25/09/2009

VIe Jeux de la Francophonie à Beyrouth

(Revue de presse – semaine du 21 au 25 septembre 2009)

Dimanche seront lancés les VIe jeux de la Francophonie, qui auront cette année lieu à Beyrouth du 27 septembre au 6 octobre prochains. Le site Internet des Jeux(http://jeux.francophonie.org/ ) annoncent la participation de plus de 3000 ressortissants de plus de 70 pays francophones. Créés en 1987 et organisés tous les quatre ans, les Jeux de la Francophonie allient de manière originale compétitions sportives et événements culturels avec pour point commun la langue française.
Dans la zone Euromed, les pays faisant partie de la francophonie sont les suivants: la Belgique, l’Egypte, la France, la Grèce, le Liban, le Luxembourg le Maroc, la Mauritanie, Monaco, la Suisse et la Tunisie.

L’absence de l’Algérie est remarquable. Sur son blog, Gilbert Grandguillaume,  auteur de« Francophonie et Mondialisation » explique cette absence par l’ambivalence que représente la langue française dans ce pays, revêtant des aspects à la fois sociaux, politiques, culturels et identitaires. Au IXe sommet de la Francophonie à Beyrouth en 2002, le Président Bouteflika, invité personnel du Président Libanais avait prononcé un discours sur l’ouverture de l’Algérie sur le monde extérieur, mais cette démarche ne s’était pas accompagnée d’une adhésion à l’organisation, l’opinion algérienne n’y étant pas encore préparée.

Tels que détaillés sur le site internet, les objectifs des Jeux sont multiples : « contribuer à la promotion de la paix et du développement à travers les rencontres et les échanges entre jeunes francophones ; permettre le rapprochement des pays de la Francophonie et constituer un facteur de dynamisation de sa jeunesse en contribuant à la solidarité internationale dans le respect de l’égalité des genres ; faire connaître l’originalité des cultures francophones dans toute leur diversité et développer les échanges artistiques entre les pays francophones ; favoriser l’émergence de jeunes talents artistiques francophones sur la scène artistique internationale ; contribuer à la préparation de la relève sportive francophone en vue de sa participation à d’autres grands évènements sportifs ; contribuer à la promotion de la langue française.

La couverture médiatique des jeux est pourtant inégale selon les pays participants. Ainsi sil’Orient le jour libanais ou le Matin marocain consacraient plusieurs articles aux Jeux cette semaine, les quotidiens belges francophones la Libre Belgique et le Soir, les quotidiens suisses francophones le Temps et la Tribune de Genève, ainsi que les quotidiens français Le Monde, le Figaro et Libé n’en parlaient peu ou pas du tout. Peut-être les quotidiens européens annonceront-ils l’événement que dans leurs éditions du weekend, mais on peut néanmoins remarqué un faible intérêt pour l’événement.

Le site d’information Swissinfo.ch analyse ce manque de visibilité des Jeux de la francophonie. Il souligne que «  contrairement aux jeux du Commonwealth, leur pendant anglo-saxon, dont la première édition date de 1930, les Jeux de la Francophonie n’ont jamais réussi à conquérir le cœur du grand public. Conséquence: les sportifs ou les artistes de premier plan montrent souvent peu d’intérêt à faire le déplacement ». La responsabilité de cet « anonymat » des Jeux de la Francophonies incombent aux pays francophones et plus précisément aux fédérations sportives et aux comités culturels nationaux. Le site d’information note que ces derniers utilisent davantage les Jeux « pour offrir à de jeunes athlètes peu connus la possibilité de faire leurs premiers pas au niveau international ». Néanmoins à cela il n’y a pas que des mauvais côtés puisque d’après Julien Fivaz, spécialiste confirmé de saut en longueur : « le niveau n’est pas si mauvais que ça. C’est toujours intéressant pour le palmarès de pouvoir remporter une médaille dans une compétition internationale. Et puis, l’ambiance est beaucoup plus décontractée que lors d’autres grands rendez-vous. C’est aussi l’occasion de découvrir d’autres cultures, notamment à travers les soirées musicales et les spectacles. »

Malgré un manque de notoriété, les Jeux de la Francophonie sont une initiative de valeur et haute en couleur, qui gagne à être promue.