11/09/2009

Construction de 455 nouveaux logements dans les colonies de Cisjordanie

(Revue de presse – semaine du 7 au 11 septembre 2009)

Le Ministre israélien de la Défense Ehud Barak a annoncé lundi que le gouvernement israélien autorisait la construction de 455 nouveaux logements dans les colonies en Cisjordanie. Le Monde détaillait en début de semaine les implantations qui aillaient en bénéficier : 161 nouveaux logements dans le bloc de colonies de Gush Etzion, près de Bethléem, 84 à Modiin Ilit, à l’Ouest de Ramallah, 76 à Givat, près de Jérusalem, 25 dans les colonies près de Kedar, 20 dans la colonie de Maskiot, dans la vallée du Jourdain. Benjamin Netanyahu a donc finalement décidé de donner la priorité à l’unité de sa coalition, faisant fi des protestations internationales.

La réaction palestinienne ne se fit pas attendre. Le réseau d’information en ligne Palestinian News Network rapporte les paroles du chef négociateur palestinien, Saeb Erakat qui déclare qu’Israël  va à l’encontre des efforts internationaux pour une reprise du processus de paix. Mais comme le souligne le New York Times à propos de la même déclaration, il ne répète pas la position palestinienne de faire du gel total de la colonisation une précondition à d’éventuelles négociations. Il se limite à dire que ces nouvelles constructions annulent d’avance l’effet d’un futur gel des colonies.

Le New York Times titre « Israël essaye de calme les colons en autorisant quelques constructions avant le gel » et souligne par là l’intention du Premier Ministre lorsqu’il a autorisé la construction des 450 nouveaux logements. Pourtant le quotidien new-yorkais remarque que la mesure prise par Benjamin Netanyahu ne satisfait personne, ni les Palestiniens, ni la Communauté internationale, ni encore les Israéliens, qu’ils soient de gauche ou de droite. D’un côté, le Yesha Council qui chapeaute les organisations de colons y voit « un compromis embarrassant », critique le gel à venir et le peu de logements autorisés à être construits. De l’autre côté, les critiques viennent du mouvement anti-colonies La Paix Maintenant qui voit dans la manœuvre une réelle provocation et justification offerte à ceux qui s’opposent à la paix.

L’édition française du Jerusalem Post parle d’une manifestation organisée par quelques membres de l’aile droite du Likoud. Dans un premier temps conçu pour faire pression sur Netanyahu, la manifestation a pris une autre signification suite à la décision de lundi concernant les nouvelles constructions dans les colonies. Certains des participants y voient dès lors une manifestation de soutient à cette décision. Mais le climat de fronde au sein du Likoud n’a pas cessé pour autant, en témoignent les paroles de Dany Danon, le député Likoud le plus critique vis-à-vis du Premier Ministre : « Même si certains disent qu’ils ne veulent pas critiquer le Premier ministre pendant la manifestation, notre mouvement d’opposition au sein du Likoud a déjà un impact sur ses décisions ».

Le quotidien souligne par ailleurs dans un autre article que certaines personnalités de gauche –parmi lesquels Ami Ayalon, un des promoteurs de l’initiative de paix de Genève lancée en 2002, ndlr – ont créé un groupe de soutien aux tentatives de paix du Premier Ministre. Ils précisent que l’objectif n’est pas de soutenir personnellement le Benjamin Netanyahu, mais de « rappeler que la paix est dans notre intérêt à tous, et non seulement celui des Palestiniens ou des Américains ».

Haaretz mène quant à lui l’enquête au sein des différentes colonies ayant hérité d’autorisation pour de nouvelles constructions. Le quotidien fait remarquer que la plupart de ces constructions avaient déjà été lancées, et étaient parfois construites, attendant l’autorisation. Certaines d’entre elles étaient d’ailleurs sous la menace d’un ordre de démolition. Haaretz rapporte les paroles d’un officiel qui précise que c’est la première fois que le gouvernement Netanyahu dégèle la construction dans les colonies et qu’il ne s’agit que d’appels d’offres qui avaient été préalablement discutés et approuvés.

Le Palestinian Telegraph souligne enfin que le gel prévu ne concerne ni les 2500 projets privés de nouveaux logements dans les colonies, ni la colonisation à Jérusalem Est. Il rappelle en outre que depuis qu’Israël occupe la Cisjordanie, quelques 500 000 Israéliens ont été installés sur des terres préalablement palestiniennes.