11/09/2009

Négociations vouées à l’échec

A l’annonce de l’autorisation israélienne de la construction de 455 nouveaux logements dans les colonies implantées en Cisjordanie, les réactions internationales ont été plutôt claires : Washington a regretté la mesure, l’Union Européenne ainsi que la Ligue arabe l’ont condamnée, Ban Ki Moon l’a déclarée « contraire au droit international ». On peut donc pour une fois parler d’unanimité, et pourtant…

Benjamin Netanyahu semble peu se soucier du ramdam provoqué par sa politique au sein de la communauté internationale. Et à y bien réfléchir, il a entièrement raison. Les condamnations et les critiques ont beau fuser contre Israël, il est rare que l’Etat hébreu ait à subir de réelle sanctions.

La réaction de Washington est d’autant moins à craindre que Barack Obama a pour l’instant d’autres dossiers plus importants à traiter dont la difficile réforme du système de soins de santé aux Etats-Unis. La faiblesse momentanée du Président américain face à son opinion publique a ouvert une fenêtre d’opportunité que le gouvernement israélien a saisie au vol.

Certains médias ont par ailleurs souligné la tiédeur de la réaction palestinienne qui a certes dénoncé un geste qui ruine tout effort ultérieur de gel de la colonisation, mais qui n’a pas explicitement exclu une reprise des négociations avec Israël. La teneur de cette réponse montre bien la faiblesse de la position palestinienne.

Ces constatations mènent à une conclusion. Si des négociations devaient reprendre dans un futur proche entre Israéliens et Palestiniens, elles seraient promises à un échec quasiment certain, non parce que les positions entre les parties sont inconciliables, mais parce que les forces en présence sont inégales. Le rôle de la communauté internationale est aujourd’hui donc moins de pousser les parties l’une vers l’autre, que d’en rééquilibrer le rapport de forces.

N.J.O.