04/09/2009

L’Europe et Kadhafi : liaisons dangereuses

Jusqu’où ira-t-il ? Telle est la question qui se pose à la lecture des dernières actualités concernant la LibyeMouammar Kadhafi fêtait mardi son quarantième anniversaire au pouvoir. Bien que grandioses, ce ne sont pourtant pas les festivités organisées à cette occasion qui ont fait couler le plus d’encre cette semaine, mais bien les nouvelles sorties du colonel sur la scène internationale.

Voilà quelques semaines déjà que le leader libyen semble prendre un malin plaisir à semer le trouble au sein des gouvernements européens. Depuis que Kadhafi est redevenu « fréquentable », les gouvernements occidentaux n’ont pas arrêté de s’empresser à ses portes afin de profiter des richesses du pays. Loin d’eux les souvenirs des attentats, et autres menaces que représentaient l’ancien « Etat voyou ». Mais l’appât du gain a toujours ses revers… et là où certains préfèrent fermer les yeux, l’opinion publique, elle, s’offusque.

On se souvient du tollé provoqué par la visite de Kadhafi en France il y a un an et demi. Dimanche, la même réaction était perceptible au en Italie au vu de la présence de Belusconi à Tripoli dans le cadre du renforcement du traité d’amitié italo-libyen. La libération quelques jours plus tôt de l’auteur des attentats de Lockerbie, le Libyen Abdel Basset Ali Al-Megrahi par le Ministre de la justice écossaise continue quant à elle encore à ce jour de secouer l’opinion publique anglo-saxonne.

Mais la plus touchée pour l’instant est sans conteste la Suisse dont le Président Hanz-Rudoplh Merz a totalement perdu la face en présentant des excuses pour l’arrestation d’Hannibal Kadhafi en juillet 2008 à Genève. Sûr de son retour dans les bonnes grâces libyennes, ainsi que de la libération des deux ressortissants retenus depuis un an en représailles en Libye, le Président suisse a fermement défendu son geste. Or il y a deux jours, Kadhafi a non seulement annoncé qu’une caution élevée serait nécessaire pour la libération des deux hommes mais il a également appelé les Nations-Unies à procéder au démantèlement de la Suisse.

En observant ces situations qui se répètent, il est tentant de croire que le colonel a bien compris l’ambigüité de la position des dirigeants européens, mais loin d’aplanir les angles pour leur faciliter la tâche, il préfère rajouter une couche pour leur mener la vie dure. Veut-il faire payer à l’Europe toutes les années que la Libye a passées au ban de la communauté internationale ? La question est non pas tellement de savoir jusqu’où l’extravagant colonel ira, mais surtout, jusqu’où on le laissera aller. Il est temps de mettre des limites claires aux diatribes et aux excès du leader libyen.

Nathalie Janne d’Othée