaretz) depuis la Russie. Il a dit voir positivement les futures rencontres trilatérales entre le Benjamin Netanyahou, Barack Obama et Mahmoud Abbas. Durant la visite du Président Hosni Moubarak à Washington, Barack Obama a quant à lui révélé que les Etats-Unis avaient un plan de paix qui pourrait prendre place dès septembre.

La santé du raïs égyptien

A l’occasion de sa visite à Washington, Le Figaro revient par ailleurs sur l’état de santé du raïs qui depuis quelques temps laisse planer des doutes sur son aptitude physique à rester au pouvoir. Mohammed Hosni Moubarak a subi de nombreuses opérations à l’étranger sur lesquelles la presse n’a pas obtenu de détails. De plus la mort soudaine de son petit-fils il y a quelques mois semble avoir fort touché le Président égyptien. Le New York Times précise même que le chef d’Etat aurait pour cette raison reporté sa visite à Washington premièrement prévue plus tôt.

Certaines rumeurs rapportées par le Figaro disent que le raïs pourrait laisser sa place à un successeur avant la fin de son mandat, prévue en 2011. Dans ce cas, son fils Gamal Moubarak, 45 ans et le chef des renseignements Omar Suleimane, 75 ans partiraient favoris.